Jessica Bélisle Macquart
Jessica Bélisle Macquart

Orthophoniste et cartésienne

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Parce qu’elle aime voir les étoiles dans les yeux des enfants quand ils réalisent qu’ils s’améliorent, Jessica Bélisle Macquart ouvrira bientôt un nouveau cabinet d’orthophonie dans le projet AGORA, dans le quartier du Plateau, à Gatineau.

Orthophoniste depuis juillet 2014 et à la tête de sa propre clinique à Aylmer depuis novembre de la même année, Jessica Bélisle Macquart a des tas d’anecdotes à raconter à propos des enfants qu’elle a aidés. 

« J’ai un coco qui a beaucoup de difficultés au niveau praxiques, il a du mal à articuler. Ça fait cinq ans que je le suis, et pendant longtemps, il m’appelait ‘Jelica’. On a travaillé très fort, et ça fait un an et demi maintenant qu’il est capable de dire mon nom. C’est une belle réussite », raconte Mme Bélisle Macquart.


« Certains ont des difficultés en lecture et en écriture, ce qui a un impact sur la réussite scolaire. Il y en a une qui m’a écrit un courriel pour me dire qu’elle avait réussi ses examens de secondaire 5, et qu’elle allait pouvoir graduer sans devoir suivre des cours d’été. J’ai pleuré en lisant ça, j’étais tellement fière d’elle. »

C’est ce genre de résultats qui la motivent. Sachant depuis toujours qu’elle voulait travailler avec les enfants, l’orthophoniste a réalisé qu’elle préférait le contact avec un enfant à la fois plutôt qu’avec une classe complète. « J’ai un cerveau cartésien, j’aime comprendre, décortiquer, et voir quels aspects sont les plus difficiles pour chaque enfant. »

Un appel à l’aide

En six ans, les choses ont beaucoup évolué pour son cabinet d’orthophonie. Pendant environ quatre ans et demi, cette dernière travaillait seule, et la liste d’attente s’allongeait. 

Bouleversée chaque fois qu’elle devait annoncer à des parents qu’ils allaient devoir attendre six mois pour bénéficier de ses services, elle fait appel à des étudiantes de deuxième année à la maîtrise et à des professionnelles membres de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec. 

Aujourd’hui, elles sont 13 travailleuses autonomes et chacune a sa spécialité, fait valoir l’orthophoniste. Certaines travaillent avec des enfants de 0 à 5 ans, d’autres avec les enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme, de trisomie ou de déficiences intellectuelles, ou avec des enfants qui ont un bégaiement, par exemple. 

L’une des orthophonistes se spécialise en féminisation et en masculinisation de la voix, pour les personnes qui vivent avec la dysphorie de genre. La propriétaire du cabinet se dit chanceuse de pouvoir « ratisser plus large » grâce à toutes ces spécialités.

L’ortophonie en mode pandémie

Évidemment, les orthophonistes ont dû changer leurs pratiques à l’arrivée de la pandémie de COVID-19. Or, les résultats ont été étonnamment positifs pour plusieurs. 

« C’est une modalité qui vient chercher beaucoup d’enfants. J’ai découvert que certains d’entre eux fonctionnent encore mieux par télépratique qu’en personne. Ils peuvent cliquer, jouer à des jeux interactifs, l’enfant prend le contrôle de mon ordinateur, c’est vraiment accrocheur. C’est sûr que certains préfèrent quand même le présentiel, mais au moins, maintenant, on a les deux options. »

L’orthophoniste explique que cette pratique est tout autant révolutionnaire pour les parents, surtout ceux qui n’ont pas de véhicule ou pour ceux qui arrivent de régions éloignées et qui ont beaucoup de route à faire pour se rendre à la clinique.

« Ça permet de les voir chaque semaine plutôt qu’aux deux semaines.