Martin Lalonde
Collaboration spéciale
Martin Lalonde

Investir en temps d’élection

Le mois dernier, je vous présentais l’impact qu’une crise comme la pandémie actuelle peut avoir sur les marchés boursiers. Il existe évidemment d’autres événements de nature plus cyclique qui ont aussi des répercussions majeures pour les investisseurs. Les élections présidentielles américaines sont sûrement parmis ceux-là.

Contrairement à ce qu’on pourrait intuitivement penser, aucun des deux plus importants partis de notre voisin du Sud n’a été vraiment le meilleur pour les marchés, du moins à long terme. Les années positives et négatives se succèdent pour en arriver à un rendement pas mal équivalent ( très légèrement plus élevé sous les démocrates ).

Il faut donc creuser un peu plus loin pour voir émerger des récurrences intéressantes. Historiquement, le Parti républicain a été vu comme étant pro-entreprises, pro-marchés et idéologiquement en faveur d’une fonction publique moindre en nombre et moins interventionniste. À l’inverse, les démocrates se targuent habituellement de protéger les travailleurs et de défendre une plus grande égalité entre les classes sociales.

Ces idéologies qui s’affrontent sont captivantes pour l’investisseur, car ce sont les changements de garde entre républicains et démocrates qui présentent des anomalies statistiquement intéressantes.

La crainte de voir les démocrates prendre le pouvoir rend les investisseurs craintifs l’année de l’élection alors que ceux-ci sont excités par la perspective d’un nouveau gouvernement républicain.

Ce que les gens oublient, c’est que peu importe son parti, un politicien demeure un politicien et ceux-ci ont la fâcheuse habitude de ne pas livrer la marchandise et de ne pas mettre en place leurs promesses trop souvent exagérées.

Lorsque les démocrates prennent le pouvoir, les investisseurs comprennent que ce ne sera pas si pire et que les socialistes ne sont pas aux portes de Washington.

Les marchés se relèvent alors rapidement. À l’opposé, lorsque les républicains s’emparent du trône présidentiel, on se rend rapidement compte qu’ils seront eux aussi incapables de livrer la marchandise et les marchés se dégonflent.

Comme investisseur, il faut rapidement assimiler le fait qu’un politicien est bien davantage intéressé à mettre son énergie à assurer sa réélection qu’à prendre des décisions idéologiques difficiles.

En terminant, il ne faut jamais oublier qu’une nouvelle loi n’est en fait qu’un exercice de redistribution de la richesse collective. Celle-ci peut prendre à certains riches et donner à d’autres riches, prendre aux riches et donner aux pauvres, ou prendre aux pauvres et donner aux riches. Et c’est à l’investisseur d’y trouver les occasions intéressantes.

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Notre chroniqueur Martin Lalonde est président de la firme Les Investissements Rivemont, une institution financière gatinoise spécialisée en gestion de portefeuilles.