À l’avant, à l’extrême-gauche : Sylvain Boivin, contrôleur, et à l’extrême-droite, Guylaine Beaulieu, directrice générale. À l’arrière, de gauche à droite : Claude Tremblay, directeur du service aux membres et du développement des affaires ; Véronique Thériault, directrice des relations avec les employés et du développement organisationnel ; Chantal Villeneuve, commis-comptable ; Léonard Swiderski, assistant au directeur des funérailles ; Lise Loyer, secrétaire-réceptionniste.

Coopérative funéraire de l’Outaouais: quarante ans d’adaptation (suite)

DENIS GRATTON : La société a bien changé au cours de 40 dernières années. Le rituel funéraire aussi.

GUYLAINE BEAULIEU : Effectivement. À l’époque, les funérailles se passaient dans les maisons. Au moment du décès, tout s’arrêtait. On arrêtait de travailler pour se solidariser autour du deuil et ça pouvait durer jusqu’à quatre ou cinq jours. C’est sûr qu’on est loin de ça. Aujourd’hui, les rituels se sont adaptés au rythme de la vie. Les générations qui viennent organiser les funérailles de leurs parents ont bien changé. Et elles continueront de changer. Et le défi, pour nous comme entreprise, c’est de répondre aux exigences de ces nouvelles générations, de ces consommateurs du futur. Notre produit est un produit unique en ce sens qu’il nécessite beaucoup d’accompagnement personnel. On entre en relation avec les gens. Ça nous permet de les accompagner un peu plus loin que juste la célébration de vie. Ces soucis-là font partie de nos valeurs. Aujourd’hui, on vit dans un monde virtuel. On veut quelque chose, on va sur Amazon et, deux ou trois heures plus tard, le produit est à notre porte. Comment allons-nous faire pour répondre à ces exigences-là ? L’évolution des rituels fait en sorte que nous devons constamment adapter notre modèle d’affaires. On n’a qu’à prendre le taux d’exposition par rapport au taux de crémation. Il y a 40 ans, 90 % des gens étaient exposés. Nous sommes rendus à 8 %. Un service traditionnel nécessite une flotte d’automobiles, des employés pour porter le cercueil, un embaumeur et le reste. Aujourd’hui, l’alternative qui est privilégiée, c’est la crémation.

DG: On ne parle presque plus de funérailles aujourd’hui. Maintenant, on entend plus souvent le terme « célébration de vie ».

GB: Parce que c’est ce qu’on fait. La spiritualité a toujours sa place. Mais on a tous nos façons maintenant de l’exprimer et ce n’est plus nécessairement dans une église. Et nous sommes capables d’offrir des services qui respectent les croyances des gens. Nous sommes dans une relation d’aide, d’accompagnement. Nous voulons accompagner les gens. Nous ne sommes pas là pour juger ce qu’ils choisissent ou non, ou comment ils veulent faire les choses. Nous sommes là pour les accompagner. »