Le président d'Hydro Ottawa, Bryce Conrad

Bryce Conrad, l'homme branché d'Hydro Ottawa

Bryce Conrad, 47 ans, a occupé le poste de sous-ministre adjoint aux Opérations des programmes à Infrastructures Canada où il a géré la mise en oeuvre du Fonds de stimulation de l’infrastructure mis en place en 2009 par le gouvernement de Stephen Harper. Ce fonds doté d’un budget de 4 milliards $ a permis la création de plus de 10 milliards $ d’activité économique par l’entremise de ses 4000 projets. M. Conrad a quitté le gouvernement fédéral en août 2011 pour prendre la présidence d’Hydro Ottawa. Et c’est là qu’il a affronté l’un des plus grands défis de sa carrière de dirigeant, le 21 septembre dernier, lors des tornades destructrices qui ont balayé certains secteurs des villes d’Ottawa et de Gatineau.

«Ces tornades étaient plus graves que la crise du verglas de 1998 en terme de personnes touchées, affirme M. Conrad. Nous avions 180 000 clients touchés dans les minutes et les heures qui ont suivi le passage de ces tornades. Plus de la moitié de nos quelque 330 000 clients ont subi une panne de courant ce jour-là. Les tornades ont frappé en fin de journée (vers 17 h, le vendredi), mais nous savions tôt le matin que nous aurions une météo problématique en fin d’après-midi. Nous avons donc pris les mesures nécessaires et nos équipes de jour sont restées pour se préparer au pire. Nous ne savions évidemment pas que nous aurions des tornades. Mais nous étions prêts, au cas où. Nos équipes ont travaillé 16 heures par jour et la grande majorité de nos clients étaient "rebranchés" le lundi (...). Nous comptions approximativement 300 employés en devoir, de tous les secteurs, dans les heures et les jours qui ont suivi la tornade. Ils ont travaillé extrêmement fort et ils ont effectué du très bon boulot.»

Denis Gratton: Du bon boulot qui a été souligné par la communauté, n’est-ce pas? D’ailleurs, les Sénateurs d’Ottawa remettent depuis un casque protecteur d’Hydro Ottawa au joueur le plus travaillant du match.

Bryce Conrad: Ce sont eux (les Sénateurs) qui ont eu cette idée, souligne M. Conrad. Ils nous ont demandé de leur remettre un casque et nous avons accepté avec plaisir. J’ai vu le défenseur Thomas Chabot le porter après la victoire du 6 octobre des Sens contre les Leafs de Toronto. C’était un beau moment de fierté pour nous. Le Rouge et Noir (de la Ligue canadienne de football) a aussi souligné notre travail lors de leur dernier match. Rétablir le courant après les tornades représentait un grand défi. Et le public en général a reconnu et apprécié nos efforts. Des gens apportaient du café, des pizzas, des déjeuners et autres à nos employés sur le terrain. Et jeudi dernier, nous avons reçu une ovation debout lors de la réunion du conseil municipal d’Ottawa. Tout ça donne un grand sens de fierté à nos employés.

Le quartier général d'Hydro Ottawa

D.G: Pourquoi avoir quitté le fédéral pour Hydro Ottawa ?

B.C: Parce que j’étais perdu, répond-il à la blague. En début d’année 2011, reprend-il, j’ai reçu un appel d’un chasseur de tête (agence de recrutement). Celui-ci voulait savoir si le poste de président et chef de la direction d’Hydro Ottawa m’intéressait. Ce n’était pas la première fois qu’on m’approchait de la sorte et ma réponse était toujours la même: non merci. J’étais bien au gouvernement fédéral. Mais ce chasseur de tête était plutôt persistant. J’ai finalement accepté. Pour le changement et pour le défi. Mais j’ai pris un congé de cinq ans du gouvernement fédéral, j’aurais pu réintégrer mon poste de sous-ministre à tout moment. Mais à la fin de ces cinq années à Hydro Ottawa, j’ai décidé de rester. Il y a beaucoup à faire ici, ça roule.

D.G: Vous êtes parfaitement bilingue. Où avez-vous appris le français ?

B.C: J’ai appris le français en Allemagne, mais je n’ai jamais appris l’allemand, C’est un peu bizarre, je sais. Mon père était militaire (dans les Forces armées canadiennes) et nous avons habité là-bas pendant six ans. J’y étais de l’âge de sept ans jusqu’à l’âge de 13 ans et mes parents m’ont inscrit dans une école d’immersion. C’est comme ça que j’ai appris le français. J’ai réussi à le conserver en travaillant au gouvernement fédéral, où il faut parler le français. Et mes amis bilingues me parlent toujours en français, j’insiste pour qu’ils le fassent. Ottawa est une ville où l’on compte un grand nombre de francophones et, pour moi, en tant que président d’une compagnie comme Hydro Ottawa, c’est important de pouvoir communiquer dans les deux langues officielles du pays.

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Bryce Conrad est père de trois filles âgées de 15, 13 et 11 ans. Il siège aux conseils d’administration de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa et de Centraide Ottawa depuis 2014. Il est titulaire d’un baccalauréat ès arts avec distinction de l’Université Queen’s, d’une maîtrise en administration publique de l’Université Carleton, ainsi que d’une maîtrise en administration des affaires de l’Université d’Ottawa.

Depuis son arrivée à la barre d’Hydro Ottawa, cette société a triplé sa production d’énergie renouvenable et est devenue le plus grand producteur municipal d’énergie propre et verte de l’Ontario.

La Société de portefeuille d’Hydro Ottawa Inc, propriété de la Ville d’Ottawa, est un distributeur d’électricité qui dessert près de 330 000 clients à Ottawa et dans le village de Casselman. Son réseau de distribution électrique s’étend sur un territoire de plus 1 100 kilomètres carrés.