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Le cocktail audacieux de Pierre Mantha

Vodka, Colombie et mécanique sont des mots qu’on entend rarement dans une même phrase. Pourtant, ils se bousculent et se télescopent dans la bouche du président de la microdistillerie artisanale gatinoise Artist in Residence (AiR), Pierre Mantha. Pendant l’heure que durera l’entretien avec lui, ce Hullois d’origine ne cessera de sauter d’une idée à l’autre, utilisant un mot pour bondir ailleurs.

Ce père de deux enfants, Jacob et Michael, nés d’une union précédente, vit aujourd’hui avec sa conjointe d’origine colombienne.  Et c’est justement en Colombie, mieux connu  pour ses cartels de la drogue que pour la renommée de ses spiritueux, que va germer la graine qui deviendra le gin Waxwing, la Vodkalight et une dizaine d’autres produits en gestation.

Mais avant d’en arriver à la naissance de la distillerie Artist in Residence, cet entrepreneur âgé de 50 ans aura eu le temps de garnir son portefeuille. À sa sortie de l’École polyvalente Le Carrefour de Gatineau, il ira à Montréal pour y suivre un cours en mécanique de camions lourds, « pour faire comme mon père », dit-il.  Au fil des ans, il sera donc mécanicien, contremaître, mais aussi propriétaire immobilier et détenteur entre autres de trois concessions de la compagnie Hino Motors Canada à Gatineau et Ottawa. 

«C’est drôle, mais tout m’est arrivé forcé. Mon but n’était pas d’être un gars d’affaires. C’était pas ça mon dada. Moi, je voulais travailler pour quelqu’un d’autre », avance ce patron qui a appris l’entrepreneuriat ailleurs que sur les bancs d’école. 

«Je pensais que j’aimais faire de la mécanique, mais j’ai réalisé plus tard que j’aimais bâtir.» 

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Des commissaires associés au G7

Les sept entrepreneurs qui aspirent à atteindre de nouveaux sommets dans le cadre du programme G7 2018 pourront compter sur l’expertise des commissaires en développement d’entreprise d’ID Gatineau.

Alors que la deuxième cohorte du G7 d’ID Gatineau vient d’être choisie, Claudine Cyr, coordonnatrice de la gestion de projets d’entreprises, et André Goyette, un des commissaires en développement d’entreprise, ont réitéré en entrevue l’engagement de toute l’équipe à épauler les sept entrepreneurs à tous les niveaux. Ils pourront recevoir de l'appui pour la préparation du plan d’intervention et du canevas d’affaires, l’identification de programmes gouvernementaux et de partenariats financiers potentiels, ou encore pour la recherche d’experts. 

Chaque commissaire servira d’accompagnateur aux entrepreneurs dans le développement de leur entreprise, dans l’espoir qu’elles deviennent encore davantage créatrices d’emploi et de richesses, et que leurs produits et services puissent être exportables à l’extérieur de la région de l’Outaouais. 

La première cohorte du G7 Gatineau a permis de créer une première cellule, et on espère ainsi multiplier les occasions avec les prochains groupes d’entrepreneurs. 

Les participants du Programme G7 2018 sont: Yves Marleau, président, Cogniva; Nancy Lehoux, présidente Milident Inc. ; Jean-Sébastien Vachon, directeur général Inteloom; Josée Proulx, copropriétaire et
vice-présidente Revêtement Industriel Prizma; Alex Joanisse, repreneur et directeur du développement commercial, La Trappe à fromage; Marie-France Maisonneuve, PDG Clinique d’apprentissage spécialisée (CAS); Steeve Lavoie, CEO Allied Scientific Pro. 

Des modèles à succès 

«Il faut établir comment intervenir le plus rapidement possible pour que les entreprises puissent croître», explique la coordonnatrice Claudine Cyr. 

«Nous, on veut que nos entreprises deviennent des exemples, des modèles à succès sur notre territoire. C’est aussi motivant pour les autres entreprises. Pour cela, il faut qu’elles aient plus de visibilité», ajoute le commissaire André Goyette. 

Le Programme G7 permettra aux sept entrepreneurs d’avoir accès à une expertise encore plus poussée dans le cadre d’une série d’activités à venir au cours des prochains mois. Que ce soit par le biais de conférences, d’activités de formation ou encore de rencontres avec des leaders ayant connu du succès dans leur domaine.  Les commissaires seront là pour les accompagner, à chaque étape. 

«On les rencontre et on identifie ce que nous pouvons faire pour les aider. Ce qui nous distingue, c’est que nous n’avons rien à vendre. Nous sommes là pour les accompagner, pour leur faire voir ce qu’ils n’ont pas vu, à toutes les étapes. Souvent, les entrepreneurs ne posent pas toujours les bonnes questions. Ils sont trop proches de l’arbre et ne voient pas nécessairement la forêt. Nous sommes généralistes, et souvent, nous donnons une perspective nouvelle avec nos services conseils», plaide le commissaire Goyette. 

En plus des journées d’ateliers et de formation avec Laurent Simon tenues récemment, le programme du G7 organise un dîner-rencontre le 1er novembre avec Christiane Germain, du Groupe Germain Hôtels, et une journée de formation le 22 novembre au Centre Greenhouse de Deloitte. D’autres activités sont prévues en décembre, puis en 2019. 

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T-Surprise: Chaud, chaud, chaud!

Prenez une passionnée de thé, faites-lui rencontrer une spécialiste du commerce en ligne, ajoutez un peu d’audace, une pincée de mystère puis laissez infuser: voilà, vous venez de créer T-Surprise!

C’est ainsi qu’est née à Gatineau cette nouvelle entreprise destinée aux amoureux du thé ou, à tout le moins, à ceux et celles qui sont attirés par la chose. Parce que T-Surprise est avant tout un voyage dans le monde du thé. «On veut que les gens découvrent de nouveaux produits, des produits haut de gamme», avance Gaëlle Klein, la fondatrice du concept lancé il y a un an et demi.

La compagnie en ligne repose avant tout sur la notion de plaisir. Le client commande par Internet une boîte mensuelle, de quoi faire environ 25 infusions, et chaque envoi contient une gourmandise et une surprise. Chaque mois, le coffret est conçu à partir d’un thème particulier.

«J’aime faire plaisir et je suis très curieuse », poursuit la co-propriétaire de l’entreprise.

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Des incubateurs d’entreprises à l’oeuvre

Ça grouille en matière d’innovation dans la région, alors que divers incubateurs couvrent de chaleur et d’accompagnement les start-up et aident les compagnies déjà établies à moderniser leurs pratiques.

L’entreprise Cilex, qui existe depuis une quinzaine d’années, s’est vue confier récemment le mandat par Québec de stimuler l’innovation en Outaouais et même de devenir un pôle d’innovation sur la rive québécoise.

«On va cibler les entreprises et faire des diagnostics au niveau de l’innovation pour les accompagner dans un processus pour structurer leur innovation ou carrément les aider à faire de l’innovation», explique le dirigeant de Cilex, Alan Bernardi.

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Un logiciel comme fée des dents... des dentistes!

Lancée il y a cinq ans, la firme Cumulus Dental à Ottawa planche sur la création d’un logiciel 3D et d’une sonde parodontale, visant à faire gagner temps et argent aux dentistes et à détecter plus vite les problèmes de gencive.

L’innovation est dans l’ADN du propriétaire de l’entreprise, Marc Lamarre, lui-même un ancien dentiste. «C’est ma raison d’être», s’exclame-t-il avec enthousiasme.

Son entreprise a créé un logiciel en trois dimensions qui permet aux dentistes et aux hygiénistes dentaires de faire des prises de notes orales, qui sont aussitôt transcrites dans les dossiers électroniques des patients.

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L'urgence d'innover

Innover ou mourir à petit feu. Voilà la réalité à laquelle sont confrontées les entreprises qui tardent à prendre le virage des technologies numériques ou à se réinventer. Le Droit AFFAIRES s’est entretenu avec l’économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC), Pierre Cléroux, pour discuter de cet enjeu.

Le Droit AFFAIRES: Y a-t-il une urgence pour les entreprises d’innover?

Pierre Cléroux: Les entreprises qui ne le font pas voient leurs performances diminuer et ont moins de ventes et des profits beaucoup moindres. Il y a donc une urgence. Ce qui arrive, c’est qu’il y a des entreprises qui le font, donc elles deviennent non seulement plus performantes, mais elles offrent à leurs clients des produits et des services qui sont plus performants. 

LDA: À quoi fait-on référence quand on parle d’innovation?

P.C: On parle de deux choses. On parle surtout d’améliorer ce qu’on fait déjà bien. Innover, c’est un mot qui est très large. (...) Ça peut être d’améliorer le produit ou le service qu’on vend, le service après vente ou la façon dont on a accès au marché. Ça peut être même la gestion. Le deuxième aspect dont on parle souvent en innovation, mais qui est moins présent, c’est le fait d’inventer, que ce soit un nouveau produit ou un nouveau service. En anglais on dit un breakthrough innovation. C’est quelque chose qui n’existait pas avant. On peut penser, par exemple, à Tesla qui a inventé la première voiture électrique.

LDA: Que doit faire une entreprise qui souhaite innover? Par où doit-elle commencer?

P.C: C’est de regarder les besoins de ses clients. Ils attachent de la valeur à quoi ? Est-ce à la rapidité ? Est-ce à la qualité ? Est-ce au service après vente ? C’est ça qui est important.  Par exemple, dans le secteur aéronautique, le plus important, c’est la qualité de la pièce, la densité du métal, sa forme et son exactitude. Dans d’autres secteurs, par exemple, si on fait des gâteaux, qu’ils soient un peu plus gros ou un peu plus petits, ça a moins d’importance qu’une pièce en aéronautique. Par contre, le goût aura plus d’importance. Alors il faut s’assurer d’améliorer cette expérience-là, en fonction du secteur dans lequel on se trouve et en fonction des besoins des clients.»

LDA: Qu’est-ce qui fait que certaines entreprises sont plus performantes?

P.C: L’innovation, c’est très large. Par contre, on a regardé les entreprises les plus performantes au Canada comparativement aux autres et on remarque qu’elles investissent davantage dans les « intangibles ». Ce sont les investissements en formation de la main-d’oeuvre, en recherche et développement, en logiciels, etc. Ça démontre clairement qu’il y a un avantage à investir dans l’innovation.»

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L’Excentricité arrive à La Cité

CHRONIQUE / Le tout nouveau pavillon de technologie immersive, d’entrepreneuriat, de collaboration et de co-créativité de La Cité, justement nommé l’Excentricité, a été officiellement inauguré le 7 septembre dernier en présence de dignitaires de tous les paliers de gouvernement, de partenaires, d’entrepreneurs, d’étudiants et de membres du personnel du collège.

Encourageant la transmission du savoir par l’essai et la démonstration, ce concept unique et innovant pourra accueillir jusqu’à 1 200 personnes. «C’est en constatant toute la vitalité de notre communauté collégiale, sa passion et son engagement que je me suis mise à rêver, à mon arrivée au Collège, à quelque chose qui ferait en sorte qu’on nous reconnaisse», a déclaré Lise Bourgeois, présidente de La Cité. «Je rêvais d’une infrastructure accessible et accueillante qui mettrait La Cité sur la carte pour de bon et qui lui permettrait enfin de rayonner à la hauteur de ses talents.»

«Cette initiative d’envergure est née d’un processus rigoureux de réflexion et de développement», souligne fièrement Christiane Matte, directrice de la Fondation et du Réseau des diplômé(e)s de La Cité. Depuis une vingtaine d’années, Mme Matte s’investit en philanthropie, notamment au Gala de la robe rouge ainsi qu’à la Fondation des maladies du cœur. Depuis deux ans, elle s’est jointe à La Cité car les projets proposés l’interpellaient.

Une campagne majeure auprès de la communauté d’affaires

Nous pouvons affirmer que la campagne de 3,5 millions $ pour l’Excentricité est un succès. Les partenaires, les amis de La Cité, la communauté collégiale, et maintenant avec le concours du monde des affaires, toutes et tous mettent l’épaule à la roue! Des partenaires tels que Desjardins sont fiers de soutenir ce lieu exceptionnel d’une superficie de plus de 34 000 pieds carrés situé au cœur du campus principal d’Ottawa.

Pour les entreprises en quête de personnel compétent

Depuis sa création, La Cité propose des programmes qui forment des leaders prêts à entrer sur le marché du travail. Ce capital humain demeure une denrée prisée par le milieu des affaires. En plus d’un studio avec capacité de projection à 360 degrés, la factorie Desjardins sera une véritable pépinière à idées. Cette initiative ultramoderne du centre entrepreneurial favorisera la collaboration entre chercheurs, entrepreneurs et étudiants qui travailleront ensemble au développement de nouveaux concepts et produits novateurs. Cent pour cent de toutes les contributions du milieu des affaires seront versées à des initiatives offrant aux entrepreneurs et aux organisations un lieu propice à l’innovation et au dépassement.

Ethel Côté est présidente de MécènESS & Institut social

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Bryce Conrad, l'homme branché d'Hydro Ottawa

Bryce Conrad, 47 ans, a occupé le poste de sous-ministre adjoint aux Opérations des programmes à Infrastructures Canada où il a géré la mise en oeuvre du Fonds de stimulation de l’infrastructure mis en place en 2009 par le gouvernement de Stephen Harper. Ce fonds doté d’un budget de 4 milliards $ a permis la création de plus de 10 milliards $ d’activité économique par l’entremise de ses 4000 projets. M. Conrad a quitté le gouvernement fédéral en août 2011 pour prendre la présidence d’Hydro Ottawa. Et c’est là qu’il a affronté l’un des plus grands défis de sa carrière de dirigeant, le 21 septembre dernier, lors des tornades destructrices qui ont balayé certains secteurs des villes d’Ottawa et de Gatineau.

«Ces tornades étaient plus graves que la crise du verglas de 1998 en terme de personnes touchées, affirme M. Conrad. Nous avions 180 000 clients touchés dans les minutes et les heures qui ont suivi le passage de ces tornades. Plus de la moitié de nos quelque 330 000 clients ont subi une panne de courant ce jour-là. Les tornades ont frappé en fin de journée (vers 17 h, le vendredi), mais nous savions tôt le matin que nous aurions une météo problématique en fin d’après-midi. Nous avons donc pris les mesures nécessaires et nos équipes de jour sont restées pour se préparer au pire. Nous ne savions évidemment pas que nous aurions des tornades. Mais nous étions prêts, au cas où. Nos équipes ont travaillé 16 heures par jour et la grande majorité de nos clients étaient "rebranchés" le lundi (...). Nous comptions approximativement 300 employés en devoir, de tous les secteurs, dans les heures et les jours qui ont suivi la tornade. Ils ont travaillé extrêmement fort et ils ont effectué du très bon boulot.»

Denis Gratton: Du bon boulot qui a été souligné par la communauté, n’est-ce pas? D’ailleurs, les Sénateurs d’Ottawa remettent depuis un casque protecteur d’Hydro Ottawa au joueur le plus travaillant du match.

Bryce Conrad: Ce sont eux (les Sénateurs) qui ont eu cette idée, souligne M. Conrad. Ils nous ont demandé de leur remettre un casque et nous avons accepté avec plaisir. J’ai vu le défenseur Thomas Chabot le porter après la victoire du 6 octobre des Sens contre les Leafs de Toronto. C’était un beau moment de fierté pour nous. Le Rouge et Noir (de la Ligue canadienne de football) a aussi souligné notre travail lors de leur dernier match. Rétablir le courant après les tornades représentait un grand défi. Et le public en général a reconnu et apprécié nos efforts. Des gens apportaient du café, des pizzas, des déjeuners et autres à nos employés sur le terrain. Et jeudi dernier, nous avons reçu une ovation debout lors de la réunion du conseil municipal d’Ottawa. Tout ça donne un grand sens de fierté à nos employés.

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Dominique Dufour, chef et locavore

CHRONIQUE / Un locavore, ça vous dit quelque chose? C’est quelqu’un qui «mange de la nourriture produite localement». Mais quelqu’un qui en prépare? Un chef locavore, ça c’est beaucoup plus rare. Et Dominique Dufour, la chef exécutif du nouveau restaurant Norca, à l’hôtel Germain, à Ottawa, est de ceux-là. D’ailleurs, même le nom du restaurant la trahit. Norca, c’est pour «nord canadien».

Être locavore, c’est extrêmement difficile. En été ou en automne, il y a plein de fruits et de légumes, nous sommes en saison. Mais en janvier, février, mars? Voilà exactement le défi que la chef Dufour s’est donné pour Norca. Car tout le reste de l’hôtel est «business as usual». Qui aurait sacrifié son café pour une question de principe ? 

À Montréal, un autre chef, John Winter Russell, propriétaire du restaurant Candide, s’essaie. Lui aussi reconnaît que « c’est tout un défi » de tenter sa chance avec le locavorisme au Canada.

«Il nous faut être, reconnaît la chef Dufour, beaucoup plus créatif en cuisine et au niveau de l’approvisionnement. Cela prend un certain dialogue avec les producteurs agricoles.»

Ainsi, elle a trouvé un producteur de quinoa en Ontario, un d’huile d’olive en Colombie-Britannique, etc. ( Bon, d’accord, ça ne fait pas très local mais c’est canadien au moins ! ) Et puis « nous travaillons beaucoup avec la ferme Juniper ( de Wakefield ), à leur demander ce qu’ils ont dans leur cellier. Nous faisons beaucoup de préservation, de fermentation, etc.

«Par exemple, le citron. Nous déshydratons le zeste, nous congelons le jus et avec la partie blanche ( que l’on appelle «mésocarpe» ), nous faisons de la marmelade amère!»

«Pour la viande, nous achetons la carcasse entière. Notre boeuf vient de la ferme O’Brien ( de Winchester ). Alors au lieu de payer de 17 à 22 $ la livre pour le faux filet, je ne paye que 3,50 $ la livre pour obtenir toute la bête et en faire ce que j’en veux.»

Évidemment, cela provoque des problèmes d’espace, qu’ils résolvent avec imagination, mais aussi des soucis de travail car « c’est beaucoup de boulot » pour toute son équipe.

Il y a aussi une question d’équilibre pour l’industrie de la restauration, mentionne la chef originaire de Montréal qui a bourlingué à Vancouver, Dawson City et Toronto avant d’aboutir à Ottawa. 

«Quand un seul avocat nécessite 60 litres d’eau à produire, l’empreinte carbone est beaucoup trop grande. Alors le plus tôt nous passons à un approvisionnement tout canadien, le mieux se portera notre économie!»

John Winter Russell, du restaurant montréalais Candide, voit la même tendance. C’est le début d’un « changement générationnel des perceptions quant à notre façon de consommer », a-t-il confié au magazine L’Actualité.

«Je pense comme ça depuis longtemps, opine la chef Dufour. À Vancouver, je travaillais comme chef dans un restaurant végétarien, Grasslands, et nous nous approvisionnions de tellement loin. Mon idée a évolué lors d’un stage en Espagne : je voyais qu’ils achetaient en priorité ce qui était produit autour de la ville.»

«À l’hôtel Germain, j’ai trouvé une écoute attentive. Nous chauffons l’édifice à partir de géothermie, il n’y a pas une bouteille d’eau qui entre dans l’hôtel, etc.» 

Bref, chez Norca, on ne travaille assurément pas comme ailleurs.

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La vocation artistique 
de Shuriken

On ne l’aurait jamais deviné, à son allure de premier de classe, mais Jean-François Henri a le Japon tatoué dans l’épiderme. Littéralement, sous forme de moines, guerriers et autres symboles nippons qu’il prend plaisir à exhiber en retroussant les manches de son polo. Le Japon, c’est aussi l’inspiration en titre de son entreprise de design graphique fondée en 2016, Shuriken, du nom d’une arme Ninja.

L’ambitieux «start-uper» originaire de Lanaudière a plus d’une corde à son arc: il présentait, début septembre, sa toute première exposition de peintures, «attendre l’inattendu»: une série de toiles grand format réalisées à la bombe et au pochoir. Pour ajouter au tableau déjà bien fourni, le trentenaire est également chargé de cours à l’Université du Québec en Outaouais cette session. Attention, «banzaï»!

Effet de génération, peut-être : la nouvelle garde des entrepreneurs semble avoir plus de fourmis dans les jambes que ses glorieux aînés. Spécialiste du développement de marque auprès des entreprises, le designer n’a pas tiré un trait sur sa passion, la peinture. Il a même commencé à l’intégrer à son modèle d’affaires en proposant à ses clients ses propres créations artistiques.

«J’ai déménagé dans la région il y a 11 ans et étudié en publicité à la Cité collégiale, raconte-t-il, avant de travailler en agence. J’ai remarqué qu’il existe ici un bon marché en arts visuels, moins crowdé qu’ailleurs, et que la ville investit beaucoup en arts.» Un contexte propice à la naissance d’une nouvelle agence de graphisme, évalue-t-il, lui qui rêvait de diriger un jour sa propre entreprise «pour la liberté de création et le contact humain que cela procure.» Shuriken emploie désormais deux designers et deux développeurs web.

Art et création graphique

En moins de deux ans, cet entrepreneur indépendant s’est taillé une sérieuse réputation dans le milieu du graphisme à Gatineau et s’est hissé parmi les finalistes des Prix Excelor 2017 organisés par la Chambre de commerce de Gatineau. Il compte parmi ses clients aussi bien la Société de transport de l’Outaouais (STO), que le Salon Accès Justice, La Nouvelle Scène, la boutique Habitude Design qui expose ses toiles, ou encore Kuma Fireworks, l’un des premiers clients à avoir fait l’acquisition d’une peinture réalisée sur-mesure pour ses bureaux.

«Créer des oeuvres customisées pour les entreprises, c’est notre valeur ajoutée en terme d’image de marque. C’est aussi l’avenir de Shuriken, dans la mesure où j’aimerais me consacrer davantage au développement des arts dans l’agence.»

Il ne considère pas les deux démarches antinomiques mais plutôt complémentaires : « Le design répond à des codes bien spécifiques, surtout dans le cas d’entreprises comme la STO dotées d’un guide de normes strictes. En revanche, la peinture permet une liberté totale. Le plus délicat, c’est de savoir intégrer l’un à l’autre », analyse-t-il, en citant l’exemple d’éléments esthétiques qu’il a créés sur toiles puis numérisés et intégrés au  branding  de sites web.

«Il me faut les deux pour évoluer, résume-t-il, du design dans l’art et de l’art dans mes créations graphiques.» À la manière du yin et du yang, peut-être déjà tatoués dans le voisinage de son Japon personnalisé.

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La relève entrepreneuriale a un nouvel allié

Ils veulent encourager le développement d’entreprises et l’accès aux ressources pertinentes. Ils veulent qu’une bonne idée puisse se concrétiser. Ils sont passés à l’action avec la création de Startup Café, un organisme à but non lucratif (OBNL) qui épaule les jeunes entrepreneurs au sein d’un monde des affaires qui s’avère parfois intimidant. Les instigateurs de cette communauté inclusive qui compte 1700 membres entendent briser l’éternel idéal associé à l’entrepreneuriat et parler «des vraies affaires».

Le Startup Café a pour mission de rassembler, d’informer et d’aider ceux et celles qui en sont à leur première expérience en démarrage d’entreprise. Soulignons d’emblée que l’âge n’est pas un facteur de désignation d’un jeune entrepreneur dans ce réseau. S’y initier peut se faire à 18 ou 108 ans, l’important est de guider cet individu vers des ressources pour ériger son projet.

Les racines de l’initiative ont germé dans l’esprit d’Olivier Roy, il y a environ deux ans, et l’idée ne cesse de croître depuis. Ce qui était exclusivement virtuel adopte désormais un modèle hybride. À la populaire page Facebook s’ajoute la tenue d’événements spéciaux, d’activités éducatives et de création de contenus médiatiques.

Un café qui doit se démarquer

Qu’ont prévu les quatre bénévoles du conseil administratif afin de tirer leur épingle du jeu ? 

«L’objectif est de remplir les trous laissés par l’offre actuelle dans la région. Il est important pour nous d’être complémentaires aux autres bien en place», assure Patrick Voyer, chargé des communications au Startup Café. 

Il s’agit pour cela de regrouper l’information essentielle, d’encourager les interactions au sein des plateformes et de cimenter des partenariats pertinents. Plusieurs liens ont déjà été tissés avec des acteurs du développement local, ce qui confère à l’organisation un certain rôle d’agent de référencement vers l’aide spécifique recherchée.

La communauté a prévu la diffusion de contenu adapté aux jeunes entrepreneurs via diverses plateformes. Les experts-collaborateurs et les membres sont invités à utiliser le blogue afin de partager leurs astuces. En parallèle, le balado (podcast), qui a eu pour premier invité l’ex-dragon et investisseur Serge Beauchemin, cherchera au gré du temps à s’établir comme un outil phare du contenu d’affaires local.

Réseauter dans le plaisir

Sur une autre note, les responsables du Startup Café veulent briser l’isolement que vivent certains entrepreneurs qui ont de la difficulté à créer des liens avec d’autres gens d’affaires . Comme les événements typiques de réseautage intimident parfois les nouveaux venus, ils comptent recourir au sport et aux innovations événementielles pour parvenir à les intégrer. Une ligue de soccer entrepreneuriale est d'ailleurs née ce mois-ci. « C’est une initiative intéressante qui croisera deux passions pour plusieurs et qui permet de se maintenir en santé », fait valoir Olivier Roy.

Le second stratagème pour encourager la mixité entre jeunes entrepreneurs est la création d’événements alliant le réseautage, le plaisir et l’inspiration. La première soirée de ce genre du Startup Café se déroulera en novembre prochain. Elle prévoit des stations interactives, des jeux et des kiosques où l’on fait des rencontres.

Les conférenciers ainsi que les membres seront incités à être accompagnés de leurs familles. Le but est de partager des témoignages évoquant des situations vécues et difficiles, afin de sensibiliser tout l’auditoire aux réalités potentielles lorsqu’on fait le choix de l’entrepreneuriat. 

L’accès au financement demeure un enjeu de taille pour les jeunes entrepreneurs. Le Startup Café projette de mettre en place  un «FRIC Outaouais», acronyme pour Fonds Régional d’Investissement de Croissance. Mais l’équipe songe à remplacer le terme Croissance pour Collectif. L’idée est d’amener de potentiels investisseurs à placer des fonds collectifs qui serviront au décollage d’entreprises.

Les débuts de l’OBNL sont visiblement diversifiés et prometteurs. Notez qu’un abonnement comme membre au sein de cette communauté est gratuit. Pour de l'information supplémentaire, rendez-vous sur leur page Facebook ou au startupcafe.ca

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La chaîne de blocs expliquée

Grandement associée à l’émergence du bitcoin, cette monnaie virtuelle créée en 2009, la chaîne de blocs ou blockchain suscite de plus en plus d’engouement dans des secteurs comme les finances, l’assurance, l’immobilier ou l’import-export. Mais au fait, c’est quoi une chaîne de blocs?

Le Droit AFFAIRES propose un petit exercice d’éclaircissement avec le professeur en droit et technologie et responsable du lab juridique sur la chaîne de blocs de l’Université d’Ottawa, Florian Martin-Bariteau, qui pilote depuis quelques mois un projet de recherche sur cette technologie de stockage et de transmission de données en pleine effervescence.

La chaîne de blocs, c’est un registre de transactions décentralisé dont la falsification est impossible en raison de son fonctionnement. C’est essentiellement ce gage de sécurité transactionnelle qui en fait un outil attrayant pour toute organisation qui veut prévenir d’éventuels problèmes de sécurité, de transparence et d’authentification, note M. Martin-Bariteau.

«C’est une base de données non modifiable, sécurisée et distribuée au sein d’un réseau d’ordinateurs. C’est comme un fichier Excel où vous avez toutes les transactions qui sont ajoutées les unes après les autres. C’est littéralement une chaîne de blocs puisque chaque ligne est un bloc d’information. Et ces blocs d’information sont interreliés par une série d’enjeux cryptographiques. La manière dont c’est relié, et c’est la principale innovation de cette technologie, c’est que chaque entrée contient un identifiant cryptographique du précédent bloc. Tout a été mis en place pour éviter que quelqu’un puisse un jour venir modifier cette base de données», explique-t-il.

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Place à l’Acérum!

CHRONIQUE / Les producteurs canadiens sortent de plus en plus des sentiers battus dans le domaine des alcools. On délaisse, tranquillement, mais sûrement, la production de vodka et de gin pour se lancer vers des produits différents, mais excellents!

L’Acérum, vous connaissez? Acérum, mot latin qui signifie érable, est une toute nouvelle catégorie de spiritueux que nous trouverons de plus en plus sur les tablettes. Comme son nom le laisse entendre, ce spiritueux est conçu à l’aide d’un sous-produit de l’érable. L’appellation Acérum est d’ailleurs réservée aux spiritueux qui respectent le cahier des charges établi par l’Union des distillateurs de spiritueux d’érable.

Avant de déboucher une bouteille d’Acérum, il est important que vous sachiez à quoi vous attendre. Bien que le produit soit à base d’érable, cela ne veut pas dire que vous allez avoir un spiritueux dans lequel l’arôme ou le goût du sirop d’érable sera explosif. Au contraire. 

Prenons par exemple les deux variétés d'Acérum produites par la Distillerie Shefford, en Montérégie. Dans les deux cas, nous avons plutôt droit à un liquide qui nous rappelle une eau-de-vie ou même un rhum.

Pour cette distillerie québécoise, l’idée était de produire un spiritueux original et dont la mise en marché serait rapide, contrairement au whisky que l’on doit absolument faire vieillir plus de trois ans. L’équipe de la Distillerie Shefford avait entendu parler d’excellents vins d’érable et dans le domaine de la distillation, nous savons tous que le vin est une belle matière à distiller (le cognac en est un bel exemple). 

C’est en s’inspirant de certains rhums que la distillerie a finalisé sa recette pour ainsi concevoir ce superbe liquide.

C’est avec de l’eau d’érable réduite ainsi qu’avec une levure spécialement sélectionnée que l’équipe de la Distillerie de Shefford réussit à faire fermenter le tout. Alors qu’un whisky peut prendre deux à quatre jours à fermenter, l’Acérum demande plutôt 15 à 20 jours de fermentation. C’est un contrôle minutieux, me disait Gérald Lacroix, l’homme derrière la Distillerie Shefford. Une fois que ce vin a atteint un taux de plus ou moins 10 % d’alcool, l’équipe distille le tout à travers un petit alambic (100 litres). À l’intérieur, le vin d’érable est distillé/condensé à travers une colonne pour en ressortir à plus de 65 % d’alcool.

Alors qu’une portion est diluée avec une eau purifiée, l’autre est envoyée dans différentes barriques ayant préalablement contenu du whisky américain.

L’Acérum Blanc est vif et intense, relativement floral avec une certaine touche sucrée intéressante vers la fin. Il rappelle de beaux rhums blancs. L’Acérum Brun est plutôt épicé avec des notes d’agrumes et des notes boisées.

Et gardez en tête que dans chaque bouteille de 500 ml, vous avez l’équivalent de deux cannes de sirop d’érable!

Pour plus d’information sur l’univers des spiritueux, rendez-vous au www.yanaube.ca

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Démystifier le métier de styliste

CHRONIQUE / Fini l’époque où les services d’un styliste de mode étaient réservés aux vedettes qui foulent les tapis rouges. Faire appel à un spécialiste de la garde-robe, ce n’est pas seulement une question de mode, c’est un investissement.

L’une des raisons principales pour lesquelles les gens consultent une styliste est l’économie de temps. Nombreux sont ceux et celles qui désirent projeter une image digne de leur carrière, mais qui n’ont pas le temps d’aller passer des heures dans les boutiques.

Les retours au travail après un congé de maternité, franchir le cap de la quarantaine ou prendre sa retraite sont aussi des étapes clés de la vie où les gens décident de faire appel à une styliste. Souvent parce que leur silhouette et leur style se sont transformés, mais surtout parce qu’ils ont besoin de se sentir bien après ces bouleversements.

Chefs d’entreprise, femmes de carrière en pleine ascension, médecins, psychologues, et gens de métier, la clientèle est fort variée !

Services personnalisés

La styliste Marie-Claude Pichette est reconnue pour ses services comme la Thérapie de la penderie et son service de magasinage de Style tout inclus. Dans ce cas, elle fait les boutiques pour vous et il ne vous reste qu’à profiter de l’essayage en studio.

Elle travaille régulièrement avec des gens d’affaires déjà établis et d’autres qui désirent obtenir une promotion. «Faire une différence dans la vie des gens, quand ils se regardent dans le miroir et que la magie opère, c’est ça ma paie!» lance celle qui a remporté le prix Micro-entrepreneur de l’année au dernier gala Excelor de la Chambre de commerce de Gatineau.

Lucia Arruda travaille aussi avec plusieurs chefs d’entreprise dont certains voyagent beaucoup. Elle va donc régulièrement faire leurs valises en prévision de leurs nombreux voyages d’affaires puisqu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper.

Avec son service Dépistage en magasin, elle accompagne des hommes et des femmes pour une séance de magasinage. Une bonne partie de sa clientèle désire gravir les échelons, mais il y a aussi ceux qui travaillent en uniforme. «Ces gens, lorsqu’arrive le week-end, n’ont aucune idée de ce qu’ils peuvent porter. Je peux donc les aider à l’extérieur de leur travail.»

Selon le service choisi, les prix varient entre 200 $ et 425 $, plus le budget alloué aux vêtements. Si ce montant peut paraître onéreux à première vue, il sera vite rentabilisé puisque vous porterez et aimerez tous vos vêtements judicieusement choisis par votre styliste. Ça évite les mauvais choix qui, eux, coûtent cher!

En travaillant avec une styliste de façon régulière, elle apprend à vous connaître et vous aide à bâtir votre garde-robe saison après saison.

Et comme j’aime le répéter, choisir une styliste c’est comme choisir un coiffeur, il faut que ça clique côté personnalité!