Le fondateur et président de Multivesco, Camille Villeneuve

L’éveil du nationalisme

Camille Villeneuve n’aura pas que les affaires pour seul amour. Il aura été un souverainiste convaincu. De Moonbeam, il retient que les Canadiens-français étaient des citoyens de troisième classe, après les Anglais et les immigrants slaves.

«Quand tu arrives du nord de l’Ontario avec toutes les injustices qui te font sentir comme un citoyen de troisième classe et que tu arrives au Québec avec l’effervescence d’un Bourgault (N.D.L.R: Pierre Bourgault, leader indépendantiste québécois et orateur hors-pair), je ne m’en cache pas, j’ai été bien proche de ça», confesse-t-il.

Il aura hébergé chez lui René Lévesque, fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec de 1976 à 1985, et vécu deux référendums. S’il a pleuré au premier en 1980, il a vécu les choses bien autrement lors du deuxième référendum en 1995. «Mon évolution était faite. On n'avait fait tellement de chemin qu’on avait plus besoin de la séparation.»

À son ami et associé feu Marcel Beaudry qui lui demandait pourquoi il était nationaliste, il tendra sa main droite vers son coeur, en signe d’affection. De cette période souverainiste, il mentionne du bout des lèvres que «ce ne l’a pas empêché de faire des affaires, mais que ça lui a nui en certaines occasions». 

Aujourd’hui et demain

Malgré son âge avancé, Camille Villeneuve se présente quotidiennement au bureau. Ce qui le fait encore courir, c’est l’espoir de concrétiser une autre bonne affaire. 

Il pense aussi à demain. «Mon plus grand souhait, c’est de préparer une relève qui s’organisera comme il faut, qui sera heureuse de continuer ce que nous avons construit.» Son seul fils, Pierre, occupe le poste de vice-président Construction. Quant à sa fille Christine, une doctorante en physique, elle vit dans la région de Boston et rien ne laisse présager qu’elle joindra Multivesco un jour.

Celui qui plus jeune ne voulait plus jamais connaître la pauvreté aura largement gagné son pari. «Aujourd’hui, je vis dans le confort. Je n’ai pas de «bébelles» et je suis content de ce que j’ai. J’habite la même maison depuis 35 ans».

Le philantrope

Fort d’un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa, son alma mater, il lui aura remis une contribution de 1,5 M$.  Il a aussi récompensé l’Université du Québec en Outaouais de ses largesses. 

«Camille Villeneuve est un grand philanthrope, la plupart du temps dans l’obscurité. Il est extrêmement sensible. Il est venu en aide à plusieurs personnes dans le besoin, sans que ça soit connu», témoigne l’ancien maire des villes de Hull et de Gatineau, Yves Ducharme, aujourd’hui président du Regroupement des gens d’affaires.

Premier employé permanent de Multivesco, Bernard Raymond,  président et chef de la direction, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de Camille Villeneuve. «Il est visionnaire et a beaucoup de flair en affaires.  De plus, termine-t-il, il est très proche de son monde.»