Camille Villeneuve, l’homme derrière Multivesco

Hormis la communauté régionale du monde des affaires, peu de gens connaissent Camille Villeneuve, fondateur et président du conseil d’administration de Multivesco.

Si l’homme est plutôt discret, faisant très rarement les manchettes, ses nombreuses réalisations parlent d’elles-mêmes.  Partout à Gatineau, on peut apercevoir l’empreinte du promoteur immobilier. Le 200, rue Montcalm, siège social de Multivesco, c’est lui, tout comme le 70, rue Crémazie, le 30, rue Victoria, et tutti quanti.

Camille Villeneuve est aussi en grande partie responsable de l’important développement immobilier qu’a connu le secteur du secteur du Plateau de la Capitale.  Il a été propriétaire de plusieurs milliers de logements et d’immeubles locatifs dans la région et ailleurs, notamment en Alberta, Montréal, et même au Texas.

Né en 1945 dans la région du Lac-Saint-Jean et dernier d’une fratrie de 10 enfants, rien ne prédestinait le fils d’un agriculteur et d’une mère ultra catholique à une carrière dans le milieu fort compétitif de l’immobilier.

Ne pas être pauvre

Très tôt, le jeune Camille, qui a connu la pauvreté à Moonbeam, une petite localité du nord de l’Ontario où sa famille s’est établie au début des années 1950, a décidé qu’il ne vivrait pas dans la misère.  «Mon ambition première a été d’essayer de ne plus jamais être pauvre», se souvient-il.

Arrivé à Ottawa en 1963 afin de poursuivre des études universitaires en commerce, il travaillera d’abord comme fonctionnaire à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) sur la Rive-Sud de Montréal, et plus tard à la Société du crédit agricole du Canada. Il n’y était pas malheureux, mais il a vite su, et d’autres parmi ses collègues de travail lui ont fait comprendre, que son avenir était ailleurs que dans la fonction publique.

À la SCHL, un épisode lui est resté à jamais gravé dans la mémoire. «Il y avait des Italiens qui venaient d’arriver d’Italie, qui ne parlaient ni français ni anglais, puis qui bâtissaient 12 maisons par année et qui se promenaient en Cadillac. Le p’tit gars de Moonbeam était pas mal impressionné. Peut-être que je peux faire ça moi aussi», se dira-t-il avec l’ambition de l’époque se lisant encore dans ses yeux.

Son premier achat, en 1969, sera deux immeubles de huit logements chacun qu’il acquiert avec deux de ses frères dans le secteur Mont-Bleu à Hull. «À ce moment-là, j’étais moins bien logé que mes locataires», se rappelle le septuagénaire, sourire aux lèvres.

L’aventure du Texas

Début des années 1990, Camille Villeneuve tente le grand coup, celui de conquérir le Texas, un État américain alors aux prises avec de sérieuses difficultés économiques.  Multivesco y fait l’acquisition de plusieurs édifices, souvent avec des partenaires d’affaires locaux, à Austin, Houston, Dallas et San Antonio.  À son zénith, il est question d’un parc immobilier d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars.

De son aventure texane, il retiendra qu’il y était beaucoup plus facile d’y brasser des affaires. «Ils ont le respect des gens d’affaires.  Ce sont les développeurs qui ont la priorité.  Ici, ce sont les fonctionnaires», affirme celui qui a eu un pied-à-terre au Texas une semaine par mois pendant 20 ans.

Aujourd’hui, il en parle toujours avec grande fierté, d’autant plus que le futur président des États-Unis, George W. Bush, alors gouverneur du Texas, rendra hommage à ce Canadien qui a cru en l’avenir économique de cet état alors fort mal en point, lors d’une grande soirée tenue en son honneur en 1996.