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Le RDÉE Ontario est mort! Vive la SEO!

Le RDÉE Ontario se refait une beauté en mettant à jour son image de marque, et par le fait même, son nom : la Société économique de l’Ontario (SEO). Ce changement vient appuyer le nouveau mandat dont l’organisme s’est doté. Pierre Tessier, directeur général, et Annick Schulz, directrice des communications, marketing et relations externes de la SEO expliquent les raisons derrière ce renouveau.

Pour les petites et moyennes entreprises

Ce changement de nom vient d’une volonté de se distinguer et de modifier le mandat de l’organisation. 

«Le RDÉE Ontario, depuis ses débuts, faisait beaucoup de travail dans la communauté, explique M. Tessier. Puis nous avons réalisé que le besoin en Ontario français est d’avoir une organisation qui va se dévouer plus particulièrement aux entrepreneurs des petites et moyennes entreprises.»

En modifiant son image, la SEO appuie ce changement de vocation et prépare le public à plusieurs nouveautés. D’ailleurs, les nouveaux projets tourneront autour des quatre axes suivants: le tourisme, l’économie verte, l’immigration et l’entrepreneuriat jeunesse et féminin. 

Miser sur le tourisme

Le tourisme est un nouvel angle que la Société économique de l’Ontario prévoit développer. Déjà, l’équipe organise, en collaboration avec le cabinet-conseil François-Tourisme-Consultants (FTC), la première édition en Amérique du Nord du Forum-Salon ECORISMO 2018.

«ECORISMO 2018 aura lieu à Ottawa et nous pensons avoir environ 400 participants. C’est un événement d’envergure pour nous à la SEO», raconte le directeur général.

Les participants d’ÉCORISMO à Ottawa pourront rencontrer et développer des opportunités d’affaires en développement durable dans le milieu touristique. 

Promouvoir des initiatives vertes

Dans le domaine de l’économie verte, la SEO souhaite promouvoir les initiatives vertes dans le cadre du projet OBJECTIF 2030, en collaboration avec l’Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD). 

«Nous avons fait de grands pas cette année dans le domaine de l’économie verte, explique Mme Schulz. Nous avons signé un partenariat avec l’IFDD pour développer des projets et sensibiliser les PME et la jeunesse ontarienne à l’économie verte et le développement durable.»

Favoriser l’immigration francophone en Ontario

La SEO est fière de participer à des salons virtuels de l’emploi, qui ont pour objectif de favoriser l’immigration de francophone en Ontario. 

«En une journée, des gens de partout au monde qui cherchent un emploi au Canada peuvent s’inscrire à notre kiosque virtuel sur la plateforme Web. Les candidats discutent par Skype avec les employeurs potentiels et si les deux parties correspondent, nous enclenchons le processus d’immigration et d’embauche», raconte la directrice des communications à la SEO.

Entreprendre en étant jeune, en étant femme

La nouvelle Société désire également mettre l’accent sur l’entrepreneuriat jeunesse et favoriser les femmes entrepreneures en Ontario. Dans cet ordre d’idée, plusieurs événements seront organisés, dont un gala de la relève qui aura lieu en avril 2018, en partenariat avec le Club canadien à Toronto et Radio-Canada. 

«Notre collaboration avec le Club canadien, c’est exactement le genre d’activités que nous recherchons, assure M. Tessier. Nous tentons de rejoindre la communauté d’affaires francophone, les startups et les moyennes entreprises, grâce à ce type d’initiative.»

Une plateforme virtuelle à portée de main

La mise en place d’une plateforme virtuelle ESPACE ENTREPRENEUR réunissant toutes les solutions d’affaires pour les entrepreneurs francophones est un projet d’envergure pour l’organisme. 

«Pour créer la plateforme virtuelle, nous avons dû faire plusieurs partenariats pour enrichir le contenu. Nous voulions offrir tous les outils et modules nécessaires aux entrepreneurs, du lancement de l’entreprise, jusqu’à la succession», poursuit Mme Schulz. 

L’objectif de cette plateforme virtuelle est d’offrir tous les outils et informations nécessaires pour les entrepreneurs, directement en ligne. 

«Si les entrepreneurs ont un besoin, ils n’ont pas besoin de cogner à 56 portes», raconte fièrement le directeur général.

Pour profiter des services de la Société économique de l’Ontario, il suffit de se connecter sur la plateforme virtuelle.

«Quand ils s’inscrivent sur notre site Web, il y a un formulaire à remplir. Ensuite, les entrepreneurs verront le nom, la photo et le numéro de l’agent responsable de leur dossier. C’est ce que nous appelons un service clé en main, mais au-delà, un service personnalisé.»

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Quand hockey et réseautage font bon ménage

Tenter de combiner la pratique d’un loisir sportif, le réseautage d’affaires et la vie familiale n’est certes pas chose facile pour un entrepreneur.  C’est pourtant le tour du chapeau accompli il y a neuf ans par le président-directeur général de Fredal Solutions, Étienne Fredette, en créant la Ligue de hockey des gens d’affaires.

À l’évidence, il n’était pas le seul à avoir cette préoccupation. Ils sont maintenant 96 hockeyeurs-hommes d’affaires, répartis dans huit équipes, à se chamailler pour la rondelle sur les glaces de l’aréna Sabourin, du secteur Hull, et du Complexe Branchaud-Brière, chaque lundi et mardi sur l’heure du midi.

Gardien de but de RPGL Avocats, Étienne Fredette ne cache pas que c’est par égoïsme qu’il a mis sur pied ce circuit. «J’aime jouer au hockey, mais les heures de glaces disponibles à Gatineau, souvent tard en fin de soirée, ne correspondaient pas à mes besoins». 

D’où l’idée de créer une ligue de hockey de jour pour gens d’affaires, la seule qui existe présentement au Québec, selon M. Fredette. Dès la première année, une cinquantaine d’entrepreneurs, administrateurs, banquiers, garagistes, avocats et autres professionnels ont joint les rangs du circuit Fredette.  Le succès a été tel qu’un agrandissement des cadres de la ligue a rapidement été nécessaire pour porter le nombre d’équipes de quatre à huit.

Meilleur que le golf

Pour Me Jonathan Coulombe, de chez RPGL Avocats, cette ligue de gens d’affaires répond exactement à ses attentes.  «J’adore jouer au hockey. Et c’est la meilleure façon pour faire des contacts, même meilleure que les tournois de golf», plaide-t-il. Même son de cloche chez Erik Lyman, de chez Lyman Media, qui entame sa sixième année dans la Ligue des gens d’affaires Fredal Solutions. «Ce que j’aime, c’est que nous partageons tous les mêmes valeurs.  Et c’est excellent pour le réseautage», un avis partagé par Daniel Laflamme, de la Fédération des Caisses Desjardins et porte-couleurs de La Sporthèque.  Étienne Fredette, lui, ne tarit pas d’éloges vis-à-vis de ce mariage Jonathan Drouin-Alexandre Taillefer. «Quand tu as besoin d’un service, tu te souviens du gars avec qui tu es dans la chambre de hockey», image-t-il.

Pour s’assurer que le réseautage fonctionne au maximum, deux repêchages des joueurs se font, l’un en début de saison, l’autre à la mi-saison. Ainsi, chaque joueur va côtoyer douches, vestiaires et intérêts d’affaires avec une vingtaine d’hockeyeurs différents pendant une même saison. Le tout se termine lors du grand tournoi annuel de fin de saison qui réunit les joueurs des huit équipes, à savoir La Sporthèque, RPGL Avocats, Charlebois-Trépanier, Desjardins, Géo Précision Arpenteurs-géomètres, CIMA +, Vacarm, et RCGT Comptables.

Pour Étienne Fredette, le succès de cette aventure mêlant hockey et affaires ne fait aucun doute.  Et à l’image du commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, il rêve d’expansion, à Ottawa notamment où il est présentement en pourparlers. Il a aussi partagé son idée avec plusieurs chambres de commerce du Québec. Peut-être qu’Étienne Fredette sera plus rapide à occuper le Centre Vidéotron de Québec que le commissaire Bettman, qui sait ? 

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Une distillerie, entreprise difficile?

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Le monde des spiritueux artisanaux (microdistillation) est en grande croissance au Québec et en Ontario. D’ailleurs, la ville de Gatineau voit actuellement la construction d’une imposante microdistillerie avec AiR Distillery, située dans le carrefour de l’aéroport. Mais qu’en est-il réellement des distilleries? Qu’en est-il sur le plan des affaires? Est-ce une idée d’entreprise profitable? Pour que vous puissiez vous faire une idée, laissez-moi vous expliquer comment le tout fonctionne.

Dès le départ, il faut trouver un bon endroit pour installer l'équipement. Actuellement, plusieurs villes québécoises et ontariennes exigeront que vous vous installiez dans un quartier industriel. Une fois l’acquisition du local, il faut bien sûr apporter les modifications nécessaires exigées par la Régie de bâtiment de la province. 

N’oublions pas qu’un liquide à plus de 90% d’alcool coulera à l’intérieur de l’établissement! Une fois les modifications apportées, il faut aussi faire l’achat de ce qu’on appelle un alambic. Il existe plusieurs types d’alambics qui varient selon ce que vous désirez concevoir comme spiritueux. 

Vient ensuite la bureaucratie. Il faut un permis de distillation. La demande et le processus peuvent facilement prendre six à douze mois, et ce, des deux côtés de la rivière. Une fois l’obtention du permis, vous croyez que les revenus peuvent finalement arriver? Pas nécessairement! Tout dépend de l’alcool que vous produirez. Une vodka et un gin peuvent être conçus et embouteillés assez rapidement. Pour un whisky, le tout doit reposer pour une période minimum de trois ans à l’intérieur d’un fût, selon les lois canadiennes. Pour un rhum? La période minimum à l’intérieur d’un fût est de douze mois. Mine de rien, ces facteurs sont à prendre en considération dans l’élaboration d’une distillerie. 

Le grand rêve des distilleries artisanales est la création d’un whisky qui deviendra l’identité de la province. Mais ce n’est pas chose facile. Vraiment pas facile. Outre les trois années à regarder l’eau-de-vie maturer dans les fûts, il faut aussi prévoir le futur. Il faut créer un rapport qualité/prix qui permettra au produit de se démarquer des grands noms sur les tablettes. Il faut que la présence de votre spiritueux soit acceptée et bien sûr, ce dossier aussi est assez complexe. 

L’industrie des spiritueux du Québec et de l’Ontario est entièrement, ou presque, contrôlée par l’État. Cela rend l’exercice de la vente vraiment difficile. Disons que la création d’une bouteille de votre spiritueux coûte cinq dollars, la société d’État vous l’achètera à plus ou moins dix dollars et la vendra sur ses tablettes à trente ou même quarante dollars. L’Ontario a un léger avantage en permettant une vente à même la distillerie. Cependant, le processus est très complexe. Afin d’avoir des bouteilles en vente à notre distillerie, il faut tout de même les acheter, au rabais, à la LCBO. Étonnant non? Bien sûr, il y a plusieurs variantes entre les deux provinces. 

Vous vous demandez pourquoi l’industrie de la microdistillation gagne-t-elle autant en popularité? Parce que les deux provinces regorgent d’entrepreneurs audacieux. Entrepreneurs que nous pourrions qualifier d’artisans. Des artisans qui démontrent leurs talents phénoménaux pour mettre de l’avant les ingrédients de notre terroir provincial et même national. Des artisans qui font preuve d’une créativité incroyable en nous offrant des produits uniques avec chacun leur propre identité.

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Une longue lignée d'entrepreneurs

Sans vouloir diminuer le mérite de Rolland Dansereau et Napoléon Piotte, Joseph Lalonde oeuvrait dans le commerce de la vente de matériaux de construction bien avant que le célèbre duo fonde la première quincaillerie Rona en 1939. On pourrait dire que Joseph Lalonde les a précédés d’une guerre, alors qu’il a acquis son magasin général à Hammond en 1916, au moment où les soldats canadiens combattaient sur le front européen pendant la Première Guerre mondiale.

Retracer l’histoire de la quincaillerie, c’est un peu faire la généalogie de la famille Lalonde dans l’Est ontarien. Lorsqu’on remonte cette lignée d’entrepreneurs, on constate que la quincaillerie Rona J. Lalonde & Fils est dirigée par des membres de la famille Lalonde depuis quatre générations. Chose rarissime de nos jours, alors qu’il est de plus en plus difficile d’assurer la relève de l’entreprise par les membres de la famille. 

Joseph Lalonde et son épouse ont fondé une famille de 13 enfants qui occupait le deuxième étage du magasin général à Hammond. Après 30 ans de dur labeur, Joseph passe le flambeau à ses fils Jean-Paul et Conrad en 1946. En 1969, Jean-Marc prend la relève. Dix ans plus tard, en 1979, Jean-Marc laisse sa place à son frère Robert. 

La nouvelle génération

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Une nouvelle direction, une expansion

En 2015, l’entreprise a pris de l’expansion. Les Lalonde ont ouvert une nouvelle succursale à Rockland. Si l’on compte les deux succursales, Rona J. Lalonde & Fils embauche en tout 80 employés. Contrairement à la clientèle de Hammond qui est constituée à 95 % d’entrepreneurs, la quincaillerie de Rockland dessert davantage le public. Comme dans la vie, France et Serge s’entendent à merveille en affaires. France dirige la succursale de Rockland, alors que Serge s’occupe de celle de Hammond.

France Lalonde observe qu’il n’y a pas beaucoup de femmes qui dirigent des quincailleries au Canada. « C’est sûr que c’est un monde d’hommes, mais je n’y vois pas vraiment de différence. Peu importe le type d’entreprise que tu gères, cela reste des comptes payables et des fournisseurs. Comme mon frère, j’ai développé au fil des ans une passion pour la rénovation et les matériaux de construction. Mais Serge est davantage dans les 2X4 alors que moi je m’intéresse plus à la décoration intérieure », mentionne-t-elle en riant.

France jure qu’il n’y a pas de compétition entre elle et son frère. Au contraire, dit-elle, on s’entraide. « C’est sûr qu’il existe une petite rivalité entre les employés des deux magasins, mais pas entre les propriétaires. Nos camions de livraisons servent parfois aux deux quincailleries. Il faut dire qu’Hammond n’est qu’à 15 minutes de Rockland. Cela facilite les échanges », explique-t-elle.

Le service à la clientèle

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Les incontournables en Islande

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Depuis longtemps, l’Islande était pour moi une île mystérieuse. Sans doute que tout le monde porte une robe de cygne comme Bjork. J’avais peut-être tort sur le choix vestimentaire des Islandais, mais j’ai appris lors de ma première visite que cette île avait beaucoup à offrir. Voici les incontournables lors d’un premier voyage en Islande.

En voiture!

Ici, c’est Mère Nature qui vole la vedette. La meilleure façon d’explorer? Louer une voiture et prendre la route en écoutant du Sigur Ros! Il suffit de conduire une trentaine de minutes à l’extérieur de la capitale de Reykjavik afin de comprendre pourquoi cette île est surnommée le pays de feu et de glace. Les routes aux reliefs noir et vert nous mènent vers d’imposants volcans et glaciers, donnant l’impression d’être seuls sur Terre. Nul besoin de faire des randonnées complexes, on peut facilement profiter des panoramas le long de la route. 

Le royaume... du hot-dog?  

Le hot-dog ou le pylsur est une fierté nationale à ne pas manquer! Peu importe l’heure, on peut facilement se procurer ce petit trésor pour calmer nos fringales. Que ce soit dans un dépanneur, au bord d’un quai ou même à un kiosque au pied des chutes Skogafoss, cette saucisse à la viande d’agneau est étonnement savoureux. Mais quel est le secret? Est-ce sa recette composée d’agneau nourri à l’herbe ou peut-être les oignons frits et la moutarde douce qu’on y ajoute? La popularité de ce plat national reste un mystère, mais on l’adopte  avec plaisir! 

Partir à la chasse aux aurores boréales 

Des explosions d’énergie magnétique livrent un spectacle de danse céleste à couper le souffle. L’hiver islandais, étonnement plus modéré qu’au Canada, reste la saison idéale pour observer les aurores boréales. Si les conditions météo sont favorables, vous pouvez voir ce magnifique spectacle dans le ciel de Reykjavik. Une expédition guidée est fortement recommandée afin de pouvoir localiser les meilleurs endroits. 

Les bains géothermiques

Le Royaume-Uni a ses pubs, l’Italie ses piazzas et l’Islande… ses bains géothermiques. Que ce soit une réunion de famille ou même une rencontre entre gens d’affaires, les bains géothermiques font partie intégrante de la société islandaise. La plupart des touristes choisissent de visiter le Blue Lagoon, en route vers l’aéroport international de Keflavik. Bien que leurs piscines artificielles soient impressionnantes, le Blue Lagoon est victime de son propre succès et son nombre élevé de touristes rend le tout fort bruyant. Pour une expérience plus reposante et authentique, dirigez-vous vers les quartiers de Reykjavik ou encore mieux, vers les nombreux villages à l’extérieur de la capitale. 

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Attirer Netflix dans la capitale

Si le commissaire du Bureau du cinéma d’Ottawa, Bruce Harvey, est sans équivoque à l’effet qu’il est possible de travailler en production télévisuelle et cinématographique dans la région, il reconnaît que certains défis se posent.

M. Harvey admet que les 100 millions $ dépensés à Ottawa dans ce secteur sont bien peu par rapport aux 6,8 milliards $ annuellement investis dans la production cinématographique et télévisuelle à l’échelle du pays.

Selon lui, afin d’attirer les Netflix de ce monde dans la capitale, la ville devra se doter d’une salle de tournage.

«Il s’agit d’un élément essentiel. (…) De la même manière que vous ne pouvez attirer une compagnie aérienne dans votre ville, si vous n’avez pas d’aéroport», fait-il valoir.

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Un mandat plus large pour le Bureau du cinéma?

Pendant qu’à Ottawa le maire Jim Watson fait la promotion de sa ville auprès des producteurs américains, à Gatineau, le scénario est moins rose.

Le Bureau du cinéma de Gatineau, chargé de faire la promotion de la région pour y attirer des tournages, a fermé ses portes en décembre dernier. On est loin du moment glamour qu’avait connu le Vieux-Hull, en 2010, avec le tournage du film On the Road, à la Taverne Montcalm et mettant en vedette l’actrice Kristen Stewart.

À la Ville de Gatineau, une porte-parole, Cynthia Lauzon, indique que «l’administration municipale n’a pas reçu de mandat de la part du conseil municipal afin de promouvoir Gatineau comme lieu de tournage pour l’industrie du cinéma».

«C’est malheureux. À Gatineau, on ne voit pas le train passer, contrairement à Ottawa, qui eux ont vraiment su saisir cette manne économique-là», s’exclame Roch Brunette, le producteur de Pix3 Films, une compagnie basée à Gatineau.

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Concurrencer Montréal

Plus récemment, Slalom a démontré qu’il était possible pour une boîte ottavienne de se mesurer à de grosses pointures montréalaises, telles que Pixcom et Zone3. La compagnie a gagné un appel d’offres en jeunesse avec la série Mehdi & Val, qui sera diffusée l’hiver prochain sur les ondes de Radio-Canada.

«J’ai dit à toute mon équipe, on garde le focus, on regarde en avant et on fonce», s’exclame-t-elle. «Ça s’est fait en produisant de bons contenus et en travaillant très fort», ajoute la femme d’affaires.

D’importantes retombées

La maison de production Nish Média, basée à Gatineau, compte pour sa part une dizaine d’employés à temps plein. Ce chiffre peut grimper jusqu’à quarante employés à temps partiel en période de tournage.

La compagnie, spécialisée dans le contenu autochtone, tourne des long métrages, documentaires, séries de variétés et autres, aussi bien ici et qu’à l’extérieur.

Le président de Nish Media, Jason Brennam, précise que, par exemple, la première et la deuxième saison de la série télévisée Hit the Ice, qui fait vivre un camp d’entraînement aux meilleurs joueurs de hockey autochtones d’âge junior, a été tournée en Outaouais et a engendré des retombées économiques d’environ 400 000 $ par projet. Ces dépenses incluaient notamment les nuitées, restaurants, traiteurs, salaires, achats dans les commerces, locations de véhicules et essence.

M.Brennan évalue à 125 000 $ les retombées économiques du long-métrage Le dep tourné à Val-des-Monts. Les saisons 1, 2 et 3 de la série jeunesse Mouki, racontant les aventures d’un raton-laveur géant, ont pour leur part été tournée à Orléans et généré des retombées économiques de 550 000 $ par saison, ajoute-t-il.

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Le cinéma et la télé d'ici, une industrie bien vivante

Si ce n’est pas tous les jours qu’Hollywood fait son cinéma dans les rues d’Ottawa et de Gatineau, il reste que la production cinématographique et télévisuelle est bien vivante dans la région. En moyenne, 100 millions $ par année sont dépensés dans ce secteur dans la capitale nationale, ce qui génère du même coup d’importantes retombées économiques locales.

Pas étonnant alors que le maire d’Ottawa, Jim Watson, se soit rendu avec une délégation le mois dernier au siège social d’Amazon, à Seattle, ainsi qu’à Los Angeles, où il a courtisé des joueurs de cette industrie, les invitant à venir tourner leurs productions dans sa ville.

«C’est un secteur important d’Ottawa et un secteur en croissance», lance le commissaire du Bureau du cinéma d’Ottawa, Bruce Harvey, qui était justement du voyage avec le maire.

«Je pense que la ville est consciente de l’importance de ce secteur au Canada», poursuit l’homme en poste depuis trois ans, dont le mandat est justement de promouvoir l’aspect économique de la production cinématographique et télévisuelle d’ici.

Mickey Mouse à Ottawa

De ces 100 millions $, environ la moitié est dépensée en animation, un secteur qui, étonnamment, compte environ 70 ans d’histoire à Ottawa. «C’est un secret bien gardé», affirme M. Harvey qui mentionne, par exemple, le fait que c’est ici que la compagnie Disney tourne les courts métrages de Mickey Mouse.

Les 50 millions $ restants sont pour leur part répartis quasi également entre les productions de séries dramatiques et les téléréalités.