Le propriétaire du Buffet des Continents de Gatineau, Tony Priftakis.

Restaurateur et philanthrope

Depuis 2008, le Buffet des Continents ne ménage aucun effort pour venir en aide aux jeunes patients du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario ( CHEO ). L’Association des professionnels en philanthropie d’Ottawa tenait à souligner ce travail, le 13 novembre, lors d’un gala tenu au Centre national des Arts. Le restaurant gatinois a alors reçu le prix de la Petite entreprise par excellence.

« Ça fait partie de notre philosophie, explique le copropriétaire du Buffet des Continents de Gatineau, Tony Priftakis. De l’Outaouais jusqu’à Québec, on a choisi les enfants pour redonner à la communauté. Chaque Buffet des Continents s’associe avec un hôpital pour enfants de sa région. » Chèques-cadeaux, séances de photos avec le père Noël, vente de cocos de Pâques, la direction multiplie les activités de financement.

«  On veut en faire plus, les employés veulent en faire plus », explique M. Priftakis. En 2010, la direction met donc en place un système de prélèvement sur la paie. Quatre-vingt-dix pour cent des employés participent à ce programme entièrement volontaire. Autant de générosité étonne même M. Priftakis. « On ne s’y attend pas, avoue-t-il. On donne le formulaire et même un petit plongeur, qui commence à travailler, qui a 15 ou 16 ans, va donner le maximum. » Le succès de ce programme convainc les huit autres restaurants du Buffet des Continents au Québec d’adopter cette idée née à Gatineau.

« Le but de tout ça, c’est d’acheter de l’équipement », poursuit M. Priftakis. La première année, les employés du Buffet des Continents ont permis au CHEO d’acheter des films et des lecteurs DVD aux enfants trop malades pour visiter les salles communes. « On amenait le lecteur DVD portable aux enfants sur leur lit. Les employés ont adoré ça. Après on a acheté trois lits d’hôpital. Chaque année, on se donne un projet. »

M. Priftakis attribue ce succès à deux facteurs. D’une part, certains employés sont d’anciens patients du CHEO. Ils mesurent tout l’impact de leurs gestes. D’autre part, la direction limite les contributions à quelques dollars par semaine. « Tout le monde a embarqué parce que c’était petit, c’était négligeable pour les gens. Mais ça bâtit la communauté. »

Le restaurant gatinois est situé sur l'Impasse de la Gare-Talon.

En retour, les employés reçoivent une formation d’initiation à la philanthropie. « C’est souvent leur premier emploi, rappelle M. Priftakis. On leur explique notre programme. Parce que c’est le CHEO, la plupart disent oui tout de suite. Mais on leur montre comment donner. Plus tard, s’ils travaillent par exemple au gouvernement, ils vont voir Centraide et se dire : ‘ Ah oui ! J’ai déjà fait ça et j’ai fait une différence ’ . Les jeunes sont réceptifs  », se réjouit M. Priftakis. C’est pourquoi le Buffet des Continents leur accorde autant d’importance, qu’ils soient plongeurs dans un restaurant ou patients du CHEO.

De l'ouverture d'esprit

Le Buffet des Continents de Gatineau appuie d’autres causes. « Quand j’ai dit qu’on aide les enfants, ce n’est pas juste ça qu’on fait », ajoute M. Priftakis. Son équipe et lui participent aussi à des collectes de denrées non périssables avec Moisson Outaouais et organisent des déjeuners pour les aînés du Centre d’hébergement et de soins de longue durée Ernest-Brisson de Gatineau.

De manière moins formelle, la direction du restaurant gatinois encourage aussi l’ouverture d’esprit.

M. Priftakis se souvient d’une personne sourde qui cherchait un emploi. « Est-ce qu’on appelle ça de la philanthropie ? Je ne sais pas. Il était jeune, personne ne voulait l’engager. Sa mère est venue ici. Je l’ai engagé tout de suite. J’ai dit : ‘ On va l’intégrer dans l’équipe, il va laver la vaisselle. ’ De la plonge, il est allé dans la cuisine. C’est un gars qui n’était pas gêné, alors après je l’ai mis sur le plancher comme commis-débarrasseur. Il a travaillé avec les gens. J’avais une confiance totale en lui. »