La directrice générale de la SADC Papineau-Collines, Mélissa Bergeron.

Léguer son entreprise, un défi

Nombreux sont les gens d’affaires, notamment en région rurale, qui ont des difficultés à vendre leur entreprise tout en assurant sa pérennité. Les Sociétés d’aide au développement des collectivités ( SADC ) ont développé un nouveau programme pour aider à assurer la relève d’entreprises et « pour faire connaître l’urgence de cet enjeu-là ».

Trente-quatre pour cent des entrepreneurs des régions rurales de l’Outaouais ont l’intention de prendre leur retraite dans les trois prochaines années, révélait une étude réalisée en 2017 et portant sur le profil et les besoins des entreprises du territoire des SADC de l’Outaouais.

Il fallait donc trouver une façon de rendre service à ceux qui envisagent de vendre leur entreprise, mais aussi à ceux qui ont des projets d’acquisition d’une entreprise. De là est né le programme de relève d’entreprise des SADC de l’Outaouais. 

Cette offre de service s’adresse tant aux cédants qu’aux repreneurs. En plus d’offrir les outils nécessaires pour la sélection du repreneur, la SADC fait aussi l’accompagnement technique et peut subvenir à certains besoins financiers pour soutenir les entrepreneurs. 

Préparer son projet

Tous ces besoins sont inscrits dans une banque de données, incluant autant les vendeurs que les acheteurs, afin de créer des maillages entre les deux. L’objectif principal est d’éviter qu’un nombre trop élevé de commerçants ne ferment boutique. «On veut garder en activité les entreprises de notre territoire. Il n’y en a pas autant qu’en milieu urbain, alors elles sont importantes pour nous, et avant qu’ils ne se découragent parce qu’ils ne trouvent pas de relève, on veut travailler avec ces gens-là. Souvent, ce sont des commerces de proximité, des commerces importants pour notre économie locale, surtout en milieu rural », souligne la directrice générale de la SADC Papineau-Collines, Mélissa Bergeron. 

Cette dernière est d’avis qu’il faut sensibiliser les entrepreneurs à s’y prendre plus tôt. « Il faut préparer ce projet. Que ce soit un achat d’entreprise ou une vente, il faut réfléchir au choix de l’entreprise, à l’endroit où l’on veut s’installer. »

Souvent, céder son entreprise ressemble à la recherche d’un compagnon de vie. 

« On peut trouver beaucoup de gens, mais trouver la bonne personne, ce n’est jamais facile. » 

Elle rappelle que la profession d’entrepreneur est exigeante, autant au chapitre financier que social. « Tu ne peux pas acheter un garage de soudure si tu n’as jamais fait de soudure. Tu dois avoir un réseau de contacts dans le domaine. »

C’est pour cette raison que la banque d’acheteurs et de vendeurs a été créée. « On veut faire savoir que la SADC est ouverte et veut rencontrer ces gens-là. Il y a 67 SADC au Québec. On a un grand réseau de contacts, au bénéfice des entrepreneurs qui cherchent de la relève », plaide-t-elle en terminant.