La cure de rajeunissement d’Edgar

CHRONIQUE - SCÈNE CULINAIRE / Le minuscule restaurant Edgar vient de subir une cure de rajeunissement. Et toute une!

Après huit ans, la chef-propriétaire Marysol Foucault a donné un grand coup. Avec des partenaires, elle a acheté l’édifice de son petit restaurant et a récupéré le local voisin occupé par un salon de coiffure. Mais elle ne s’est pas limitée à juste abattre un mur mitoyen. 

Elle est allée bien plus loin et a pas mal tout changé à neuf. Il ne reste plus qu’un coin de la cuisine qui est à peu près intact. Tout le reste a été impeccablement refait.
«Quand nous avons pris notre local, il y a huit ans, s’est-elle récemment remémorée, nous avons pas mal fait avec ce qui était là. Avec un peu de "duck tape", on a fait ce que nous pouvions.»

Marysol Foucault a dû fermer trois semaines. Il était tout simplement impossible de garder ouvert Edgar, son établissement de la rue Bégin, dans le quartier Val-Tétreault à Gatineau.

Il est toujours aussi bien caché. Elle est d’ailleurs l’une des premières raisons qui font que tant de citoyens d’Ottawa explorent ce quartier résidentiel du secteur Hull. Tous les samedis et dimanches, ils font la queue le matin pour déguster ses délicieux brunchs qui ont fait sa renommée dès le premier jour. Oui oui, dès le premier jour! Après une semaine, c’était la folie! Et cela n’a jamais dérougi.

Marysol Foucault espérait tenir un petit bistro qu’elle pourrait diriger toute seule, ou avec un ou deux aides. Elle a immédiatement été submergée et a dû faire appel à ses amis et ses proches pour répondre à la demande. Elle n’était ouverte que pour le midi, et offrait des repas à apporter à la maison. Elle compte maintenant sur une équipe d’une quinzaine de personnes.

Et pourtant, elle a toujours gardé le même horaire, et prévoit le maintenir pour le moment. Ses heures d’ouverture sont toujours identiques, de 10 h à 18 h 30. 

La réfection d’Edgar a failli la déborder tellement le dossier était complexe.

«En Gérald Tessier, j’ai au moins pu compter sur un contremaître qui comprenait ce que je voulais faire, a confié la chef Foucault. Il était un client de la maison et m’avait dit que si j’avais besoin d’aide, un jour...»

Et comment ! Les contrats s’accumulaient, 25 000 $ d’un côté, 35 000 $ de l’autre, Marysol Foucault a fini par dépenser de l’argent qu’elle ne savait même pas qu’elle avait. Environ 175 000 $ tout bien compté, dont 66 000 $ issus d’une campagne de socio-financement sur IndieGogo. Une bonne idée ? Pas vraiment ! Les gens qui avaient investi rappelaient n’importe quand, sans se rappeler ce qu’ils avaient précisément acheté. Là, ils téléphonent pour demander quand est le cours privé qu’ils ont acquis, ou le repas à la maison pour 10 personnes. 

L’important, c’est de savoir que tout est terminé maintenant. 

Edgar est ouvert, réjouissez-vous!