Marketing ou altruisme?

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Indispensable levier du développement social, humanitaire et économique, la philanthropie se diversifie de plus en plus en pratiques novatrices comme le don en argent, l’engagement bénévole, l’aide directe, l’entraide et l’engagement citoyen.

Plusieurs entrepreneurs font presqu’exclusivement de la mise en marché et du développement de leur image corporative en basant leurs décisions philanthropiques sur la capacité de rejoindre davantage leur clientèle cible. Mais ces entreprises ne peuvent pas tout avoir : le retour d’impôt associé aux dons et la visibilité qu’une commandite peut leur donner.

D’autres entreprises se transforment en alliés communautaires car leurs motifs premiers sont l’altruisme et la générosité. Ces deux types d'apport financier sont essentiels pour soutenir les organismes qui répondent aux vrais besoins des citoyens.

Collaborer plutôt que payer

L’époque où une entreprise offrait uniquement un chèque à un organisme de bienfaisance semble révolue. On constate que de plus en plus d’entreprises s’y prennent autrement. Elles réinventent la philanthropie à un moment où l’apport financier des gouvernements se transforme.

En retour d’une commandite, les entreprises veulent avoir une approche personnalisée. Elles se concurrencent afin de recevoir une visibilité plus grande selon leur investissement. Toutefois, il y a quelques mois, le Cercle des Sophie proposait à des centaines de professionnelles et de femmes d’affaires une nouvelle approche ancrée dans la solidarité. Quelle que soit leur contribution, toutes les entreprises recevaient les mêmes avantages et la même visibilité. 

Ce genre de philanthropie fait en sorte que tout le monde gagne : l’organisme de bienfaisance, l’entreprise et, en bout de ligne, la collectivité.

Une culture à développer 

Le bénévolat, l’aide directe ou l’entraide sont espérés car ils fournissent une expertise essentielle que plusieurs organismes n’ont pas les moyens de s’offrir. La mobilisation des employés par le truchement de la responsabilisation sociale peut parfois avoir plus d’impact qu’une contribution financière. Certaines entreprises innovent et acceptent que leurs employés fassent du bénévolat. Elles comptabilisent leurs heures de bénévolat et jumelleront parfois cette implication en capital humain en une contribution en capital financier. Le retour sur cet investissement en capital humain est important car il solidifie les liens entre les employés, valorise leurs compétences et apporte un sentiment d’utilité à la société. Ces employés retournent au travail enrichis d’expériences significatives améliorant très souvent leurs performances.

Pour faire une différence

Les entreprises doivent investir non seulement dans leur image mais solidairement dans une cause. Il n’est plus seulement question de rentabiliser leur commandite, c’est surtout un geste humain entre des gens qui ont des ressources et d’autres gens qui s’activent pour répondre aux besoins de la communauté. Rappelons-nous que la philanthropie est complémentaire à l’investissement public et qu’elle est plus que jamais une nécessité.

Ethel Côté est présidente de MécènESS & Institut social.