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Restos et succès à la même table

Il ne connaissait pratiquement rien à la restauration. Elle n’avait jamais eu d’entreprises. Ensemble, ils ont bâti deux restaurants qui carburent, dans un environnement d'affaires difficile.

Joe Rego et Isabelle Lacroix ont d’abord acheté le resto-bar Le Quai St-Raymond en 2009. Le monde sortait d’une grave crise financière, le couple n’avait pas d’expérience en gestion. N’empêche, le chiffre d’affaires du restaurant grimpe d’environ 10% par année depuis. Rebelote quatre ans plus tard : le couple achète Le Cellier, dans le Vieux-Hull, rue St-Jacques. Une adresse qui avait jadis été occupée par le Jean-Sébatien Bar. «Vous êtes suicidaires» leur a dit leur entourage. Plusieurs restaurateurs avaient mangé leur pain noir à cet endroit.

Depuis, la cuisine ne dérougit pas. «Le succès est arrivé bang, bang, bang. On a désormais sept cuisiniers permanents, on est obligés de former le personnel nous-même. On est rendus 25 employés au Cellier», raconte Isabelle Lacroix.

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Votre avis sur la croissance

Le Droit Affaires et la Banque Nationale ont réalisé un sondage auprès de 183 dirigeants d’entreprises pour connaître l’opinion des entrepreneurs de Gatineau-Ottawa. Ce mois-ci, nous nous sommes penchés sur la question de la croissance. Le président de Segma Recherche, Raynald Harvey, commente les perspectives des entrepreneurs de la région.

Au cours des prochains 12 mois, vous prévoyez que votre entreprise...

Plus de la moitié (54,4%) des entrepreneurs sondés prévoient une croissance modérée ou forte de leur entreprise au cours de 12 prochains mois. Cet optimisme est plus accentué chez les entrepreneurs du côté d’Ottawa.

«Les petites entreprises comptant entre un et cinq employés sont les moins optimistes quant à leurs perspectives de croissance pour la prochaine année», constate M. Harvey.

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Une histoire d'eau courante

Si Valecraft Homes, l’un des plus importants constructeurs domiciliaires à Ottawa et dans l’est ontarien, existe aujourd’hui, c’est bien parce que l’eau courante était inexistante dans la maison familiale de son président-fondateur, Jean-Guy Rivard.

Celui qui soufflera 81 chandelles en décembre se souvient bien de sa jeunesse passée à Treadwell, une petite communauté francophone sise à une cinquantaine de minutes à l’est d’Ottawa. Ce qui le marquera par-dessus tout, c’est l’absence d’eau courante dans la maisonnée. «Lorsque j’ai décidé de devenir plombier, j’ai dit à mon père qu’il ne manquerait jamais d’eau courante chez moi», d’insister ce fils de fromager que rien ne destinait à oeuvrer dans le milieu des affaires.

Cinquième d’une famille de sept enfants et père de trois filles, Jean-Guy Rivard, qui se définit lui-même comme un «self-made-man», suivra un parcours pour le moins inusité.  Et si l’aventure de Valecraft Homes a débuté en juin 1982 — l’entreprise fête ses 35 ans d’existence cette année — c’est à titre d’apprenti-mécanicien que Jean-Guy Rivard fait ses premiers pas dans le monde du travail, coin Rideau et Cumberland.

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Un espoir 
devenu réussite

Un jour, Amal Lakhssassi, hygiéniste dentaire, demande un congé de deux semaines pour se rendre au Maroc, son pays d’origine. Bien sûr, qu’on lui répond, mais elle doit elle-même se trouver une remplaçante. Un défi qui l’a menée, en 2011, à fonder l’Agence dentaire de l’Outaouais, spécialisée en services de placement et de formation continue. Parcours d’une femme qui voit toujours plus grand.

Environ 5 000 hygiénistes dentaires pratiquent au Québec, dont 98 % sont des femmes et 2 %, des hommes. Avec un taux de placement de 100 %, il est difficile de s’absenter pour ces employés qui ont leur propre clientèle. À défaut d’être remplacé, on ne peut être détaché de son horaire sans devoir reporter ou annuler les rendez-vous des patients.

«J’ai immédiatement compris qu’il y avait un besoin pressant pour une agence de placement, explique Amal Lakhssassi. Plusieurs d’entre nous avons des enfants et lorsque survient un appel urgent de la garderie ou de l’école, nous pouvons difficilement nous libérer.»

Elle se dirige donc au Carrefour jeunesse emploi de l’Outaouais et à Compétences Outaouais pour monter un plan d’affaires. Elle y trouvera soutien, encouragements et conseils du réputé stratège marketing et gestionnaire de projet, Reda Bensouda, et de sa conjointe Audrey, qui elle, veillera à la création des outils de communication.

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Le pouvoir des poignées 
de main

Le troisième mercredi de janvier revêt toujours un aspect particulièrement festif pour les entrepreneurs de la région de la capitale nationale. En fait, on pourrait même avancer qu’il s’agit là du Premier de l'an des gens d’affaires d’ici.

Lors de cette soirée particulière, près de 1000 entrepreneurs, professionnels et travailleurs autonomes se rencontrent dans la Grande Galerie du Musée canadien de l’histoire, pour un 5 à 7 de réseautage intense. 

En fait, le grand manitou de cet happening, Martin Caron, président d’Eskalad Stratégie Marketing, considère l’événement du 17 janvier prochain comme étant la plus grosse rencontre de réseautage d’affaires au Québec. 

Durant près de trois heures, des cadres d’entreprises et d’associations d’affaires et des recruteurs de contacts d’affaires de tous genres se côtoient dans une ambiance conviviale et décontractée. Pas de discours, pas de lignes de conduite, que le pouvoir des mots, des sourires, des poignées de main et l'échange de cartes d'affaires.

Seule une équipe de «maîtres réseauteurs» clairement identifiés s’occupe d’accueillir les nouveaux «réseauteurs», afin de bien comprendre ce qu’ils cherchent, de briser la glace pour eux et de leur présenter les personnes-ressources adéquates. Car, confie Martin Caron, près de 30% des visiteurs du 5 à 7 annuel du Rapprochement des associations sont des entrepreneurs qui en sont à leur première expérience de réseautage.

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Une coopérative en mission

À des milliers de kilomètres des plantations de sucre et de cacao, la coopérative ottavienne La Siembra, nom espagnol qui signifie l’ensemencement, cultive le commerce équitable et biologique. En 2016-17 seulement, c’est 1000 tonnes de marchandise responsable qui ont transigé par les mailles commerciales de cette entreprise pionnière en Amérique du Nord avec l’importation de cacao et de sucre certifiés en provenance de l’hémisphère sud.

« Nous sommes dûment investis au quotidien, notamment par quatre principes phares qui guident les relations, ainsi que les actions de la Siembra », raconte d’entrée de jeu la directrice générale de cette coopérative, Kelly Storie. Ces principes qui guident la mission de l’organisation reposent sur les efforts destinés à la durabilité, à l’équité, au bousculement graduel des techniques agroalimentaires conventionnelles et surtout à l’utilisation de pratiques hautement démocratiques.

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Avoir sa part du gâteau

S’il est une tâche quotidienne qui commande les efforts de cette entreprise coopérative, c’est bien celle de voir à la popularisation des produits auprès des consommateurs. «Nos secteurs névralgiques d’activités au Canada sont la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec, détaille la chargée des communications de La Siembra, Mélanie Broquet. Nos produits de la gamme Camino, entre autres, trouvent preneurs auprès de grandes chaînes commerciales, mais la concurrence reste très forte».

La partie n’est pas toujours facile. Les grandes entreprises accentuent la pression, notamment en achetant de petits joueurs équitables ou en façonnant des standards de certification maison. Stratégique, La Siembra varie son offre en proposant des produits en vrac. Son rôle de distributeur de sucre auprès de compagnies alimentaire au pays, par exemple pour du Kombucha, permet également une certaine diversification.

«La Coopérative a adopté une technique publicitaire d’après ses moyens, sans axer sur des campagnes de marketing à grande échelle », explique Mme Broquet. Puisque notre mission est d’éduquer notre clientèle de l’ensemble de l’œuvre entourant le produit, en plus de son bon goût, nous préconisons l’approche de vente directe. Les ventes personnalisées de la gamme forgent des opinions permanentes et conscientisées envers le marché équitable». Cette caractéristique de la vente du concept, en plus du produit comme tel, forme des influenceurs. À preuve, les volumes écoulés sont en croissance constante depuis les dernières années.

Pour répondre à cette progression, La Siembra compte d’ailleurs quitter bientôt ses vétustes locaux de la rue Florence pour occuper un espace plus vaste  acquis au début de l’été. 

Des millions équitables

Les achats équitables projetés de la coopérative sur le marché international sont estimés à 7.5 millions $ pour 2017-18. La chaîne d’approvisionnement de La Siembra englobe 16 regroupements de coopératives, comportant au total 38 407 fermes familiales. En décomposant davantage cette structure, on distingue certaines formations par région, entre autres NORANDINO au Paraguay. Il s’agit d’un regroupement de 4 790 producteurs locaux qui œuvrent principalement pour l’apport en sucre. On peut également s’attarder à l’exemple de CONACADO, en République Dominicaine, avec ses 10 000 entités locales, s’activant davantage autour de la fève de cacao.

Ces indispensables relations procurent à La Siembra les ingrédients nécessaires afin de commercialiser, par ses installations ontariennes de Mississauga, plusieurs produits bruts ou raffinés. On retrouve notamment la marque Camino et ses tablettes de chocolat, la variété d’ingrédients fins de cuisine, les saveurs de chocolats chauds, en plus des essentiels cafés.

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Marketing ou altruisme?

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Indispensable levier du développement social, humanitaire et économique, la philanthropie se diversifie de plus en plus en pratiques novatrices comme le don en argent, l’engagement bénévole, l’aide directe, l’entraide et l’engagement citoyen.

Plusieurs entrepreneurs font presqu’exclusivement de la mise en marché et du développement de leur image corporative en basant leurs décisions philanthropiques sur la capacité de rejoindre davantage leur clientèle cible. Mais ces entreprises ne peuvent pas tout avoir : le retour d’impôt associé aux dons et la visibilité qu’une commandite peut leur donner.

D’autres entreprises se transforment en alliés communautaires car leurs motifs premiers sont l’altruisme et la générosité. Ces deux types d'apport financier sont essentiels pour soutenir les organismes qui répondent aux vrais besoins des citoyens.

Collaborer plutôt que payer

L’époque où une entreprise offrait uniquement un chèque à un organisme de bienfaisance semble révolue. On constate que de plus en plus d’entreprises s’y prennent autrement. Elles réinventent la philanthropie à un moment où l’apport financier des gouvernements se transforme.

En retour d’une commandite, les entreprises veulent avoir une approche personnalisée. Elles se concurrencent afin de recevoir une visibilité plus grande selon leur investissement. Toutefois, il y a quelques mois, le Cercle des Sophie proposait à des centaines de professionnelles et de femmes d’affaires une nouvelle approche ancrée dans la solidarité. Quelle que soit leur contribution, toutes les entreprises recevaient les mêmes avantages et la même visibilité. 

Ce genre de philanthropie fait en sorte que tout le monde gagne : l’organisme de bienfaisance, l’entreprise et, en bout de ligne, la collectivité.

Une culture à développer 

Le bénévolat, l’aide directe ou l’entraide sont espérés car ils fournissent une expertise essentielle que plusieurs organismes n’ont pas les moyens de s’offrir. La mobilisation des employés par le truchement de la responsabilisation sociale peut parfois avoir plus d’impact qu’une contribution financière. Certaines entreprises innovent et acceptent que leurs employés fassent du bénévolat. Elles comptabilisent leurs heures de bénévolat et jumelleront parfois cette implication en capital humain en une contribution en capital financier. Le retour sur cet investissement en capital humain est important car il solidifie les liens entre les employés, valorise leurs compétences et apporte un sentiment d’utilité à la société. Ces employés retournent au travail enrichis d’expériences significatives améliorant très souvent leurs performances.

Pour faire une différence

Les entreprises doivent investir non seulement dans leur image mais solidairement dans une cause. Il n’est plus seulement question de rentabiliser leur commandite, c’est surtout un geste humain entre des gens qui ont des ressources et d’autres gens qui s’activent pour répondre aux besoins de la communauté. Rappelons-nous que la philanthropie est complémentaire à l’investissement public et qu’elle est plus que jamais une nécessité.

Ethel Côté est présidente de MécènESS & Institut social.

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Intelligence artificielle: secteur effervescent dans la région

Alors que les Google, IBM, Amazon et Facebook - pour ne nommer que ces géants – mènent une véritable course à l’intelligence artificielle (IA), des entreprises d’ici rivalisent d’algorithmes pour créer des technologies autonomes dans les secteurs manufacturiers, de l’automobile, de la comptabilité et autres.

Il n’y a pas de doute, le sujet est dans l’air du temps. La preuve: une centaine de développeurs, dont plusieurs à la tête de «startups» locales, sont réunis par un soir d’octobre au Centre d’innovation d’Ottawa. Au menu, des discussions animées sur l’intelligence artificielle autour de sandwiches, cafés et crudités.

Tous les mois, des rencontres de réseautage de ce type avec panels d’experts ont lieu dans cet édifice du chemin Bayview, situé près des plaines LeBreton, où des mordus d’intelligence artificielle échangent entre eux.

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Classer, identifier, résumer

Depuis bientôt cinq ans, l’entreprise IMRSV Data Labs, située à deux pas du Parlement, s’affaire à développer une technologie d’IA qui permet de classer, d’identifier et de résumer des documents, ainsi que de faire des recherches par mots-clés plus complètes.

«Ce que nous sommes en mesure de faire, c’est de prendre des informations, de les lire, de les comprendre et de vous aider à les organiser de façon automatique», explique le fondateur de l’entreprise, Samuel Witherspoon. 

«Si un de vos collègues vous présente un document ou un rapport et que vous n’avez pas le temps de le consulter, vous pouvez alors en lire le résumé», dit-il. Cette technologie permet aussi aux recruteurs qui reçoivent des centaines de CV, de ne retenir que ceux correspondant au profil d’employés recherchés. 

Détecter les Norbourg et Madoff 

La compagnie MindBridge, située dans l’est d’Ottawa, a pour sa part vu le jour il y a moins de trois ans, avec la création d’une technologie d’IA permettant de détecter les anomalies financières échappant à l’oeil des comptables et des vérificateurs.