Un gros poisson dans un petit océan

On peut dire que dans son domaine, Jean Lafrenière est comme un poisson dans l’eau. De sa campagne de la Vallée-de-la-Gatineau, à Gracefield, celui-ci a récemment célébré, avec sa famille, le premier anniversaire de l’ouverture de son magasin, La Poissonnerie.

L’émotion ressentie par M. Lafrenière lors de cette grande ouverture est toujours palpable lorsqu’il raconte ce moment. Quand il a vu que les clients avaient fait la file pendant des heures pour venir acheter ses produits, il a été comblé.

Il se souvient aussi de ses débuts, lorsqu’il vendait du poisson et des fruits de mer de porte-à-porte, il y a une trentaine d’années. « C’est comme ça que j’ai commencé. Je travaillais pour une compagnie d’Ottawa à ce moment-là. J’avais comme objectif de refaire ma clientèle dans le coin de la Vallée-de-la-Gatineau, parce que je voulais y demeurer. »

Et c’est exactement ce qu’il a fait, mais en s’ajustant aux tendances du jour.

« Ma belle-fille Maxim est arrivée dans l’équipe de La Poissonnerie, et on s’adapte au nouveau marché. C’est formidable de voir une génération qui s’intéresse et qui trouve de nouvelles façons de faire revivre les ventes d’une façon différente. C’est vraiment motivant. »

La fibre entrepreneuriale

M. Lafrenière a eu la piqûre pour le monde des affaires à un jeune âge. Adolescent, il travaillait déjà auprès de son grand-père, propriétaire du magasin général de Gracefield. Il y a même développé sa première entreprise de réparation de bicyclettes. Son père, qui a été maire du village, a mis sur pied le premier festival western de Gracefield, qui avait attiré 100 000 personnes en dix jours.

Lorsque le magasin de son grand-père a fermé ses portes, M. Lafrenière est allé suivre un cours à Montréal pour apprendre à vendre des assurances de porte-à-porte. « C’est ça qui a allumé ma vision de faire du porte-à-porte. »

C’est d’ailleurs en lisant les pages du quotidien Le Droit qu’il a décroché son emploi dans le domaine de la vente personnalisée à domicile de poissons et de fruits de mer.


« « Je suis devenu entrepreneur pour être maître de ma propre destinée, pour être mon propre employeur ». »
Jean Lafrenière
Jean Lafrenière, propriétaire de La Poissonnerie

L’avenir

Lorsqu’il parle des différents projets d’avenir sur lesquels il travaille, les yeux de M. Lafrenière brillent d’enthousiasme.

Il prévoit notamment créer un système de livraison, par l’entremise du commerce en ligne, qui devrait lui permettre d’étendre sa clientèle. « Je pense qu’on a une force particulière par rapport à une entreprise qui a pignon sur rue dans une zone commerciale dans une grosse ville. Donc, si on est vigoureux dans un commerce en ligne, qui d’après moi fait partie de l’avenir, on est compétitif sur le marché. Il s’agit de prendre notre place à l’extérieur et ne pas se laisser prendre notre marché. »

En constatant l’intérêt de la communauté à consommer ses produits, M. Lafrenière a aussi eu l’idée de créer un partenariat avec les autres petites entreprises de la région « pour les faire miroiter aussi, tous ensemble, en s’aidant plus vigoureusement dans la Vallée-de-la-Gatineau. »

Le succès de La Poissonnerie est tel que certains fournisseurs se déplacent dorénavant dans la région, ce qui n’était pas le cas auparavant. Mais, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, souligne M. Lafrenière.

Ce dernier a dû traverser certaines embûches. Il avait déjà démarré son entreprise de poissonnerie, mais il avait dû fermer boutique. « J’ai eu des problèmes. Je me suis enfargé, et je suis retourné sur les planches à dessins. J’ai fait mes devoirs, et je suis revenu avec un nouveau moi. Depuis ce temps-là, ça va bien. Je ne regrette pas ma décision. Je monte les marches une à une. Il faut s’accrocher dans la vie. »

S’il y a bien quelque chose qui a aidé Jean Lafrenière à s’accrocher, c’est sa famille. « Ma femme, mes enfants, mon entourage. Tout le monde m’a appuyé et a mis la main à la pâte. C’est le secret derrière notre devise: De notre famille à votre famille! »