Le Droit AFFAIRES a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter 
ces différents chapeaux.

Conciliation travail-famille: des femmes 
d’affaires font 
le point

La conciliation travail-famille : mythe ou réalité ? Pour en finir avec cette question 
ayant vu le jour à la fin des années 1980, Le Droit AFFAIRES 
a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter ces différents chapeaux.

UN CONJOINT ET UN CHALET


Me Marie-Josée Beaulieu

  • Dirige un réputé cabinet d’avocats en droit du travail à Gatineau.
  • Mère de deux filles de 16 et de 18 ans.
  • Faits inusités : a dû accoucher d’urgence le jour où elle devait entamer un procès et a été retenue à la cour jusqu’à 17 h dans le cadre d’une audience, le jour de la graduation d’une de ses filles au secondaire.
Me Marie-Josée Beaulieu de la firme Lapointe Beaulieu Avocats.

Comment avez-vous vécu l’évolution de la conciliation travail-famille à titre d’avocate ?

« Cela a toujours été clair pour moi que je voulais avoir des enfants. J’étais mariée et j’ai eu mon premier enfant à 29 ans. Ça représentait un défi vraiment énorme. J’avais développé une grosse clientèle en droit du travail, mais j’étais seule et ne pouvais pas me permettre de la laisser en plan pour prendre un congé de maternité. »

Qu’avez-vous fait pour tirer votre épingle du jeu ?

« J’ai pris quelques semaines de congé de maternité. Puis, pendant trois ou quatre mois, je n’allais pas à la cour. J’avais aussi le soutien de ma belle-mère qui gardait durant les journées où j’allais au bureau, soit deux jours par semaine pendant les deux ou trois premiers mois. Alors, j’ai pu réaliser ce tour de force-là et il y a des clients qui n’ont même pas su finalement que j’allais accoucher.  Après mon deuxième accouchement, j’ai aussi pu profiter du soutien de ma belle-mère et comme c’était l’été, j’avais fait en sorte de ne pas avoir de procès jusqu’en septembre. »

Quelle a été la clé pour concilier travail-famille ?

« Le secret, dans mon cas, c’est mon conjoint qui est aussi avocat. C’est un défi, car lui aussi est très occupé. Mais on a toujours eu une entraide exceptionnelle. Quand l’un de nous était pris dans des procès ou des dossiers difficiles, l’autre était là pour prendre la relève. (...) Je dirais que malgré tout, nos enfants ont toujours été la priorité. On était avec eux pour le souper. Au besoin, on apportait du travail à la maison pour en faire un peu plus tard. On avait aussi un chalet, alors on s’isolait avec la famille à tous les week-end. »

Que faites-vous au sein du cabinet pour favoriser cette conciliation travail-famille ?

«Les employés peuvent s’absenter pour assister à n’importe quel événement scolaire ou parascolaire de leurs enfants. L’avantage d’être en pratique privée, c’est qu’à moins d’avoir un procès, on peut essayer parfois d’organiser notre horaire en conséquence.  Aussi, on a dû s’adapter pour garder nos employés face à l’attrait du fédéral. Donc nos adjointes ont une banque de congés de 12 jours qu’elles peuvent prendre pour n’importe quelle raison, pas seulement si elles sont malades. »