La co-fondatrice et PDG de l'agence Pop, Kimberley Biggs

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La conciliation travail-famille : mythe ou réalité ? Pour en finir avec cette question 
ayant vu le jour à la fin des années 1980, Le Droit AFFAIRES 
a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter ces différents chapeaux.

Kimberley Biggs

  • Co-fondatrice et PDG de l’agence Pop, en communications et marketing, à Gatineau.
  • Jeune entrepreneure de l’année aux derniers prix Excelor.
  • 35 ans et mère de deux garçons de 4 ans et de 2 ½ ans.
  • Fait inusité : enceinte de son premier enfant tout en « accouchant » de son entreprise.

Vous êtes devenue enceinte, alors que vous fondiez la même année votre entreprise. Comment avez-vous vécu cette conciliation ?

« J’étais vraiment nerveuse, parce qu’à l’époque je n’avais pas de modèle. Mes parents ne sont pas des entrepreneurs. Je suis une fille positive de nature, mais je me demandais comment j’allais faire. »

Qu’est-ce qui vous a aidée ?

« Mon associée d’affaires France Nadeau, qui est plus âgée que moi et a eu des enfants. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, elle était tellement heureuse. Et je pense que c’est là où ça commence. Quand une jeune entrepreneure annonce ça à ses associés, à son partenaire, à son mari ou à ses employés. C’est la réponse de ces personnes-là qui va influencer beaucoup. »

Quelles mesures concrètes avez-vous prises pour répartir votre temps entre votre rôle de jeune mère et de jeune entrepreneure ?

« J’ai vécu une belle aventure, parce que j’ai inclus mes clients dans mon processus. Je m’organisais pour les voir quand le bébé dormait. Donc mes rencontres avaient lieu entre 10 h et midi et entre 13 h et 15 h. Et j’avais des rencontres deux ou trois fois par semaine durant la première année de naissance. Le reste du temps, je travaillais de la maison. J’ai aussi vécu l’allaitement au bureau.  Maintenant, je ne regarde jamais mon ordinateur ou mon téléphone entre 17 h et 19 h, car c’est du temps avec les enfants. »

 Comment vivez-vous l’évolution de cette conciliation travail-famille ?

« Aujourd’hui, ça va super bien. Ça fait tellement partie de ma culture d’entreprise d’être libre.  Et j’ai une équipe, je ne suis pas seule. Je me suis entourée des bonnes personnes et nous avons les mêmes valeurs. »

En quoi est-ce que cette expérience personnelle vous influence-t-elle à l’égard de vos propres employés ?

« Je suis sensible à ça et si demain une de mes employées tombe enceinte, ma réponse, mon attitude, mon énergie va être très déterminante dans la vie de cette jeune-là.  Elles auront la liberté de ne pas avoir besoin d’une permission quand il y a un problème avec les enfants. Juste ça, ça vaut de l’or. »