Affaires

Anne-Marie Éthier: l’équilibre avant tout

« Les femmes ont fait de grands progrès. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire ». Cette phrase, Anne-Marie Éthier me la répétera à plusieurs reprises pendant l’entrevue. Après avoir passé les 25 dernières années dans le monde des affaires, un milieu longtemps réservé aux hommes, elle sait de quoi elle parle.

Anne-Marie Éthier est comptable. Elle a commencé sa carrière en Haute-Gatineau, à Maniwaki précisément. Elle est maintenant associée chez Deloitte, l’un des plus grands cabinets de services professionnels au Canada avec 9 335 employés.

« Quand j’ai eu mes enfants, à Maniwaki, au début des années 2000, je travaillais dans le privé, au cabinet de mon père. Il n’y avait pas de congé de maternité à l’époque, pas d’assurance-emploi pour les mères. Je suis retournée travailler assez vite. Les femmes ont fait des gains depuis ce temps-là », constate la femme d’affaires. « Mais encore aujourd’hui, ce sont les femmes qui sont responsables de l’agenda familial, les choses n’ont pas beaucoup changé de ce côté », ajoute-t-elle.

Affaires

Budget fédéral 2018 et les entreprises: l’incertitude persiste

Le dernier budget fédéral 2018 a sûrement laissé sur leur faim plusieurs dirigeants d’entreprises qui espéraient des mesures spécifiques pour soutenir l’économie face à l’incertitude créée par les discussions difficiles sur l’ALENA (l’Accord de la libre-échange Canada-États-Unis-Mexique) et les réductions d’impôt des compagnies annoncées récemment par le gouvernement américain.

« L’incertitude, le secteur privé n’aime pas cela. Tant que les négociations sur l’ALENA ne sont pas terminées, elle persistera. Est-ce que le gouvernement aurait pu faire quelque chose dans son budget ? Il est encore tôt pour le savoir. Certains disent oui, d’autres non. Il n’y a pas vraiment de consensus là-dessus », avance la professeure  titulaire à l’École d’études politiques à l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier.

Selon elle, le gouvernement Trudeau n’est pas aussi proche des entreprises que le gouvernement conservateur précédent. Et le budget 2018 en a donné un aperçu.

« Sa vision est distincte, plus près de la classe moyenne. Avant, sous les conservateurs, les entreprises étaient le moteur de l’économie, alors que le discours du gouvernement libéral est que l’économie va aller mieux si les particuliers ont de bons emplois et gagnent plus pour faire progresser l’économie... L’économie va quand même bien. Oui, il y a un déficit, mais on stimule l’économie en regardant à long terme, pas juste cette année. C’est donc normal d’étendre l’effort fiscal. »

Dans l’attente

Le silence total du budget au sujet de l’ALENA et de la réponse du gouvernement canadien face à l’importante réforme de la fiscalité des entreprises américaines pourrait se justifier du côté du gouvernement canadien puisqu’il reste encore de nombreux inconnus sur l’effet néfaste des changements annoncés et à venir.

« Le silence du gouvernement sur ces questions peut se justifier par le fait qu’on ne connaît pas encore l’effet direct des négociations et des changements à la fiscalité des entreprises. Ce sont des questions complexes. Par exemple, il faut reconnaître que la réforme fiscale du côté américain va augmenter la dette, ce qui va aussi amener de l’incertitude, des taux d’intérêt à la hausse et plus d’inflation. Alors qu’ici, la dette, c’est une affaire qui reste gérable. Plusieurs pays envient notre situation », soutient la professeure Tellier.

Le dernier budget canadien du ministre des Finances Bill Morneau, qualifié de féministe, a prévu des mesures pour soutenir les femmes en entreprise, notamment en injectant 1,4 milliards $ sur trois ans pour soutenir la croissance d’entreprises dirigées par des femmes, et en  mettant sur pied un programme en faveur de l’équité salariale pour les entreprises sous juridiction fédérale. Les compagnies qui font des affaires avec le gouvernement fédéral pour des contrats de plus d’un million $ seraient elles aussi touchées puisqu’elles devront y adhérer.

« Ces mesures pour l’équité salariale pourraient avoir une influence sur plusieurs entreprises de la région de la Capitale nationale qui sont sous juridiction fédérale ou qui font des affaires avec le gouvernement fédéral », explique Mme Tellier.

Phénix à la poubelle

Parmi les autres incertitudes qui persistent, il ne faut surtout pas oublier les impacts négatifs sur l’économie régionale des ratés du désormais célèbre système Phénix, qui traite les paies des employés la fonction publique fédérale.

Puisqu’ils restent dans le doute à chaque paie, les employés fédéraux peuvent être frileux à l’idée de dépenser, ce qui a des répercussions sur les commerces et l’économie en général. Maintenant que le gouvernement a décidé de mettre Phénix à la poubelle et de le remplacer par un autre système, il y a peut-être une lueur d’espoir. Mais encore faudra-t-il patienter plusieurs années.

« L’incertitude va arrêter quand on va régler le problème de Phénix. Ce qui est un peu rassurant, c’est que le gouvernement démontre qu’il est conscient des problèmes et qu’il va chercher un autre système. Cela aurait été pire si aucune décision n’avait été prise. Toutefois, on ne connaît pas encore toutes les sommes qui devront être investies et ça risque de prendre plusieurs années », termine la professeure Tellier.

Affaires

Conciliation travail-famille: des femmes 
d’affaires font 
le point

La conciliation travail-famille : mythe ou réalité ? Pour en finir avec cette question 
ayant vu le jour à la fin des années 1980, Le Droit AFFAIRES 
a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter ces différents chapeaux.

UN CONJOINT ET UN CHALET


Me Marie-Josée Beaulieu

  • Dirige un réputé cabinet d’avocats en droit du travail à Gatineau.
  • Mère de deux filles de 16 et de 18 ans.
  • Faits inusités : a dû accoucher d’urgence le jour où elle devait entamer un procès et a été retenue à la cour jusqu’à 17 h dans le cadre d’une audience, le jour de la graduation d’une de ses filles au secondaire.

Affaires

Faire équipe avec son conjoint

La conciliation travail-famille : mythe ou réalité ? Pour en finir avec cette question 
ayant vu le jour à la fin des années 1980, Le Droit AFFAIRES 
a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter ces différents chapeaux.

Chantal Gingras

  • Présidente de Ginsberg Gingras, une firme de syndics autorisés en insolvabilité comptant plusieurs bureaux au Québec et en Ontario, notamment dans la région de la
    Capitale nationale.
  • A succédé à son père en 2013.
  • En couple et mère de deux garçons de 16 et de 18 ans.

Affaires

Des horaires flexibles

La conciliation travail-famille : mythe ou réalité ? Pour en finir avec cette question 
ayant vu le jour à la fin des années 1980, Le Droit AFFAIRES 
a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter ces différents chapeaux.

Pascale Brassard

  • Copropriétaire de Commtech, une entreprise offrant des services informatiques et un centre d’impression.
  • A racheté l’entreprise en 2010 avec son conjoint.
  • Mère de trois enfants de 18, 16 et 13 ans.

Affaires

Choisir ses associés

La conciliation travail-famille : mythe ou réalité ? Pour en finir avec cette question 
ayant vu le jour à la fin des années 1980, Le Droit AFFAIRES 
a sondé quatre mères de famille, des femmes d’affaires et chefs d’entreprise, qui ont dû apprendre à porter ces différents chapeaux.

Kimberley Biggs

  • Co-fondatrice et PDG de l’agence Pop, en communications et marketing, à Gatineau.
  • Jeune entrepreneure de l’année aux derniers prix Excelor.
  • 35 ans et mère de deux garçons de 4 ans et de 2 ½ ans.
  • Fait inusité : enceinte de son premier enfant tout en « accouchant » de son entreprise.

Vous êtes devenue enceinte, alors que vous fondiez la même année votre entreprise. Comment avez-vous vécu cette conciliation ?

« J’étais vraiment nerveuse, parce qu’à l’époque je n’avais pas de modèle. Mes parents ne sont pas des entrepreneurs. Je suis une fille positive de nature, mais je me demandais comment j’allais faire. »

Qu’est-ce qui vous a aidée ?

« Mon associée d’affaires France Nadeau, qui est plus âgée que moi et a eu des enfants. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, elle était tellement heureuse. Et je pense que c’est là où ça commence. Quand une jeune entrepreneure annonce ça à ses associés, à son partenaire, à son mari ou à ses employés. C’est la réponse de ces personnes-là qui va influencer beaucoup. »

Quelles mesures concrètes avez-vous prises pour répartir votre temps entre votre rôle de jeune mère et de jeune entrepreneure ?

« J’ai vécu une belle aventure, parce que j’ai inclus mes clients dans mon processus. Je m’organisais pour les voir quand le bébé dormait. Donc mes rencontres avaient lieu entre 10 h et midi et entre 13 h et 15 h. Et j’avais des rencontres deux ou trois fois par semaine durant la première année de naissance. Le reste du temps, je travaillais de la maison. J’ai aussi vécu l’allaitement au bureau.  Maintenant, je ne regarde jamais mon ordinateur ou mon téléphone entre 17 h et 19 h, car c’est du temps avec les enfants. »

 Comment vivez-vous l’évolution de cette conciliation travail-famille ?

« Aujourd’hui, ça va super bien. Ça fait tellement partie de ma culture d’entreprise d’être libre.  Et j’ai une équipe, je ne suis pas seule. Je me suis entourée des bonnes personnes et nous avons les mêmes valeurs. »

En quoi est-ce que cette expérience personnelle vous influence-t-elle à l’égard de vos propres employés ?

« Je suis sensible à ça et si demain une de mes employées tombe enceinte, ma réponse, mon attitude, mon énergie va être très déterminante dans la vie de cette jeune-là.  Elles auront la liberté de ne pas avoir besoin d’une permission quand il y a un problème avec les enfants. Juste ça, ça vaut de l’or. »

Affaires

Conciliation travail-famille: les entreprises s'adaptent de plus en plus

Si la conciliation travail-famille n’a pas encore atteint son apogée, 
il reste que 80 % 
des entreprises mettent en place des mesures pour la faciliter, d’après une étude de l’Institut de la statistique du Québec.

« Le rapport de l’Institut publié en 2016 présente des résultats encourageants, jusqu’à un certain point, et qui démontrent que les organisations s’investissent de plus en plus dans des mesures au niveau d’horaires flexibles, de congés payés, du télétravail, par exemple », indique le professeur du département des relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais, Éric Gosselin.

Selon lui, l’intérêt pour ce genre de pratiques est appelé à croître au sein des organisations, afin de contrer l’absentéisme, l’augmentation du niveau de stress et l’insatisfaction qu’engendre le conflit travail-famille et ainsi améliorer la rétention des employés.

Affaires

Studio 157: une transition faite en beauté

Où chercher le bien-être pour contrer la fin de l'hiver ? Plonger dans un bain thérapeutique aux huiles essentielles ? Se faire dorloter de la tête aux pieds en toute sérénité ? Somnoler dans un fauteuil vibrant pour une sieste à la mélodie marine ? Dans la famille Charette, on cultive l’hospitalité de mère en filles et cela dure depuis près de 30 ans. Escapade cocooning au Studio 157, un spa familial à la longévité exceptionnelle où il fait toujours bon se ressourcer.

Il ne faut pas se fier à son enseigne, le Studio 157 est situé au 348 de la rue Main, à Gatineau. Il a conservé le numéro de son ancienne adresse mais se tourne résolument vers les soins et traitements en vogue : neurospa, pressothérapie, balnéothérapie, microtolyse, laser... Sur trois étages chaleureuses, on s’adonne à tous ces rituels qui font du bien au corps et au reste, sans délaisser les services de beauté traditionnels ou la coiffure.

« Nous avons été l’un des premiers centres de massothérapie de la région, le précurseur aussi dans l’utilisation d’électrolyse par microscope », présentent fièrement les deux soeurs propriétaires, Paule et Éloise Charette.

Philantropie

Ronald Caza: de la plaidoirie à la philanthropie

Dès le secondaire, Ronald Caza a découvert qu’il aimait aller à la rencontre des gens. Ce plaisir de tisser des liens lui sert grandement aujourd’hui tant pour les affaires que pour le développement de sa communauté. Depuis son entrée au Barreau de la province de l’Ontario en 1989, Me Caza plaide en français et en anglais. L’homme de loi reconnaît la chance qu’il a dans la vie. Et il a choisi d’investir pour avoir de l’impact.

Étrange parfois la philantropie !

Il est intéressant de savoir pourquoi et quand les gens décident de donner. Il est encore plus surprenant de constater qu’il y a des gens bien nantis qui ne donnent pas alors que d’autres, sans les ressources, donnent au-delà de leur capacité.

« La philanthropie n’est pas seulement une question de donner de l’argent, c’est une façon de vivre. J’ai réalisé qu’en investissement mon temps, mon énergie et mon argent dans des projets qui me tiennent à cœur, cela porte fruit, a de l’impact et crée du bonheur dans la société. Je contribue à des causes, mais plus encore, je supporte plusieurs personnes qui mènent des projets d’importance pour la communauté », dit le natif de Chelmsford, non loin de Sudbury.

Philosophie de vie

Me Caza croit que le secret du bonheur est simple. Pour être heureux et rendre d’autres personnes heureuses, il faut s’oublier. Imaginons que chaque personne a un verre à la main et que, pour se rassasier, le pichet d’eau est remplacé par le pichet de bonheur que vous versez dans le verre des autres. Vous éprouverez instantanément un sentiment de bonheur. « On ne peut pas vivre ce sentiment si on ne donne pas. Je me sens bien car je peux contribuer au bonheur ou améliorer la situation de quelqu’un », estime-t-il.

Le plaisir d’investir socialement

Par où commencer, où investir pour faire une différence ? Me Caza invite les entrepreneurs intéressés à faire le saut, à prendre du recul, à regarder autour d’eux, à questionner leur intention première d’investir dans un domaine ou auprès d’organismes de charité. Redonner à un organisme de charité, c’est une façon extraordinaire de remettre à la communauté. Toutefois, il importe de choisir la bonne cause, la cause qui a du sens et qui nous touche vraiment. « Quand vous êtes prêts, rappelez-vous qu’il faut, en plus de donner de l’argent, être là pour partager votre énergie, embrasser la cause et en être fier. Tout le monde devrait adopter et supporter une œuvre. Comme disait Antoine de St-Exupéry, nous devenons responsables de ce que nous apprivoisons. Soyons nombreux à investir de façon responsable pour avoir de l’impact, pour créer plus de bonheur autour de nous. »

Ethel Côté est présidente de MécènESS & Institut social.

Affaires

Prendre le succès en filature

Un proverbe français avance que le secret est l’âme des affaires. S’il y a bien quelqu’un qui a bien saisi cette expression, c’est Ashley Cyr, une enquêtrice privée dans la grande région d’Ottawa. Dans ce créneau assez mystérieux, teinté à l’occasion de scènes hollywoodiennes, la vérité est l’ultime résultat convoité. Portrait d’une entrepreneure pleine d’ambitions qui exploite adroitement la discrétion.

On peut difficilement s’imaginer la quantité de scénarios tumultueux que vivent certains individus. Ashley Cyr en sait quelque chose, elle qui reçoit au moins cinq appels quotidiennement afin que ses services de filatures, de demandes d’informations ou d’investigations spécialisées soient obtenus.

« Il y a en effet une forte demande pour mes services d’enquête , raconte d’entrée de jeu la fondatrice de la firme Private Eye Investigations. « J’ai le devoir de trouver des réponses à des questions souvent très sensibles. Nous devons être très méthodiques, car le ¾ des informations que l’on aura dévoilées à nos clients finiront par servir lors de procédures judiciaires. » 

L’enquêtrice est maintenant reconnue dans son milieu, malgré les stéréotypes propres à ce type d’entreprises. La finaliste aux « Business Women of the Year Awards » en 2016, dans la catégorie entrepreneure émergente, a su faire son bout de chemin dans ce domaine.