La professeure à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier

Un budget passif?

Si la Chambre de commerce de l’Ontario exulte, Geneviève Tellier, professeure à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, estime que certains acteurs économiques resteront sur leur faim.

«On s’attendait à quelque chose de plus sérieux pour les entreprises. Je n’ai pas observé de plan particulier pour les industries au statut plus précaire dans ce contexte économique plutôt incertain ou même d’annonces de vastes chantiers, par exemple pour encourager le développement de l’intelligence artificielle», critique la politologue.

Les impacts de ces nouvelles mesures se feront principalement sentir à long terme en raison de la diminution de la réglementation. Selon elle, le budget fait effectivement état d’une continuité avec les promesses électorales, mais il ne semble pas avoir le pragmatisme nécessaire afin de mousser la création de richesses au sein de la province. «C’est bien beau les slogans, les nouvelles immatriculations et les déréglementations, mais à première vue on semble plutôt dans l’approche passive que proactive.»

Et pour Ottawa?

D’après Geneviève Tellier, il ne faut pas trop s’étonner de ne pas voir apparaître le nom de la Ville d’Ottawa dans le budget, comme ceux des autres municipalités de la province par ailleurs. «Ce gouvernement n’a pas vraiment de plan de développement économique régional. Outre la mention pour le projet du train léger, rien n’est vraiment spécifique à Ottawa. Dans ce document, seule Toronto avec ses multiples infrastructures et le nord de l’Ontario, pour la possible reprise du projet minier nommé Cercle de feu, y sont.»