Marcel Bélanger, vendeur chez Bélanger Chrysler Dodge Jeep Ram à Rockland

Le travail pour carburant [EXIT RETRAITE]

Vendre des voitures est non seulement une passion depuis 56 ans pour l’homme d’affaires franco-ontarien Marcel Bélanger, mais aussi le moteur principal de son existence.

«Je pense tout le temps à la business et à vendre des autos. Moi, ça me prend du public pour parler. Je suis un vendeur-né», lance l’entrepreneur de 77 ans.

Pas question de partir à la retraite pour M. Bélanger qui à tous les jours rentre travailler chez le concessionnaire Bélanger Chrysler Dodge Jeep Ram, détenu par ses fils Luc et Marc, à Rockland, dans l’Est ontarien.

«J’arrive entre 9h et 10h, mais avant ça, je suis allé au restaurent faire du PR (relations publiques, NDLR). Je vais partout en ville, je rencontre les gens et ils savent que je vends des autos et donc à cause de ça, ils viennent au garage», explique le septuagénaire, qui rentre travailler même le samedi, sous l’approbation de sa conjointe Claudette, qui, dit-il, l’appuie à «150 milles à l’heure».

En 1997, alors âgé de 55 ans, un temps où plusieurs commencent à songer à ralentir la cadence, M. Bélanger a plutôt mis le pied sur l’accélérateur. Il a acheté une concession de GM dans le secteur Orléans. L’homme d’affaires avait auparavant été propriétaire de concessions automobiles à Hawkesbury et à Cornwall.

L’entreprise familiale de ce secteur d’Ottawa alors en pleine expansion comptait une centaine d’employés et vendait jusqu’à 1500 voitures par année.

«La passion, c’est de réussir. Premièrement, moi, je veux toujours réussir. Quand j’étais plus jeune, un garage, je n’en avais pas assez et j’en voulais un plus gros. J’en ai acheté cinq dans ma vie. Ça me faisait vendre plus d’autos pour suivre les quotas et m’assurer d’être bon», fait-il valoir.

En 2009, dans la foulée de la crise économique aux États-Unis, les Bélanger ont été contraints de vendre l’entreprise d’Orléans, lorsque le manufacturier GM s’est placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Cette annonce a eu l’effet d’une véritable collision frontale pour M. Bélanger.

«Quand on a fait la transition d’Orléans à Rockland, on a été dix mois sans avoir de concession. Je pensais que j’étais mort. La transaction a pris plus d’un an à se mettre ensemble. Ma vie était bouleversée comme si j’étais fini», confie M. Bélanger.

«En voyant la lueur à l’idée de pouvoir acheter une autre concession, le moteur est reparti. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé sinon»,  poursuit-il.