La fondatrice de Barbara Personnel, Barbara Cloutier

La passion du travail [EXIT RETRAITE]

À la fin du mois, Barbara Cloutier soufflera ses 69 chandelles. L’heure de la retraite n’a pas pour autant sonné pour la femme d’affaires qui agit comme entremetteuse depuis quatre décennies, entre les gens à la recherche d’un emploi et ceux en quête d’employés.

«La passion, elle est toujours là quand je me lève le matin. Je suis contente de venir travailler», lance Mme Cloutier, qui a fondé son agence de placement Barbara Personnel en 1973, à partir du sous-sol de sa mère.

À cette époque, les ordinateurs n’avaient pas encore pris d’assaut le marché du travail. «Je travaillais avec les dossiers sur mes genoux. Ça n’a pas d’allure, quand tu penses à ça», s’exclame-t-elle.

La réputation de l’entreprise en service depuis plusieurs années n’est plus à faire. Elle compte une banque bien garnie de plus de 4400 employés.

«C’est quelque chose que j’ai entrepris il y a 45 ans et j’ai réussi. Plusieurs me disent que c’est mon bébé. Oui, c’est mon bébé. C’est vraiment quelque chose qui a été créé et fondé par moi et c’est encore là aujourd’hui, alors que beaucoup d’agences fondées avant moi et après moi ont fermé leurs portes», formule avec fierté Mme Cloutier.

Il reste qu’à ses débuts, la femme d’affaires a dû se buter à des portes closes, dont celles d’une banque qui lui permettait volontiers de faire un emprunt pour changer d’automobile, mais qui refusait de lui accorder un prêt pour son entreprise.

«Quand je suis allée voir la banque pour avoir de l’argent pour payer nos employés, ils m’ont dit, premièrement, vous êtes une femme, deuxièmement, on ne croit pas en votre industrie et troisièmement, vous ne réussirez pas, déplore Mme Cloutier. Cette même banque existe encore et a tout fait ensuite pour m’avoir comme cliente, mais je leur ai dit qu’ils pouvaient bien rêver», raconte-t-elle.

Véritable passionnée, il n’est pas rare que Mme Cloutier franchisse le pas de la porte de son bureau de Gatineau à 7h, pour n’en repartir que vers les 17h. La patronne a aussi coutume de manger à son pupitre et de trimballer son portable, son cellulaire et son imprimante au chalet ou lors de ses vacances en Floride.

Et la retraite alors? «Pour le moment, je n’ai pas vraiment de plan. Je suis tellement occupée que ce n’est pas quelque chose auquel j’ai le temps de penser. Je me lève le matin, je travaille et je donne mon 150%», affirme Mme Cloutier.

Elle précise que ses deux fils ne sont pas intéressés à prendre la relève de l’entreprise. «Je respecte ça. Je ne suis pas le genre de personne qui va pousser mes enfants à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas», indique-t-elle.

Qui sait, peut-être que ses petits-enfants, qui vont commencer à travailler chez Barbara Personnel cet été, auront la piqûre.