Magazine Affaires

Une femme de tête

Rien, mais vraiment rien ne la destinait au poste qu’elle occupe.

Françoise Gagnon dirige une importante entreprise canadienne du domaine de la sécurité, de la défense et de l’informatique, un monde d’hommes avant tout. Le groupe ADGA fournit des conseils de sécurité à la Défense nationale, à la Marine canadienne, à la Gendarmerie royale du Canada et à Transports Canada depuis plus de 50 ans.

«J’avais une très bonne carapace», raconte, sourire en coin, la directrice générale du groupe ADGA depuis maintenant cinq ans.

Mais il fallait un peu plus qu’une carapace pour gérer des centaines d'employés et faire grimper les revenus de l’entreprise de 50% en l’espace de cinq ans.

Magazine Affaires

Mission femmes pour Françoise Gagnon

«J’ai toujours eu un réseau de femmes autour de moi, mais là, dès mes débuts, je me suis retrouvée seule, partout où j’allais, dans les rencontres ou les conférences», se rappelle Françoise Gagnon.

Pourtant, la sécurité, c’est un domaine excitant et payant, il devrait y avoir plus de femmes qui s’y intéressent, souligne celle qui se qualifie d’anomalie dans le milieu. Elle se fait un point d’honneur d’aider les femmes à intégrer le domaine.

«D’abord, dès qu’il y a un poste à combler, je pose la question: est-ce qu’il y a des femmes sur les rangs? À l’intérieur de la boîte, ADGA offre des cours de littératie financière aux femmes (comment lire un budget, négocier, parler en public…). « J’ai lancé quatre bourses à la Cité collégiale et au collège Algonquin pour encourager les femmes à étudier en sécurité.»

Elle ajoute que la présence de femmes dans une organisation l’aide à mieux performer. « Ça change la dynamique. » Elle s’est même fixé comme objectif d’obtenir dans son entreprise la parité homme-femme dans les postes de direction, ce qui serait une première dans le domaine de la défense. ADGA compte maintenant 800 employés au pays.

En l’espace de cinq ans, a bel et bien pris les commandes du navire familial, l’a conduit dans de nouvelles eaux et vise rien de moins que de devenir le principal fournisseur canadien de solutions technologiques en défense et en sécurité d’entreprise. Le Réseau canadien des femmes exécutives l’a d’ailleurs nommé parmi les 100 femmes les plus influentes au pays en 2018.

Quand elle n’est pas au bureau à discuter contrats et finances, Mme Gagnon aime s’évader quelques jours en voyage, cuisiner et s’occuper de ses deux chiens. Elle ne voit pas le jour où elle quittera ses fonctions. Pour l’instant, un seul de ses fils travaille pour la compagnie et il est trop tôt, dit-elle, pour parler de relève familiale, bien que l’idée lui plaise assurément.

Contenu commandité

Intégration des employés : Faites-vous ces 3 erreurs ?

Pourquoi l’intégration est-elle si importante? Parce qu’un nouvel employé sur cinq démissionne dans les 45 premiers jours¹, raison pour laquelle il est essentiel de disposer d’un programme d’intégration de qualité. Les employés qui suivent un programme d’intégration structuré ont 69% plus de chances de rester 3 ans ou plus dans l’entreprise². Voici trois erreurs à éviter.

1. Être absent

À titre de responsable de l’embauche d’un nouvel employé, assurez-vous d’être présent les jours suivants son arrivée. Vous êtes sa première référence et il doit pouvoir compter sur vous pour les questions d’horaire de travail, de responsabilités, des attentes, de la formation et de détails aussi simples que l’usage de la cuisinette. Si vous devez vous absenter, prévoyez la présence d’une personne (motivée!) responsable de faciliter son intégration et qui peut diriger le nouvel arrivant vers les différents services de l’entreprise. Prévoyez un suivi hebdomadaire pour quelques semaines.


2. Ne pas en parler

Pourquoi prévenir vos employés de l’arrivée du nouveau venu? Parce que ce sont eux qui auront à le côtoyer sur une base quotidienne et qui favoriseront une meilleure intégration. De plus, la première journée au travail vous offre l’occasion de le présenter officiellement à tous ses collègues et d’expliquer le rôle du nouveau venu dans l’entreprise, son expertise et la contribution attendue. Ce faisant, vous évitez de créer de l’anxiété chez vos subordonnés moins sécures. Enfin, annoncer à l’avance l’arrivée du nouvel employé sera perçu comme une preuve de transparence de votre part. 


3. Être brouillon

Donner un mandat précis à votre nouvelle recrue, avec suivi et rencontre hebdomadaire pour faire un bilan, montrera un bon sens de l’organisation de votre part. Assurez-vous que le nouvel employé a une bonne compréhension de sa tâche et de vos attentes à son endroit. Vous avez aussi la responsabilité de faire en sorte que le travail effectué soit conforme à ce qui a été affiché et discuté lors de l’entretien d’embauche. Évitez de laisser des questions en suspens, comme les vacances, le salaire, les avantages sociaux ou la permanence; ou alors, fixez un échéancier.

¹SHRM, Reducing New Employee Turnover Among Emerging Adults 

²BambooHR, What People Really Want from Onboarding


Magazine Affaires

La performance des entreprises sous la loupe d’ID Gatineau

La troisième enquête pilotée par ID Gatineau sur la performance des entreprises gatinoises révèle une augmentation des ventes et davantage d’emplois créés en 2018. L’exercice printanier s’avère un outil d’analyse supplémentaire pour l’organisme de développement économique, lui permettant de mieux répondre à la question essentielle: est-ce que les entreprises régionales connaissent santé et croissance?

Pour poser son diagnostic, l’équipe d’ID Gatineau a retenu comme groupe témoin 126 entreprises qu'elle accompagne dans sa mission de développement commercial.

Boom des ventes et le cas d’un champion

Le premier fait saillant de l’enquête est sans l’ombre d’un doute l’augmentation nette des ventes de 25,5 millions $, en hausse de 7,2 % comparativement à 2017, hissant le grand total des ventes à 382,4 millions $.

Cette croissance a été très largement générée par les entreprises dites « locomotives » des secteurs manufacturiers et de service. L’enquête révèle aussi que le territoire du secteur Gatineau, qui ne regroupe que 43% des entreprises sondées, contribue à la hauteur de 56% à cette l'augmentation des ventes de 25,5 millions $.

Bien installé sur la rue Saint-Louis, Distribution Mega Aluminium est l’une de ces locomotives accompagnées par ID Gatineau. «Ça fait maintenant trois ans qu’on collabore. Je savais que j’aurais besoin de conseils sur quelques aspects afin de grandir. Ils m’ont été d’une aide précieuse, surtout pour la formation de la main-d’œuvre et avec tout le volet technologique», témoigne le président de l’entreprise, Mario Garand.

Ce dernier voyait grand pour 2018. Il visait faire croître son chiffre d’affaires de 20%. «C’était notre projection en début d’année, lorsqu’on s’affairait à justifier du financement. Au bout du compte, on a atteint les 32% de progression», se félicite Mario Garand.

Cette performance a été rendue possible grâce à quelques acquisitions bien ciblées. «On a triplé notre espace de travail avec l’achat du bâtiment où l’on opère et on s’est procuré une deuxième plieuse. Avec ces ajouts, on est maintenant capable de fournir des entreprises comme Toitures Raymond, qui auparavant devaient traverser la rivière pour s’approvisionner», explique l’entrepreneur. 

Création d’emplois et le cas d’un champion

Le spectre de la pénurie de main-d’œuvre qui menace plusieurs secteurs industriels n’a pas empêché plus de la moitié des entreprises sondées par ID Gatineau d’embaucher de nouvelles recrues, portant à 2474 le nombre de travailleurs et de travailleuses liés aux entreprises sondées, un bond de 10% par rapport à 2017.

Vitrerie Vision 2000, elle aussi établie dans le secteur Gatineau, figure au palmarès des entreprises performantes. C’est en 2015 que son président Mario Boudreault entame sa relation avec ID Gatineau.

«ID Gatineau nous a proposé quelques produits afin de mieux nous développer au fil du temps. Combiné à une gestion administrative solide à l’interne, nous comptons maintenant 70 employés, comparativement à une quarantaine il y a une année à peine», fait-il fièrement valoir. L’exploit est d’autant plus impressionnant puisque les besoins en main-d’oeuvre sont criants au sein de l’industrie de la construction.

Mario Boudreault croit que les entrepreneurs sont bien souvent submergés par leurs tâches quotidiennes et peinent à connaître ce qui existe comme solutions. D’après lui, elles peuvent être trouvées grâce aux connaissances d’ID Gatineau: «J’ai le sentiment qu’ils sont là pour l’entreprise, qu’ils jouent un bon rôle», confie-t-il.

Au-delà des résultats quantitatifs de l’enquête, la santé des entreprises se reflète également par l’ambiance commerciale au sein de la région, estime le directeur d’ID Gatineau, Jean Lepage. «Les investissements, les ventes et les emplois sont portés par de bonnes performances, mais ce qu’il faut aussi considérer, c’est que le climat d’affaires s’améliore grandement et rend les gens fiers ici à Gatineau. C’est assez phénoménal ce que nos entreprises peuvent faire. Ce n’est pas l’ambition qui manque et ça, c’est un très bel indicateur de performance», conclut-il.

Magazine Affaires

Dossier «Exit la retraite»: Travailler pour ne pas mourir

Pendant que certains rêvent toujours à la «Liberté 55», d’autres refusent d’envisager leurs vieux jours en dehors du boulot. Lorsque le train de la retraite est passé, ils l’ont laissé filer sans même hésiter. Matin après matin, décennie après décennie, ils prennent le chemin du bureau sans trop se laisser freiner par les pépins de santé qui, passé les 70, 80 et même 90 ans, font partie du quotidien. Le Droit AFFAIRES s’est entretenu avec ces travailleurs infatigables de la région, hommes et femmes, pour découvrir ce qui les motive à rester dans la parade.

À l’heure où le carrosse de Cendrillon menace de se transformer en citrouille, Raymond Cyr enfile ses souliers, impatient d’aller travailler.

«Je vais mourir ici», lance sans ambages le président-directeur général d’Expographiq, lorsque rencontré dans les locaux de la firme gatinoise où, du lundi au vendredi, il empile des journées de 12 heures de boulot.

«Moi, je vis pour travailler et je dors pour me reposer pour aller travailler», poursuit l’homme qui vient de souffler ses 91 chandelles.

Il faut dire que le père de M. Cyr est décédé un an après avoir pris sa retraite, à l’âge de 84 ans.

«La morale de mon histoire, c’est n'arrête pas de travailler, sinon tu vas mourir», insiste M. Cyr qui soutient n’avoir pris qu’une seule semaine de vacances, à l’occasion de son voyage de noces en 1948.

Ses cinq enfants sont pour leur part tous retraités. «Ils me disent: Papa, tu es heureux, alors continue comme ça.»

Lorsque M. Cyr s’est joint à l’équipe d’Expographiq en 1985, il avait déjà travaillé 40 années chez Allied Papers, où il était responsable d’une usine d’une centaine de personnes à Toronto.

Sa venue au sein de l’entreprise gatinoise, qui offre des services dans le domaine des musées, des expositions, de la conception sur mesure et du marketing 3D, est ainsi devenu son «projet de retraite» et sa «seconde famille».

Le patron arpente d’un pas dynamique les longs corridors de l’entrepôt et salue au passage les employés par leur prénom, les questionnant sur l’avancée des projets en cours.

À l’heure où la plupart des fonctionnaires quittent le bureau, M. Cyr entre dans les bras de Morphée. Puis, hiver comme été, sur les douze coups de minuit, l’oiseau de nuit sort de sa tanière, prenant le chemin du bureau du secteur Hull, depuis Rockland, dans l’Est ontarien, à bord de sa voiture.

Si M. Cyr est maintenant passé maître dans l’art de naviguer sur la toile, tel n’a pas toujours été le cas. Les ordinateurs et autres technologies n’existaient pas à sa naissance et les chevaux faisaient encore partie du paysage urbain du secteur Vanier, à Ottawa, où il a grandi.

«En 1928, il n’y avait pas d’ordinateur. Il n’y avait rien. Je suis très curieux et j’aime ça apprendre», fait valoir le nonagénaire.

Magazine Affaires

Pilon pour la vie! [EXIT RETRAITE]

Depuis maintenant 77 ans, Roland Lavoie est marié à Pilon Ltée, qui lui a permis de décrocher son premier boulot à l’adolescence, avant de gravir les échelons jusqu’au sommet, d’où il tient les rênes de l’entreprise depuis quatre décennies.

«Pilon me tient en vie et ma femme aussi», soutient l’homme d’affaires aguerri de 94 ans, pour qui le mot «retraite» ne fait pas partie de son vocabulaire.

«Qu’est-ce que je ferais ici, à attendre quoi? Attendre la fin du monde? À 94 ans, tu n’as pas grand temps à aller. Tu le sais ça», poursuit l’entrepreneur nonagénaire, sous le ton de la confidence.

M. Lavoie ne s’en cache pas, il n’a d’yeux que pour sa femme Lorette, avec qui il a eu sept enfants, ainsi que pour l’entreprise spécialisée dans la vente de bois, de matériaux de construction, de revêtements extérieurs et de maçonnerie.

«Ça représente toute ma vie, s’exclame-t-il. Tu te réveilles en pensant à Pilon. Tu ne penses pas à autres choses. Et tu ne sais pas si tu vas penser à Pilon demain matin», dit-il avec un réalisme désarmant.

Tous les jours, le propriétaire de l’entreprise gatinoise plus que centenaire veille à assurer la pérennité de cette institution fondée en 1898 par Joseph Pilon. C’est en 1976 que M. Lavoie en est devenu le président-directeur général et actionnaire principal, soit bien après avoir fait ses premières armes à 16 ans comme commis. À l’époque, il avait été embauché à 12,5 cents l’heure, alors que les autres employés étaient payés à un taux horaire de 25 cents.

«Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir commencé au bas de l’échelle, lance-t-il sans hésiter. Ce n’était pas un échec.»

Ce qui fait aussi la fierté de M. Lavoie, c’est notamment le fait que l’entreprise du boulevard Montclair compte maintenant plus de 80 employés, 17 véhicules et six camions-girafes et plus de 10 000 produits en inventaire. Les choses ont bien changé depuis ses débuts, où les chevaux étaient utilisés pour le transport, alors que la comptabilité se faisait au crayon et où Pilon Ltée comptait un moulin à scie.

Depuis seulement deux ans, le président de Pilon Ltée a toutefois commencé à travailler de la maison, en restant quotidiennement en contact avec son directeur général et homme de confiance, Stéphane Nadon.

«M. Lavoie me donne carte blanche, mais toutes les décisions d’affaires passent par lui», explique M. Nadon.

Tous les jours, vers 13h, les deux hommes se parlent au téléphone et, chaque vendredi, M. Nadon se rend au domicile du président pour lui faire une mise à jour des chiffres, des marges de profit et de l’inventaire.

«Ensemble, on passe en revue les ventes et les comptes recevables, explique M. Lavoie. C’est ça le plus important, car si tu ne collectes pas, tu ne payes pas et donc tu es saisi. On a toujours vécu selon nos moyens», fait valoir l’homme d’affaires.

Magazine Affaires

Une longue histoire d’amour sertie de diamants [EXIT RETRAITE]

En 47 ans de carrière, Louise Cormier a vu défiler bien des pierres précieuses et des contes de fée à sa bijouterie Richer & Snow, dans le secteur Hull à Gatineau.

«Je suis probablement rendue à servir la quatrième génération. C’est très spécial pour moi. Il y a des gens qui viennent et reviennent et me disent ma grand-mère m’a dit de venir te voir», affirme-t-elle.

«Ça me fait tellement chaud au cœur, poursuit-elle. Souvent, moi je dis qu’en bijouterie, on ne vend pas des bijoux. On vend des émotions et on vend des souvenirs. La première bague de mariage, la première bague d’amitié, la première bague de famille», évoque la femme d’affaires de 63 ans.

La gemmologue de formation a commencé à travailler à la bijouterie en 1973, avant d’en devenir la copropriétaire, il y a 34 ans, avec sa sœur aînée Claudette Cormier, 75 ans.

«Ma sœur a toujours été ma partenaire silencieuse. Elle a été infirmière toute sa vie et à sa retraite, elle est venue me donner un coup de main, explique-t-elle. Claudette travaille encore à la bijouterie et vient faire les heures que je ne veux plus faire, les jeudis et les vendredi soirs, et me remplace quand je suis en vacances», poursuit-elle.

Après toutes ces années à desservir la clientèle, Louise Cormier soutient avoir encore la passion du métier. Elle s’accommode bien d’un horaire calqué sur celui de la fonction publique, qui encercle de ses tours de béton son commerce de la promenade du Portage.

«Ça me permet d’avoir une qualité de vie», lance-t-elle, précisant travailler beaucoup durant le temps des Fêtes et jouer beaucoup au golf durant l’été.

La propriétaire de la bijouterie explique aussi compter sur le soutien d’une bonne équipe, ce qui, dit-elle, constitue le «nerf de la guerre» pour continuer à travailler.

La retraite, Mme Cormier y pense tout de même « tranquillement pas vite ». «Tant que je vais avoir l’équipe que j’ai, ça me permet de continuer. Alors, je verrai tout simplement. J’aime encore ce que je fais. La vie va se charger de m’indiquer où je m’en vais d’un côté ou de l’autre», philosophe-t-elle.

Il reste que revendre une bijouterie est devenu complexe, puisque les banques ne prêtent plus pour de l’inventaire, ce qui signifie que le propriétaire doit financer sa relève ou encore fermer ses portes.

Magazine Affaires

Chef un jour, chef toujours [EXIT RETRAITE]

Même si cela fait 43 ans que le chef Guy Mervelet mitonne des petits plats pour les habitués du Pied de cochon, le propriétaire du célèbre établissement gatinois de la rue Montcalm n’envisage pas pour autant rendre son tablier.

«Ça me tient occupé et ça m’évite de penser à du négatif. Je suis obligé de me concentrer à ce que j’ai à faire et ça me plaît», affirme l’homme de 74 ans, qui constate que plusieurs de ses amis se sont éteints après avoir pris leur retraite.

«Je ne parle pas d’une ou deux personnes, mais de 7-8 personnes. C’est peut-être la lassitude de la vie. À un certain âge, ce n’est pas toujours facile surtout quand on se retrouve tout seul», croit-il.

La passion de cuisiner, M. Mervelet soutient l’avoir toujours, même s’il dit ne plus avoir la même énergie qu’avant. Cela n’empêche pas pour autant le chef de rentrer à 7 h tous les jours au restaurant, où il s’affaire seul à cuisiner à son fourneau avant l’arrivée de ses employés.

«Je fais tout ce qui prend du temps et qu’on ne peut faire quand on est occupé dans notre service. Je ne voudrais pas que la relève soit prise avec des corvées. Je fais la soupe et les sauces de base. Ce sont des choses répétitives et c’est un peu fatigant à la longue», explique-t-il.

D’ailleurs, à l’arrivée du magazine Le Droit AFFAIRES le matin, des pâtes feuilletées dorées venaient d’être retirées du four et leur riche odeur embaumait les lieux.

M. Mervelet reste en cuisine jusqu’à 14 h, alors que les plus jeunes qu’il a formés prennent la relève pour le service du soir. Il y a encore deux ans, le propriétaire du Pied de cochon restait aussi pour le service du soir.

«Donc pour moi, travailler le matin, c’est comme une vacance», lance-t-il.

Il reste que le monde de la restauration a beaucoup changé au fil des décennies, de l’avis de M. Mervelet, qui a été formé à l’ancienne.

«Avant, on ne permettait pas à un jeune de 23-25 ans d’être chef ou sous-chef cuisinier. Il fallait qu’il ait 20 ans d’expérience pour arriver à ce niveau-là. C’est vrai que l’expérience, c’est un peu comme la nature. Un arbre qui pousse trop vite, il n’est pas si solide que ça. En cuisine, c’est la même chose si les bases n’ont pas été faites de la bonne manière, à un moment donné on va le ressentir», soutient-il.

Le chef constate que les nouvelles générations de cuisiniers sont beaucoup influencées par l’Internet et la télé-réalité.

«Je compare ça à des artistes-peintres. Que Picasso fasse des gribouillis sur une toile, c’est Picasso. Mais qu’un cuisinier fasse des gribouillis dans l’assiette, ce n’est pas Picasso. Alors parfois le résultat n’est pas évident», termine-t-il.

Magazine Affaires

Le travail pour carburant [EXIT RETRAITE]

Vendre des voitures est non seulement une passion depuis 56 ans pour l’homme d’affaires franco-ontarien Marcel Bélanger, mais aussi le moteur principal de son existence.

«Je pense tout le temps à la business et à vendre des autos. Moi, ça me prend du public pour parler. Je suis un vendeur-né», lance l’entrepreneur de 77 ans.

Pas question de partir à la retraite pour M. Bélanger qui à tous les jours rentre travailler chez le concessionnaire Bélanger Chrysler Dodge Jeep Ram, détenu par ses fils Luc et Marc, à Rockland, dans l’Est ontarien.

«J’arrive entre 9h et 10h, mais avant ça, je suis allé au restaurent faire du PR (relations publiques, NDLR). Je vais partout en ville, je rencontre les gens et ils savent que je vends des autos et donc à cause de ça, ils viennent au garage», explique le septuagénaire, qui rentre travailler même le samedi, sous l’approbation de sa conjointe Claudette, qui, dit-il, l’appuie à «150 milles à l’heure».

En 1997, alors âgé de 55 ans, un temps où plusieurs commencent à songer à ralentir la cadence, M. Bélanger a plutôt mis le pied sur l’accélérateur. Il a acheté une concession de GM dans le secteur Orléans. L’homme d’affaires avait auparavant été propriétaire de concessions automobiles à Hawkesbury et à Cornwall.

L’entreprise familiale de ce secteur d’Ottawa alors en pleine expansion comptait une centaine d’employés et vendait jusqu’à 1500 voitures par année.

«La passion, c’est de réussir. Premièrement, moi, je veux toujours réussir. Quand j’étais plus jeune, un garage, je n’en avais pas assez et j’en voulais un plus gros. J’en ai acheté cinq dans ma vie. Ça me faisait vendre plus d’autos pour suivre les quotas et m’assurer d’être bon», fait-il valoir.

En 2009, dans la foulée de la crise économique aux États-Unis, les Bélanger ont été contraints de vendre l’entreprise d’Orléans, lorsque le manufacturier GM s’est placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Cette annonce a eu l’effet d’une véritable collision frontale pour M. Bélanger.

«Quand on a fait la transition d’Orléans à Rockland, on a été dix mois sans avoir de concession. Je pensais que j’étais mort. La transaction a pris plus d’un an à se mettre ensemble. Ma vie était bouleversée comme si j’étais fini», confie M. Bélanger.

«En voyant la lueur à l’idée de pouvoir acheter une autre concession, le moteur est reparti. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé sinon»,  poursuit-il.

Publireportage

Acquisition majeure pour les frères Vaillant

Les frères Mathieu et Nicolas Vaillant se sont récemment portés acquéreurs de l’entreprise Les industries CD, spécialisée dans les produits hydrauliques. Il s’agit d’une expansion majeure pour les entrepreneurs, déjà propriétaires et opérateurs de Vaillant Excavation et Transport Leblanc.

« L’acquisition des Industries CD nous permet de se diversifier tout en restant dans un domaine connu, complémentaire à nos opérations actuelles », indique Mathieu Vaillant, qui qualifie le tout d’intégration verticale, puisque la firme offrira un service complémentaire à ceux déjà proposés par les volets excavation et transport.

La pointe de l’iceberg

Les industries CD est essentiellement le Toys ‘R Us™ de tout ce qui fonctionne à l’hydraulique et peut fournir autant la machinerie agricole ou forestière qu’industrielle. Mais à l’image d’un iceberg qui ne montre que la pointe, le gros des activités des Industries CD vise plutôt la fabrication.

« Nous avons des tables de coupe au plasma et à l’eau et une presse de 600 tonnes, la 3e plus grosse au Canada, dit fièrement Nicolas Vaillant. On travaille avec différents alliages pour produire des ouvrages variés, allant des ancrages de bâtiments jusqu’au blindage à usage militaire. Nous réalisons d’ailleurs déjà certains contrats dans la sphère militaire. »

Ainsi, la haute technologie utilisée permet de fabriquer sur mesure les pièces requises par la clientèle. D’ailleurs, l’entreprise offre un service de conception pour répondre aux différentes demandes. « Nous sommes particulièrement fiers de dire que l’ancien propriétaire, Claude Léveillée, demeure avec nous pour développer de nouveaux marchés et nous faire profiter de son incroyable créativité », se réjouit M. Vaillant, pour qui la mémoire corporative est ainsi préservée.

Desjardins, facilitateur 

Racheter une entreprise est une opération délicate, surtout quand le vendeur montre un fort attachement émotif envers son « bébé ». Directeur de comptes chez Desjardins Entreprises, Stéphane Germain a dû développer un solide lien de confiance avec le vendeur pour faciliter la transaction. 

« Mon rôle a été de guider les deux parties dans la transaction, explique-t-il, et de ficeler le tout en impliquant la BDC et Investissement Québec. Il s’agit d’un montage financier complexe. J’ai un peu le rôle du chef d’orchestre. Un transfert d’entreprise implique de déterminer si l’acquéreur vise le bon domaine et s’il est le meilleur candidat pour réussir. »

Les industries CD compte doubler son chiffre d’affaires d’ici trois ans et tripler ce montant cinq ans plus tard. « Desjardins Entreprises sera avec nous, c’est certain », confirment les frères Vaillant, fiers d’avoir ainsi évité que l’entreprise passe aux mains d’intérêts américains et heureux que Desjardins Entreprise ait facilité avec succès cette importante transaction d’affaires.

Pour plus d'informations cliquez ici.