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Une femme de tête

Rien, mais vraiment rien ne la destinait au poste qu’elle occupe.

Françoise Gagnon dirige une importante entreprise canadienne du domaine de la sécurité, de la défense et de l’informatique, un monde d’hommes avant tout. Le groupe ADGA fournit des conseils de sécurité à la Défense nationale, à la Marine canadienne, à la Gendarmerie royale du Canada et à Transports Canada depuis plus de 50 ans.

«J’avais une très bonne carapace», raconte, sourire en coin, la directrice générale du groupe ADGA depuis maintenant cinq ans.

Mais il fallait un peu plus qu’une carapace pour gérer des centaines d'employés et faire grimper les revenus de l’entreprise de 50% en l’espace de cinq ans.

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Mission femmes pour Françoise Gagnon

«J’ai toujours eu un réseau de femmes autour de moi, mais là, dès mes débuts, je me suis retrouvée seule, partout où j’allais, dans les rencontres ou les conférences», se rappelle Françoise Gagnon.

Pourtant, la sécurité, c’est un domaine excitant et payant, il devrait y avoir plus de femmes qui s’y intéressent, souligne celle qui se qualifie d’anomalie dans le milieu. Elle se fait un point d’honneur d’aider les femmes à intégrer le domaine.

«D’abord, dès qu’il y a un poste à combler, je pose la question: est-ce qu’il y a des femmes sur les rangs? À l’intérieur de la boîte, ADGA offre des cours de littératie financière aux femmes (comment lire un budget, négocier, parler en public…). « J’ai lancé quatre bourses à la Cité collégiale et au collège Algonquin pour encourager les femmes à étudier en sécurité.»

Elle ajoute que la présence de femmes dans une organisation l’aide à mieux performer. « Ça change la dynamique. » Elle s’est même fixé comme objectif d’obtenir dans son entreprise la parité homme-femme dans les postes de direction, ce qui serait une première dans le domaine de la défense. ADGA compte maintenant 800 employés au pays.

En l’espace de cinq ans, a bel et bien pris les commandes du navire familial, l’a conduit dans de nouvelles eaux et vise rien de moins que de devenir le principal fournisseur canadien de solutions technologiques en défense et en sécurité d’entreprise. Le Réseau canadien des femmes exécutives l’a d’ailleurs nommé parmi les 100 femmes les plus influentes au pays en 2018.

Quand elle n’est pas au bureau à discuter contrats et finances, Mme Gagnon aime s’évader quelques jours en voyage, cuisiner et s’occuper de ses deux chiens. Elle ne voit pas le jour où elle quittera ses fonctions. Pour l’instant, un seul de ses fils travaille pour la compagnie et il est trop tôt, dit-elle, pour parler de relève familiale, bien que l’idée lui plaise assurément.

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Intégration des employés : Faites-vous ces 3 erreurs ?

Pourquoi l’intégration est-elle si importante? Parce qu’un nouvel employé sur cinq démissionne dans les 45 premiers jours¹, raison pour laquelle il est essentiel de disposer d’un programme d’intégration de qualité. Les employés qui suivent un programme d’intégration structuré ont 69% plus de chances de rester 3 ans ou plus dans l’entreprise². Voici trois erreurs à éviter.

1. Être absent

À titre de responsable de l’embauche d’un nouvel employé, assurez-vous d’être présent les jours suivants son arrivée. Vous êtes sa première référence et il doit pouvoir compter sur vous pour les questions d’horaire de travail, de responsabilités, des attentes, de la formation et de détails aussi simples que l’usage de la cuisinette. Si vous devez vous absenter, prévoyez la présence d’une personne (motivée!) responsable de faciliter son intégration et qui peut diriger le nouvel arrivant vers les différents services de l’entreprise. Prévoyez un suivi hebdomadaire pour quelques semaines.


2. Ne pas en parler

Pourquoi prévenir vos employés de l’arrivée du nouveau venu? Parce que ce sont eux qui auront à le côtoyer sur une base quotidienne et qui favoriseront une meilleure intégration. De plus, la première journée au travail vous offre l’occasion de le présenter officiellement à tous ses collègues et d’expliquer le rôle du nouveau venu dans l’entreprise, son expertise et la contribution attendue. Ce faisant, vous évitez de créer de l’anxiété chez vos subordonnés moins sécures. Enfin, annoncer à l’avance l’arrivée du nouvel employé sera perçu comme une preuve de transparence de votre part. 


3. Être brouillon

Donner un mandat précis à votre nouvelle recrue, avec suivi et rencontre hebdomadaire pour faire un bilan, montrera un bon sens de l’organisation de votre part. Assurez-vous que le nouvel employé a une bonne compréhension de sa tâche et de vos attentes à son endroit. Vous avez aussi la responsabilité de faire en sorte que le travail effectué soit conforme à ce qui a été affiché et discuté lors de l’entretien d’embauche. Évitez de laisser des questions en suspens, comme les vacances, le salaire, les avantages sociaux ou la permanence; ou alors, fixez un échéancier.

¹SHRM, Reducing New Employee Turnover Among Emerging Adults 

²BambooHR, What People Really Want from Onboarding


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La performance des entreprises sous la loupe d’ID Gatineau

La troisième enquête pilotée par ID Gatineau sur la performance des entreprises gatinoises révèle une augmentation des ventes et davantage d’emplois créés en 2018. L’exercice printanier s’avère un outil d’analyse supplémentaire pour l’organisme de développement économique, lui permettant de mieux répondre à la question essentielle: est-ce que les entreprises régionales connaissent santé et croissance?

Pour poser son diagnostic, l’équipe d’ID Gatineau a retenu comme groupe témoin 126 entreprises qu'elle accompagne dans sa mission de développement commercial.

Boom des ventes et le cas d’un champion

Le premier fait saillant de l’enquête est sans l’ombre d’un doute l’augmentation nette des ventes de 25,5 millions $, en hausse de 7,2 % comparativement à 2017, hissant le grand total des ventes à 382,4 millions $.

Cette croissance a été très largement générée par les entreprises dites « locomotives » des secteurs manufacturiers et de service. L’enquête révèle aussi que le territoire du secteur Gatineau, qui ne regroupe que 43% des entreprises sondées, contribue à la hauteur de 56% à cette l'augmentation des ventes de 25,5 millions $.

Bien installé sur la rue Saint-Louis, Distribution Mega Aluminium est l’une de ces locomotives accompagnées par ID Gatineau. «Ça fait maintenant trois ans qu’on collabore. Je savais que j’aurais besoin de conseils sur quelques aspects afin de grandir. Ils m’ont été d’une aide précieuse, surtout pour la formation de la main-d’œuvre et avec tout le volet technologique», témoigne le président de l’entreprise, Mario Garand.

Ce dernier voyait grand pour 2018. Il visait faire croître son chiffre d’affaires de 20%. «C’était notre projection en début d’année, lorsqu’on s’affairait à justifier du financement. Au bout du compte, on a atteint les 32% de progression», se félicite Mario Garand.

Cette performance a été rendue possible grâce à quelques acquisitions bien ciblées. «On a triplé notre espace de travail avec l’achat du bâtiment où l’on opère et on s’est procuré une deuxième plieuse. Avec ces ajouts, on est maintenant capable de fournir des entreprises comme Toitures Raymond, qui auparavant devaient traverser la rivière pour s’approvisionner», explique l’entrepreneur. 

Création d’emplois et le cas d’un champion

Le spectre de la pénurie de main-d’œuvre qui menace plusieurs secteurs industriels n’a pas empêché plus de la moitié des entreprises sondées par ID Gatineau d’embaucher de nouvelles recrues, portant à 2474 le nombre de travailleurs et de travailleuses liés aux entreprises sondées, un bond de 10% par rapport à 2017.

Vitrerie Vision 2000, elle aussi établie dans le secteur Gatineau, figure au palmarès des entreprises performantes. C’est en 2015 que son président Mario Boudreault entame sa relation avec ID Gatineau.

«ID Gatineau nous a proposé quelques produits afin de mieux nous développer au fil du temps. Combiné à une gestion administrative solide à l’interne, nous comptons maintenant 70 employés, comparativement à une quarantaine il y a une année à peine», fait-il fièrement valoir. L’exploit est d’autant plus impressionnant puisque les besoins en main-d’oeuvre sont criants au sein de l’industrie de la construction.

Mario Boudreault croit que les entrepreneurs sont bien souvent submergés par leurs tâches quotidiennes et peinent à connaître ce qui existe comme solutions. D’après lui, elles peuvent être trouvées grâce aux connaissances d’ID Gatineau: «J’ai le sentiment qu’ils sont là pour l’entreprise, qu’ils jouent un bon rôle», confie-t-il.

Au-delà des résultats quantitatifs de l’enquête, la santé des entreprises se reflète également par l’ambiance commerciale au sein de la région, estime le directeur d’ID Gatineau, Jean Lepage. «Les investissements, les ventes et les emplois sont portés par de bonnes performances, mais ce qu’il faut aussi considérer, c’est que le climat d’affaires s’améliore grandement et rend les gens fiers ici à Gatineau. C’est assez phénoménal ce que nos entreprises peuvent faire. Ce n’est pas l’ambition qui manque et ça, c’est un très bel indicateur de performance», conclut-il.

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Dossier «Exit la retraite»: Travailler pour ne pas mourir

Pendant que certains rêvent toujours à la «Liberté 55», d’autres refusent d’envisager leurs vieux jours en dehors du boulot. Lorsque le train de la retraite est passé, ils l’ont laissé filer sans même hésiter. Matin après matin, décennie après décennie, ils prennent le chemin du bureau sans trop se laisser freiner par les pépins de santé qui, passé les 70, 80 et même 90 ans, font partie du quotidien. Le Droit AFFAIRES s’est entretenu avec ces travailleurs infatigables de la région, hommes et femmes, pour découvrir ce qui les motive à rester dans la parade.

À l’heure où le carrosse de Cendrillon menace de se transformer en citrouille, Raymond Cyr enfile ses souliers, impatient d’aller travailler.

«Je vais mourir ici», lance sans ambages le président-directeur général d’Expographiq, lorsque rencontré dans les locaux de la firme gatinoise où, du lundi au vendredi, il empile des journées de 12 heures de boulot.

«Moi, je vis pour travailler et je dors pour me reposer pour aller travailler», poursuit l’homme qui vient de souffler ses 91 chandelles.

Il faut dire que le père de M. Cyr est décédé un an après avoir pris sa retraite, à l’âge de 84 ans.

«La morale de mon histoire, c’est n'arrête pas de travailler, sinon tu vas mourir», insiste M. Cyr qui soutient n’avoir pris qu’une seule semaine de vacances, à l’occasion de son voyage de noces en 1948.

Ses cinq enfants sont pour leur part tous retraités. «Ils me disent: Papa, tu es heureux, alors continue comme ça.»

Lorsque M. Cyr s’est joint à l’équipe d’Expographiq en 1985, il avait déjà travaillé 40 années chez Allied Papers, où il était responsable d’une usine d’une centaine de personnes à Toronto.

Sa venue au sein de l’entreprise gatinoise, qui offre des services dans le domaine des musées, des expositions, de la conception sur mesure et du marketing 3D, est ainsi devenu son «projet de retraite» et sa «seconde famille».

Le patron arpente d’un pas dynamique les longs corridors de l’entrepôt et salue au passage les employés par leur prénom, les questionnant sur l’avancée des projets en cours.

À l’heure où la plupart des fonctionnaires quittent le bureau, M. Cyr entre dans les bras de Morphée. Puis, hiver comme été, sur les douze coups de minuit, l’oiseau de nuit sort de sa tanière, prenant le chemin du bureau du secteur Hull, depuis Rockland, dans l’Est ontarien, à bord de sa voiture.

Si M. Cyr est maintenant passé maître dans l’art de naviguer sur la toile, tel n’a pas toujours été le cas. Les ordinateurs et autres technologies n’existaient pas à sa naissance et les chevaux faisaient encore partie du paysage urbain du secteur Vanier, à Ottawa, où il a grandi.

«En 1928, il n’y avait pas d’ordinateur. Il n’y avait rien. Je suis très curieux et j’aime ça apprendre», fait valoir le nonagénaire.

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Pilon pour la vie! [EXIT RETRAITE]

Depuis maintenant 77 ans, Roland Lavoie est marié à Pilon Ltée, qui lui a permis de décrocher son premier boulot à l’adolescence, avant de gravir les échelons jusqu’au sommet, d’où il tient les rênes de l’entreprise depuis quatre décennies.

«Pilon me tient en vie et ma femme aussi», soutient l’homme d’affaires aguerri de 94 ans, pour qui le mot «retraite» ne fait pas partie de son vocabulaire.

«Qu’est-ce que je ferais ici, à attendre quoi? Attendre la fin du monde? À 94 ans, tu n’as pas grand temps à aller. Tu le sais ça», poursuit l’entrepreneur nonagénaire, sous le ton de la confidence.

M. Lavoie ne s’en cache pas, il n’a d’yeux que pour sa femme Lorette, avec qui il a eu sept enfants, ainsi que pour l’entreprise spécialisée dans la vente de bois, de matériaux de construction, de revêtements extérieurs et de maçonnerie.

«Ça représente toute ma vie, s’exclame-t-il. Tu te réveilles en pensant à Pilon. Tu ne penses pas à autres choses. Et tu ne sais pas si tu vas penser à Pilon demain matin», dit-il avec un réalisme désarmant.

Tous les jours, le propriétaire de l’entreprise gatinoise plus que centenaire veille à assurer la pérennité de cette institution fondée en 1898 par Joseph Pilon. C’est en 1976 que M. Lavoie en est devenu le président-directeur général et actionnaire principal, soit bien après avoir fait ses premières armes à 16 ans comme commis. À l’époque, il avait été embauché à 12,5 cents l’heure, alors que les autres employés étaient payés à un taux horaire de 25 cents.

«Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir commencé au bas de l’échelle, lance-t-il sans hésiter. Ce n’était pas un échec.»

Ce qui fait aussi la fierté de M. Lavoie, c’est notamment le fait que l’entreprise du boulevard Montclair compte maintenant plus de 80 employés, 17 véhicules et six camions-girafes et plus de 10 000 produits en inventaire. Les choses ont bien changé depuis ses débuts, où les chevaux étaient utilisés pour le transport, alors que la comptabilité se faisait au crayon et où Pilon Ltée comptait un moulin à scie.

Depuis seulement deux ans, le président de Pilon Ltée a toutefois commencé à travailler de la maison, en restant quotidiennement en contact avec son directeur général et homme de confiance, Stéphane Nadon.

«M. Lavoie me donne carte blanche, mais toutes les décisions d’affaires passent par lui», explique M. Nadon.

Tous les jours, vers 13h, les deux hommes se parlent au téléphone et, chaque vendredi, M. Nadon se rend au domicile du président pour lui faire une mise à jour des chiffres, des marges de profit et de l’inventaire.

«Ensemble, on passe en revue les ventes et les comptes recevables, explique M. Lavoie. C’est ça le plus important, car si tu ne collectes pas, tu ne payes pas et donc tu es saisi. On a toujours vécu selon nos moyens», fait valoir l’homme d’affaires.

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Une longue histoire d’amour sertie de diamants [EXIT RETRAITE]

En 47 ans de carrière, Louise Cormier a vu défiler bien des pierres précieuses et des contes de fée à sa bijouterie Richer & Snow, dans le secteur Hull à Gatineau.

«Je suis probablement rendue à servir la quatrième génération. C’est très spécial pour moi. Il y a des gens qui viennent et reviennent et me disent ma grand-mère m’a dit de venir te voir», affirme-t-elle.

«Ça me fait tellement chaud au cœur, poursuit-elle. Souvent, moi je dis qu’en bijouterie, on ne vend pas des bijoux. On vend des émotions et on vend des souvenirs. La première bague de mariage, la première bague d’amitié, la première bague de famille», évoque la femme d’affaires de 63 ans.

La gemmologue de formation a commencé à travailler à la bijouterie en 1973, avant d’en devenir la copropriétaire, il y a 34 ans, avec sa sœur aînée Claudette Cormier, 75 ans.

«Ma sœur a toujours été ma partenaire silencieuse. Elle a été infirmière toute sa vie et à sa retraite, elle est venue me donner un coup de main, explique-t-elle. Claudette travaille encore à la bijouterie et vient faire les heures que je ne veux plus faire, les jeudis et les vendredi soirs, et me remplace quand je suis en vacances», poursuit-elle.

Après toutes ces années à desservir la clientèle, Louise Cormier soutient avoir encore la passion du métier. Elle s’accommode bien d’un horaire calqué sur celui de la fonction publique, qui encercle de ses tours de béton son commerce de la promenade du Portage.

«Ça me permet d’avoir une qualité de vie», lance-t-elle, précisant travailler beaucoup durant le temps des Fêtes et jouer beaucoup au golf durant l’été.

La propriétaire de la bijouterie explique aussi compter sur le soutien d’une bonne équipe, ce qui, dit-elle, constitue le «nerf de la guerre» pour continuer à travailler.

La retraite, Mme Cormier y pense tout de même « tranquillement pas vite ». «Tant que je vais avoir l’équipe que j’ai, ça me permet de continuer. Alors, je verrai tout simplement. J’aime encore ce que je fais. La vie va se charger de m’indiquer où je m’en vais d’un côté ou de l’autre», philosophe-t-elle.

Il reste que revendre une bijouterie est devenu complexe, puisque les banques ne prêtent plus pour de l’inventaire, ce qui signifie que le propriétaire doit financer sa relève ou encore fermer ses portes.

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Chef un jour, chef toujours [EXIT RETRAITE]

Même si cela fait 43 ans que le chef Guy Mervelet mitonne des petits plats pour les habitués du Pied de cochon, le propriétaire du célèbre établissement gatinois de la rue Montcalm n’envisage pas pour autant rendre son tablier.

«Ça me tient occupé et ça m’évite de penser à du négatif. Je suis obligé de me concentrer à ce que j’ai à faire et ça me plaît», affirme l’homme de 74 ans, qui constate que plusieurs de ses amis se sont éteints après avoir pris leur retraite.

«Je ne parle pas d’une ou deux personnes, mais de 7-8 personnes. C’est peut-être la lassitude de la vie. À un certain âge, ce n’est pas toujours facile surtout quand on se retrouve tout seul», croit-il.

La passion de cuisiner, M. Mervelet soutient l’avoir toujours, même s’il dit ne plus avoir la même énergie qu’avant. Cela n’empêche pas pour autant le chef de rentrer à 7 h tous les jours au restaurant, où il s’affaire seul à cuisiner à son fourneau avant l’arrivée de ses employés.

«Je fais tout ce qui prend du temps et qu’on ne peut faire quand on est occupé dans notre service. Je ne voudrais pas que la relève soit prise avec des corvées. Je fais la soupe et les sauces de base. Ce sont des choses répétitives et c’est un peu fatigant à la longue», explique-t-il.

D’ailleurs, à l’arrivée du magazine Le Droit AFFAIRES le matin, des pâtes feuilletées dorées venaient d’être retirées du four et leur riche odeur embaumait les lieux.

M. Mervelet reste en cuisine jusqu’à 14 h, alors que les plus jeunes qu’il a formés prennent la relève pour le service du soir. Il y a encore deux ans, le propriétaire du Pied de cochon restait aussi pour le service du soir.

«Donc pour moi, travailler le matin, c’est comme une vacance», lance-t-il.

Il reste que le monde de la restauration a beaucoup changé au fil des décennies, de l’avis de M. Mervelet, qui a été formé à l’ancienne.

«Avant, on ne permettait pas à un jeune de 23-25 ans d’être chef ou sous-chef cuisinier. Il fallait qu’il ait 20 ans d’expérience pour arriver à ce niveau-là. C’est vrai que l’expérience, c’est un peu comme la nature. Un arbre qui pousse trop vite, il n’est pas si solide que ça. En cuisine, c’est la même chose si les bases n’ont pas été faites de la bonne manière, à un moment donné on va le ressentir», soutient-il.

Le chef constate que les nouvelles générations de cuisiniers sont beaucoup influencées par l’Internet et la télé-réalité.

«Je compare ça à des artistes-peintres. Que Picasso fasse des gribouillis sur une toile, c’est Picasso. Mais qu’un cuisinier fasse des gribouillis dans l’assiette, ce n’est pas Picasso. Alors parfois le résultat n’est pas évident», termine-t-il.

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Le travail pour carburant [EXIT RETRAITE]

Vendre des voitures est non seulement une passion depuis 56 ans pour l’homme d’affaires franco-ontarien Marcel Bélanger, mais aussi le moteur principal de son existence.

«Je pense tout le temps à la business et à vendre des autos. Moi, ça me prend du public pour parler. Je suis un vendeur-né», lance l’entrepreneur de 77 ans.

Pas question de partir à la retraite pour M. Bélanger qui à tous les jours rentre travailler chez le concessionnaire Bélanger Chrysler Dodge Jeep Ram, détenu par ses fils Luc et Marc, à Rockland, dans l’Est ontarien.

«J’arrive entre 9h et 10h, mais avant ça, je suis allé au restaurent faire du PR (relations publiques, NDLR). Je vais partout en ville, je rencontre les gens et ils savent que je vends des autos et donc à cause de ça, ils viennent au garage», explique le septuagénaire, qui rentre travailler même le samedi, sous l’approbation de sa conjointe Claudette, qui, dit-il, l’appuie à «150 milles à l’heure».

En 1997, alors âgé de 55 ans, un temps où plusieurs commencent à songer à ralentir la cadence, M. Bélanger a plutôt mis le pied sur l’accélérateur. Il a acheté une concession de GM dans le secteur Orléans. L’homme d’affaires avait auparavant été propriétaire de concessions automobiles à Hawkesbury et à Cornwall.

L’entreprise familiale de ce secteur d’Ottawa alors en pleine expansion comptait une centaine d’employés et vendait jusqu’à 1500 voitures par année.

«La passion, c’est de réussir. Premièrement, moi, je veux toujours réussir. Quand j’étais plus jeune, un garage, je n’en avais pas assez et j’en voulais un plus gros. J’en ai acheté cinq dans ma vie. Ça me faisait vendre plus d’autos pour suivre les quotas et m’assurer d’être bon», fait-il valoir.

En 2009, dans la foulée de la crise économique aux États-Unis, les Bélanger ont été contraints de vendre l’entreprise d’Orléans, lorsque le manufacturier GM s’est placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Cette annonce a eu l’effet d’une véritable collision frontale pour M. Bélanger.

«Quand on a fait la transition d’Orléans à Rockland, on a été dix mois sans avoir de concession. Je pensais que j’étais mort. La transaction a pris plus d’un an à se mettre ensemble. Ma vie était bouleversée comme si j’étais fini», confie M. Bélanger.

«En voyant la lueur à l’idée de pouvoir acheter une autre concession, le moteur est reparti. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé sinon»,  poursuit-il.

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Acquisition majeure pour les frères Vaillant

Les frères Mathieu et Nicolas Vaillant se sont récemment portés acquéreurs de l’entreprise Les industries CD, spécialisée dans les produits hydrauliques. Il s’agit d’une expansion majeure pour les entrepreneurs, déjà propriétaires et opérateurs de Vaillant Excavation et Transport Leblanc.

« L’acquisition des Industries CD nous permet de se diversifier tout en restant dans un domaine connu, complémentaire à nos opérations actuelles », indique Mathieu Vaillant, qui qualifie le tout d’intégration verticale, puisque la firme offrira un service complémentaire à ceux déjà proposés par les volets excavation et transport.

La pointe de l’iceberg

Les industries CD est essentiellement le Toys ‘R Us™ de tout ce qui fonctionne à l’hydraulique et peut fournir autant la machinerie agricole ou forestière qu’industrielle. Mais à l’image d’un iceberg qui ne montre que la pointe, le gros des activités des Industries CD vise plutôt la fabrication.

« Nous avons des tables de coupe au plasma et à l’eau et une presse de 600 tonnes, la 3e plus grosse au Canada, dit fièrement Nicolas Vaillant. On travaille avec différents alliages pour produire des ouvrages variés, allant des ancrages de bâtiments jusqu’au blindage à usage militaire. Nous réalisons d’ailleurs déjà certains contrats dans la sphère militaire. »

Ainsi, la haute technologie utilisée permet de fabriquer sur mesure les pièces requises par la clientèle. D’ailleurs, l’entreprise offre un service de conception pour répondre aux différentes demandes. « Nous sommes particulièrement fiers de dire que l’ancien propriétaire, Claude Léveillée, demeure avec nous pour développer de nouveaux marchés et nous faire profiter de son incroyable créativité », se réjouit M. Vaillant, pour qui la mémoire corporative est ainsi préservée.

Desjardins, facilitateur 

Racheter une entreprise est une opération délicate, surtout quand le vendeur montre un fort attachement émotif envers son « bébé ». Directeur de comptes chez Desjardins Entreprises, Stéphane Germain a dû développer un solide lien de confiance avec le vendeur pour faciliter la transaction. 

« Mon rôle a été de guider les deux parties dans la transaction, explique-t-il, et de ficeler le tout en impliquant la BDC et Investissement Québec. Il s’agit d’un montage financier complexe. J’ai un peu le rôle du chef d’orchestre. Un transfert d’entreprise implique de déterminer si l’acquéreur vise le bon domaine et s’il est le meilleur candidat pour réussir. »

Les industries CD compte doubler son chiffre d’affaires d’ici trois ans et tripler ce montant cinq ans plus tard. « Desjardins Entreprises sera avec nous, c’est certain », confirment les frères Vaillant, fiers d’avoir ainsi évité que l’entreprise passe aux mains d’intérêts américains et heureux que Desjardins Entreprise ait facilité avec succès cette importante transaction d’affaires.

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La passion du travail [EXIT RETRAITE]

À la fin du mois, Barbara Cloutier soufflera ses 69 chandelles. L’heure de la retraite n’a pas pour autant sonné pour la femme d’affaires qui agit comme entremetteuse depuis quatre décennies, entre les gens à la recherche d’un emploi et ceux en quête d’employés.

«La passion, elle est toujours là quand je me lève le matin. Je suis contente de venir travailler», lance Mme Cloutier, qui a fondé son agence de placement Barbara Personnel en 1973, à partir du sous-sol de sa mère.

À cette époque, les ordinateurs n’avaient pas encore pris d’assaut le marché du travail. «Je travaillais avec les dossiers sur mes genoux. Ça n’a pas d’allure, quand tu penses à ça», s’exclame-t-elle.

La réputation de l’entreprise en service depuis plusieurs années n’est plus à faire. Elle compte une banque bien garnie de plus de 4400 employés.

«C’est quelque chose que j’ai entrepris il y a 45 ans et j’ai réussi. Plusieurs me disent que c’est mon bébé. Oui, c’est mon bébé. C’est vraiment quelque chose qui a été créé et fondé par moi et c’est encore là aujourd’hui, alors que beaucoup d’agences fondées avant moi et après moi ont fermé leurs portes», formule avec fierté Mme Cloutier.

Il reste qu’à ses débuts, la femme d’affaires a dû se buter à des portes closes, dont celles d’une banque qui lui permettait volontiers de faire un emprunt pour changer d’automobile, mais qui refusait de lui accorder un prêt pour son entreprise.

«Quand je suis allée voir la banque pour avoir de l’argent pour payer nos employés, ils m’ont dit, premièrement, vous êtes une femme, deuxièmement, on ne croit pas en votre industrie et troisièmement, vous ne réussirez pas, déplore Mme Cloutier. Cette même banque existe encore et a tout fait ensuite pour m’avoir comme cliente, mais je leur ai dit qu’ils pouvaient bien rêver», raconte-t-elle.

Véritable passionnée, il n’est pas rare que Mme Cloutier franchisse le pas de la porte de son bureau de Gatineau à 7h, pour n’en repartir que vers les 17h. La patronne a aussi coutume de manger à son pupitre et de trimballer son portable, son cellulaire et son imprimante au chalet ou lors de ses vacances en Floride.

Et la retraite alors? «Pour le moment, je n’ai pas vraiment de plan. Je suis tellement occupée que ce n’est pas quelque chose auquel j’ai le temps de penser. Je me lève le matin, je travaille et je donne mon 150%», affirme Mme Cloutier.

Elle précise que ses deux fils ne sont pas intéressés à prendre la relève de l’entreprise. «Je respecte ça. Je ne suis pas le genre de personne qui va pousser mes enfants à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas», indique-t-elle.

Qui sait, peut-être que ses petits-enfants, qui vont commencer à travailler chez Barbara Personnel cet été, auront la piqûre.

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La bonne foi - Tome 1 : ENTRE LE DEVOIR ET LE DROIT

Votre entreprise a pour voisin un commerce bruyant et qui soulève beaucoup de poussière. Vous avez tenté d’en discuter avec le propriétaire, mais rien ne change. Votre voisin exerce-t-il son droit ou agit-il de mauvaise foi? Du point de vue légal, la bonne foi se présume. Cette présomption découle de l’obligation positive et formelle incombant à toute personne assujettie à nos lois, de se comporter de bonne foi dans l’exercice de ses droits et de façon à ne pas nuire à autrui dans cet exercice. Donc, la bonne foi doit gouverner notre conduite dans toutes les sphères de notre vie tant dans l’exécution d’un contrat que dans le traitement ou le comportement que nous adoptons envers nos voisins.

Qu’est-ce que la bonne foi?

Les tribunaux ont défini la bonne foi comme suit : agir sans intention de nuire ou porter préjudice à autrui, de manière bienveillante et proactive. « Agir de bonne foi, c’est essentiellement d’adopter une attitude qui ne cherche pas à tromper ou nuire à autrui, c’est l’exercice de nos droits d’une manière prudente et diligente et avec loyauté »,
explique Me Jonathan Peluso de La Boîte
Juridique.

La notion de bonne foi a été intégrée au Code civil du Québec lors de son entrée en vigueur en 1994, mais elle tire ses origines de règles provenant de la jurisprudence.  Depuis, elle s’est étendue aux provinces de Common Law de sorte qu’aujourd’hui, il s’agit d’un principe sous-jacent à toute décision rendue dans une instance judiciaire au Canada concernant les rapports entre justiciables. 

Mais cette notion va plus loin : bien que l’exercice d’un droit, soit à la fois légitime et permis par la loi, il peut néanmoins, selon les circonstances, être exercé d’une manière qui est qualifiée de mauvaise foi. Une telle conduite, connue sous la forme d’abus de droit, est sanctionnée par les tribunaux civils, et ce, de manière variée allant de condamnations monétaires contre son auteur au rejet du recours entrepris.

L’affaire Houle c. Banque Canadienne Nationale

L’une des affaires marquantes en la matière et mettant en cause la bonne foi opposait une banque qui avait consenti un prêt à une société avec qui elle avait une relation d’affaires s’allongeant sur plusieurs décennies. L’institution financière a décidé, sur préavis de quelques heures, de rappeler le prêt alors que les actionnaires de la société étaient à finaliser une transaction visant la vente de leurs actions. L’incertitude causée par le retrait du financement et d’autres gestes posés par la banque ont provoqué une baisse significative de la valeur des actions visées. 

Le tribunal a décidé que l’institution financière, bien qu’agissant à l’intérieur de ses droits contractuels, avait agi de façon intempestive et de mauvaise foi, nuisant inutilement à sa cliente, et, ce faisant, à ses actionnaires. Ce comportement, jugé fautif, a donné lieu à une condamnation pour les dommages causés tant à la société qu’aux actionnaires, car il allait à l’encontre des exigences de la bonne foi.

« Cet arrêt de la Cour suprême date de plus de 30 ans, mais on voit bien qu’il énonce un principe d’une grande portée qui a été repris à plusieurs occasions depuis son prononcé », indique Me Peluso. 

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La foi en la vie et les affaires [EXIT RETRAITE]

La passion du travail, Eugène Tassé en est l’incarnation même. À 93 ans, l’homme d’affaires à la tête des Immeubles E. Tassé ne rate pas une occasion de rentrer travailler.

«Je suis encore sur la job», lance au bout du fil M. Tassé, pour qui travailler n’a rien d’une corvée.

«D’abord, ce n’est pas du travail, c’est une joie de vivre. Moi, je suis heureux ici», poursuit l’entrepreneur nonagénaire au dynamisme contagieux.

Originaire de Bourget, dans l’Est ontarien, M. Tassé dit avoir hérité du sens des chiffres de son père.

«À 25 ans, ma maison était payée. J’ai acheté une maison avec un logis que je louais et un autre dans lequel que je restais», explique le père de famille de neuf enfants, dont plusieurs sont maintenant retraités.

M. Tassé a bâti au fil des ans l’équivalent d’un village de 1000 logements résidentiels à Gatineau, ainsi que huit centres commerciaux. Sa compagnie compte sur une petite armée d’une centaine d’employés.

«Si j’ai 100 employés qui sont heureux, alors je suis heureux moi aussi», affirme le fondateur de l’entreprise.

«Le monde associe travail, affaires et argent. À un moment donné, tu n’as plus besoin de l’argent. Tu sais que tu ne dépenseras jamais l’argent que tu as. Mais c’est le plaisir d’accomplir des choses et de donner du travail au monde», insiste le philanthrope, qui a remis le mois dernier un don de 1 M$ au Carrefour jeunesse emploi de l’Outaouais.

Avec l’aide de son chauffeur, M. Tassé rentre travailler du lundi au vendredi, vers 10 h 30, puis mange avec ses employés sur l’heure du midi, où il en profite pour parler affaires, avant de quitter vers 15 h 30.

Si l’homme à la foi inébranlable ne manque pas une journée de travail, il soutient aussi aller communier à l’église toutes les semaines et en retirer un « grand bien ».

«Moi, je ne m’en fais jamais pour l’avenir. C’est le présent qui m’intéresse. Dans deux ou trois ans, je ne serai peut-être pas là», dit-il avec acceptation.

«Je sais très bien que je ne suis pas immortel, que je peux tomber malade n’importe quand. Mais à date, je fais attention à ce que je mange. Je ne fume pas et ne bois pas. Je ne couraille pas», soutient-il.

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Un premier portrait de l’économie sociale

CHRONIQUE — PHILANTHROPIE / Nous savions tous que l’économie sociale joue un rôle fort important dans le développement de nos communautés. Or, grâce à l’Institut de la statistique du Québec et au ministère québécois de l’Économie et de l’Innovation, le premier portrait statistique de l’économie sociale québécoise l’a confirmé.

Cette enquête lève le voile sur des données probantes. Onze mille deux cents entreprises d’économie sociale, dont 380 en Outaouais, créent de la richesse. Parmi ces entreprises, 75% sont des organismes à but non lucratif, 22% des coopératives non financières et 3% des coopératives financières ou des mutuelles d’assurance et de formation. Ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’elles sont réparties dans toutes les régions et dans de nombreux secteurs d’activité économique du Québec dont  l’enseignement, les services de garde, l’habitation, les arts, les loisirs, le tourisme, le commerce de détail, les services de proximité, les télécommunications et l’agroalimentaire. Elles ont toutes des activités marchandes, génèrent 47,8 milliards $ de revenus, emploient 220 000 travailleurs et ont 13 millions de membres ou d’adhérents.

Alliant rentabilité économique, mission sociale et réponse aux besoins de la collectivité de membres ou d’usagers, elles sont gouvernées de façon démocratique. La majorité sont de petites entreprises, car 65% ont moins de 10 employés salariés et 64% ont des revenus annuels inférieurs à 500 000 $. Toutefois, 2,3% de ces entreprises emploient 100 travailleurs salariés ou plus et 3,5% ont des revenus de 10 M $ ou plus.

L’économie plurielle

Plusieurs méconnaissent la vitalité et la longévité de ces entreprises. Pourtant 39% d’entre elles existent depuis plus de 30 ans, alors que 15% ont moins de 10 ans et 46 % ont entre 10 et 30 ans.

Il y a plusieurs années, le gouvernement du Québec a choisi d’investir dans le développement de la culture entrepreneuriale québécoise plurielle (privée, publique et sociale). En allouant les ressources professionnelles pour analyser et diffuser des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur l’économie sociale, il confirme que son investissement à de l’impact. Reconnaissant qu’il y a 10 000 entreprises sociales sur son territoire, nous espérons que le gouvernement de l’Ontario investira dans son économie plurielle.

Ethel Côté est présidente de MéceneSS & Institut social.

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Surfer sur l’attrait de la cuisine

CHRONIQUE — SCÈNE CULINAIRE / Ottawa travaille fort à développer ses attraits gastronomiques. L’un d’eux est l’école de cuisine «C’est Bon Cooking» qui offre à la fois des cours variés et des tours pédestres culinaires dans la région.

«La gastronomie est de plus en plus en demande par les touristes qui veulent plus que cocher un attrait parce qu’ils l’ont fait. Ils veulent en faire l’expérience et nous en offrons un aspect authentique.» C’est Stefanie Siska qui parle, la copropriétaire de C’est Bon Cooking, et ce qu’elle dit est de la musique aux oreilles de Tourisme Ottawa. Ces derniers l’ont d’ailleurs récompensé, le mois dernier, avec sa tournée gastronomique à vélo, baptisée Bikes & Bites.

C’est Bon Cooking offre une dizaine de randonnées culinaires à pied, dans le marché By ainsi que dans les secteurs Wellington et Hintonburg. Plus que de découvrir les attraits gastronomiques — restaurants, boutiques et comptoirs —, ils offrent en plus des tours thématiques sur le chocolat et l’érable!

Mme Siska en parle avec enthousiasme car c’est le volet de C’est Bon Cooking qu’elle supervise. Mais ce n’est que la moitié de ce qu’ils font car ils offrent aussi une panoplie de cours de cuisine dans leurs locaux de la rue Dalhousie. D’ailleurs, la gamme d’activités y sera plus grande cet automne avec leur déménagement à deux pas, qui verra leur superficie plus que doubler. Et ça, c’est le domaine du chef Georges Laurier, qui donne plusieurs des cours.

«Nous avons racheté l’école de la chef Andrée Riffou, une diplômée de l’école de cuisine Cordon Bleu. Mais cela ne fait que trois ans, en avril 2016, se rappelle-t-il. C’était une petite école à domicile, dans le quartier Côte-de-sable.» 

Ils l’ont déménagée dans la Basse-ville dans l’espoir d’un nouvel essor et leur voeu a été exaucé. Ils passent d’un joli petit local avec une cuisine à un plus vaste qui comprendra deux cuisines complètes, une salle d’accueil et une petite boutique de produits culinaires.

Le «mariage» de Stefanie Siska et du chef Laurier a réussi comme un soufflé bien gonflé. Et chacun fait prospérer son côté de l’offre.

«Stefanie a su développer l’aspect "team building" ainsi que l’offre de tours avec les Zones d’amélioration commerciale et des partenaires comme TripAdvisor. Elle est une vraie "foodie" et elle se tient au courant de ce qui se passe au plan culinaire dans la capitale. Elle est toujours à l’affût de nouvelles initiatives.»

Georges Laurier, qui se considère davantage comme «le chef artisan», a développé une offre de cours variés, qu’il donne lui-même ou qu’il supervise. 

Preuve que l’offre gastronomique de la région s’est affirmée depuis une quinzaine d’années, trois écoles de cuisine ont pignon sur rue: The Urban Element, dans le centre-ouest, Chef Thierry (Deletrez), à Gatineau, et C’est Bon Cooking. En plus des grandes écoles comme l’École hôtelière de l’Outaouais, les écoles des collèges La Cité et Algonquin, et la prestigieuse école Cordon Bleu. 

Georges Laurier constate que l’engouement de la population pour la cuisine ne se dément pas. 

«Les gens veulent apprendre comment faire la cuisine. Cela se voit aussi par les boîtes d’aliments comme Good Food, Hello Fresh et compagnie. Nous surfons sur cette tendance, à notre manière.»

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Vingt ans d’Évolutel

L’entreprise Évolutel de Gatineau fêtera ses 20 ans à l’automne. «Le 15 octobre prochain, précise son fondateur et directeur général, Jean-Claude Des Rosiers. C’est la date à laquelle j’ai ouvert les portes de mon entreprise. J’étais seul avec un technicien et, comme on dit, petit train va loin.»

Petit train va loin, en effet. Aujourd’hui, Évolutel compte 22 employés, dont 12 techniciens certifiés, et dessert plus de 2 200 clients en Outaouais et dans la grande région de la capitale fédérale. Au fil des ans, cette entreprise gatinoise s’est hissée au sommet des firmes de téléphonie d’affaires, d’informatique, de câblage et de solutions d’impression.

En 2014, Évolutel était élue PME de l’année par le Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA). Trois ans plus tôt, Jean-Claude Des Rosiers se voyait décerner le prix de la personnalité de l’année par la Chambre de commerce de Gatineau.

Le Droit AFFAIRES l’a rencontré.

***

DENIS GRATTON (DG): Que faisiez-vous avant de fonder Évolutel?

JEAN-CLAUDE DES ROSIERS (JCD): J’étais directeur général chez Fredal Solutions, distributeur de produits de bureau. Et avant cette belle aventure, j’avais fondé les Tapis Quadécor avec Sylvain Trépanier. Au bout de deux ans, j’ai décidé de quitter cette entreprise et c’est là que Alain Fredette (Fredal) m’a approché. Alain est mon mentor. Je lui disais toujours à la blague: «J’observe tes qualités et je tente d’ignorer tes défauts pour me faire un beau profil d’entrepreneur». Alain et moi sommes arrivés à la croisée des chemins en 1999. Il avait la chance de léguer son entreprise à ses enfants. J’ai compris que c’était peut-être un signal pour moi de regarder d’autres opportunités. Puis une opportunité s’est présentée dans le monde des télécommunications et j’ai fondé Évolutel.

DG: Vous avec été président de la Chambre de commerce de Gatineau et président du conseil d’administration du RGA, pour ne nommer que ces deux organismes au sein desquels vous vous êtes impliqué. Cette implication dans la communauté est importante pour vous?

JCD: En effet. J’ai décidé de m’impliquer à trois niveaux, soit dans les niveaux affaires, social et sportif. En affaires, il y a la Chambre de commerce et le RGA. Au niveau social, j’appuie des causes axées sur le décrochage scolaire, la toxicomanie et l’itinérance. J’ai siégé sur le conseil d’administration de l’Hôpital Montfort (Montfort Renaissance). J’ai aussi aidé un organisme à créer une entreprise d’économie sociale dans le recyclage des matières électroniques et du papier. Et au niveau sportif, c’est ma fille qui m’a mené vers la gymnastique. Elle a commencé en gymnastique à l’âge de six ans, elle est aujourd’hui âgée de 20 ans, elle étudie l’architecture à l’Université McGill et elle ne fait plus de gymnastique compétitive. Mais moi, je suis encore sur les conseils d’administration. Ça fait plus de 10 ans que je siège au conseil d’administration de la Fédération de gymnastique du Québec. Puis la Fédération canadienne de gymnastique m’a demandé de faire partie du comité organisateur des Championnats mondiaux de gymnastique qui se sont déroulés à Montréal en 2017. Je les aide encore beaucoup dans toutes sortes de projets.   

DG: Et au niveau affaires, vous faites aussi du mentorat.

JCD: J’en ai fait beaucoup, oui. J’aime donner du temps à des collégiens et des universitaires pour leur faire prendre conscience de la réalité d’être en affaires en 2019. Le but de l’exercice n’est pas de leur montrer ça avec des lunettes roses. C’est plutôt de leur démontrer qu’être en affaires est valorisant et extraordinaire, mais qu’il y a des moments qui peuvent être très difficiles et qu’il faut avoir une carapace, un bouclier. On a de grandes responsabilités. Je dis toujours que ma plus grande responsabilité, c’est de faire vivre 22 familles. Et de faire vivre 22 familles, c’est de leur offrir un emploi avec des conditions favorables, et aussi d’être capable de leur donner une qualité de vie et des salaires qui leur permettent d’avoir une vie tout à fait correcte. 

DG: La retraite, vous y songez? Et est-ce que vos enfants prendront un jour la relève à la tête d’Évolutel?

JCD: Mon fils, qui est âgé de 35 ans, est travailleur autonome en art graphique. Ma fille étudie en architecture. Donc pour la relève et la pérennité de l’entreprise, j’ai choisi d’aller à l’interne. Et c’est Vanessa Lafrenière qui est directrice générale d’Évolutel depuis deux ans. Vanessa travaille ici depuis 10 ans. J’avais ciblé trois personnes au niveau de la gestion et c’est Vanessa qui a levé le drapeau le plus haut. Elle me succédera. Mais je ne quitterai pas du jour au lendemain. J’ai 55 ans et je travaille toujours 12 heures par jour. Mais nous avons préparé un plan quinquennal pour la relève et j’en suis à la troisième année de ce plan de cinq ans. Pendant ces cinq années, c’est la planification, la préparation et identifier les bonnes personnes. Et une fois que c’est fait, c’est de travailler avec eux et de les accompagner. On ne veut pas se cloner. Ce serait l’erreur numéro un. Mais on veut certainement s’assurer que la philosophie de l’entreprise soit bien comprise et que la vision soit bien saisie. Ce plan sera finalisé dans deux ans. Je pourrai ensuite me retirer graduellement et ralentir un peu.  

DG: Et faire quoi?

JCD: Le rêve ultime de mon épouse et moi est de faire le pèlerinage de Compostelle. Et ce rêve va se réaliser dans l’an un ou deux de ma retraite. Aussi, nous avons deux petits-enfants de cinq et huit ans. J’ai hâte de passer plus de temps de qualité avec eux.

DG: ET allez-vous souligner les 20 ans d’Évolutel à l’automne?

JCD: Bien sûr. On va célébrer ça ici avec une bonne bouteille de Champagne. Peut-être deux.

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Les 60 bougies d’un doyen du couvre-plancher

Une quatrième génération s’installe dans l’entreprise Nadon & Fils Inc., qui célèbre cette année ses 60 ans d’existence.

Deux des trois enfants de Mario Nadon, propriétaire, oeuvrent déjà au sein de l’entreprise. Pour la cousine de Mario, Nathalie Nadon, elle aussi propriétaire, il s’agit d’une grande fierté que de porter le flambeau allumé par leurs grands-parents.

En 1959, ces derniers étaient propriétaires d’un magasin général à Angers. Déjà, la fibre entrepreneuriale faisait vibrer les Nadon. À l’époque, avec 12 bouches à nourrir, M. Nadon décide de se dénicher un emploi dans le domaine du couvre-plancher. Celui-ci s’est alors rendu compte qu’un nombre grandissant d’opportunités se présentaient à lui dans ce secteur. C’est à ce moment que les Nadon ont décidé de vendre leur magasin de campagne et de s’installer à Buckingham.

Six décennies plus tard, à quoi peut-on attribuer le succès de Nadon & Fils? «On prend ça à coeur, juge Nathalie Nadon. Pour nous, c’est bien important de garder l’esprit familial et servir nos clients comme on aimerait être servis. On est content quand les gens reviennent et nous montrent leurs projets terminés. C’est important pour nous, toute la réputation de l’entreprise est basée là-dessus.»

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Nadon & fils: Redonner au suivant

On connaît tous quelqu’un qui se fait constamment saluer ou aborder lors de sorties à l’épicerie ou au restaurant. Pour les Nadon, il s’agit d’une réalité du quotidien. Très engagés auprès de leur communauté, les membres de cette famille partagent tous le sentiment de vouloir redonner au suivant.

Nathalie Nadon milite au sein de la Fondation Santé de Papineau alors que Mario est un membre actif du Club Optimiste de Buckingham. Et le père de Nathalie a fait beaucoup de bénévolat pour le hockey mineur à Masson-Angers.

«Les gens voient qu’on s’implique, et c’est comme une valeur de plus. On ne le fait pas parce qu’on est obligé, on le fait parce qu’on a à cœur notre communauté.»

Après tout, c’est aussi pour l’aspect communautaire que les grands-parents de Nathalie et de Mario avaient décidé d’installer à Buckingham ce qui deviendra un véritable pilier du couvre-plancher dans la région de l’Outaouais.

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Club d’Eau Plus a 25 ans. Saine comme son eau, raffinée comme son vin!

Démarrée en 1994, l’entreprise de Lucie Doyon est basée sur sa vision d’offrir des produits locaux et santé dans les domaines de l’eau et du vin artisanal. 25 ans plus tard, on peut dire mission accomplie! L’entreprise démarre au cœur du « Nouveau Gatineau » près des Promenades. Après 11 années d’opération, Mme Doyon et son conjoint Serge Chartrand entreprennent la construction de l’immeuble de leurs rêves. Aujourd’hui, le Club d’Eau Plus est devenu un endroit incontournable pour se procurer une eau purifiée par distillation oxygénée ou du vin de fabrication artisanale exempt d’ajout de sulfite et préparé dans la vinerie sur place.

Eau Odessa

L’eau Odessa est un produit sans toxine, sans minéraux (calcaire) ni résidus de médicaments, pour mieux protéger la santé de toute la famille. L’eau est maintenant le premier élément du nouveau guide alimentaire canadien. Sa qualité est d’une importance capitale. Allez remplir vos contenants sur place ou faites appel à leur service de livraison pour éliminer les eaux des multinationales qui laissent des empreintes environnementales désastreuses.

La nouveauté 2019 : procurez-vous la nouvelle bouteille 500 ml en verre, servant par la suite de gourde, conçue pour être lavable et réutilisable. Vous pourrez ainsi éliminer les achats de bouteilles de plastique jetables à usage unique!  Une première québécoise, dont il faut être fier.

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Téquila!

CHRONIQUE — SPIRITUEUX / Il y a plus de 3000 ans, les Olmèques, la plus ancienne civilisation mexicaine connue, buvaient déjà le jus de l’agave, cette plante présente en Amérique Centrale à l’origine de la téquila. Selon la légende, l’agave doit sa forme et sa couleur bleutée à une étoile tombée du ciel. Le secret de l’agave a longtemps été gardé précieusement par les prêtres, guerriers et sages olmèques.

La méthode de fabrication originale consistait à faire cuire le cœur de l’agave avant d’en presser le jus et de le fermenter pour finalement soumettre ce jus à la distillation. Ceci permettait d’obtenir des arômes fumés, caractéristique de la téquila, que l’on appela simplement mezcal.

À une certaine époque pas si lointaine, la consommation de la téquila, accompagnée de sel et de citron, était associée à des excès. Depuis, les temps ont bien changé. Ce spiritueux souvent associé à la surconsommation laisse maintenant place à d’exquis moments de dégustation. Je vous en propose une avec le produit El Jimador.

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TEQUILA EL JIMADOR

Origine: Mexique

Alcool: 40% 

Couleur: or

Prix SAQ: 34,50 $

Prix LCBO: 49,95 $ (1.14 L)

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Fondé en 1870 par Félix Lòpez, El Jimadore, nommé en l’honneur de ces hommes qui coupaient le cœur d’agave un par un, est maintenant propriété de Brown-Forman. Cette téquila, la plus vendue au Mexique, est faite à 100% d’agave bleu.

Nez: Au nez, on sent tout de suite le côté poivré typique de la téquila. L’alcool est bien présent et les suprêmes de pamplemousse et le citron apportent quelque chose de très frais. 

Bouche: L’arrivée en bouche est plutôt douce et légère. Le caramel et la vanille enrobent bien l’intérieur de la bouche. L’acidité du pamplemousse ajoutée aux notes de framboises et de cerises offrent un super duo sucré-acide. Le fût de chêne a une place de choix avec ses arômes de bois, de poivre et de cannelle.

Finale: Une finale terreuse et poivrée. La prestance de cette finale est tout de même appréciable. On goûte cet alcool et ce poivre qui demeure présent du début à la toute fin. La rétro-olfaction rappelle la cerise bien rouge.

Résumé: Amateurs de téquila vous serez bien servis avec le El Jimadore. Très abordable, elle diffère de ces téquilas de piètre qualité longuement consommées sous forme de  « shooter ». Je vous suggère de la déguster à sa plus simple expression ou de l’ajouter à certains cocktails.

Bonne dégustation.

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Garage démarrage en route vers la croissance

Comment aider les étudiants à mettre sur pied leur propre entreprise et devenir leur propre patron? Avec son programme Garage Démarrage, l’Université d’Ottawa a peut-être trouvé la solution.

En quatre mois, de mai à août, Justin Larocque-Villiers aura la chance d’obtenir des fonds, des locaux, du mentorat et de la formation pour accélérer la croissance de son entreprise OverSee.

Depuis dix ans, l’Université d’Ottawa offre l’opportunité à des étudiants de profiter de toutes les ressources nécessaires pour assurer la longévité et la pérennité de leur entreprise.

Étudiant détenteur d’une maîtrise en génie mécanique et électrique, Justin a développé, avec des collègues, un produit qui surveille la santé d’équipements mécaniques. Ce produit rassemble plusieurs informations, telles que la vibration, les sons, l’acoustique et la température pour faire des prédictions et des projections sur l’état de la machinerie. Sa technologie peut être utile pour toute entreprise manufacturière qui utilise des pompes ou des machines à rotation.

Grâce au Garage Démarrage, Justin a remarqué qu’en seulement trois jours, il avait développé une confiance accrue dans l’avenir de son entreprise. «On a déjà une attitude plus agile, ça va vraiment aider à la survie de notre entreprise parce que maintenant, on pense plus à long terme. En trois jours, on a déjà trouvé des solutions à certains problèmes.»

Le programme de l’Université d’Ottawa permettra également à Justin et aux jeunes entrepreneurs participants de profiter des conseils de gens de l’industrie. «On est dans un environnement de développement. Il y a d’autres fondateurs d’entreprises, des experts en gestion, des gens qui nous signalent ce qui manque dans notre propre entreprise, et nous, on est prêt à faire les changements nécessaires.»

Les étudiants membres du programme pourront aussi éviter certaines erreurs commises par les experts qui les conseillent. «Parfois on peut supposer que nos idées vont fonctionner. Par exemple, pour nous, avance Justin, on n’est pas les utilisateurs de notre produit, donc parfois on va supposer qu’une idée est géniale, mais dans le fond, il faut parler à l’industrie et aux utilisateurs de notre produit et à ceux qui vont l’acheter, pour s’assurer que nos suppositions soient validées par ces gens-là.»

Les sept autres entreprises qui seront propulsée par le Garage Démarrage sont EcoVision, HireFast, MyPitboard!, Nitelife, Point3D Commercial Imaging, SitterNextDoor et SmallWorld LIVE.

Le financement du programme provient de l’Université d’Ottawa, BMO, Desjardins, Logan Katz LLP et de Gowling WLG.

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Bien plus qu’un legging

CHRONIQUE — MODE / Les vêtements de sport et de yoga ne sont plus réservés aux salles d’entraînement. Ils sont intégrés dans la garde-robe quotidienne de plusieurs femmes.

Bien que ce marché semble saturé, une jeune entrepreneure de 19 ans de la région a tout de même décidé de se lancer dans l’aventure en lançant sa propre marque, Booteca.

Après avoir travaillé comme conseillère financière et fait son cours de courtage immobilier, Rebecca Tremblay a lancé, en octobre 2018, le premier item de sa marque, un legging. En fondant son entreprise, elle voulait créer plus qu’une marque, elle souhaitait rassembler une communauté de femmes de tous les âges et de toutes les tailles.

Elle entend trop souvent des femmes de son entourage se dénigrer, ce qu’elle déplore. « Nous sommes toutes parfaitement imparfaites et il n’y a pas de taille pour être belle et se sentir bien. » Rien ne rend Rebecca Tremblay plus fière que de voir des clientes s’entraîner et prendre soin d’elles avec une de ses créations.

Elle trouvait d’ailleurs que les leggings disponibles sur le marché ne mettaient pas toutes les femmes en valeur. Pour elle, il est très important que celles qui portent ses morceaux se sentent bien à l’intérieur comme à l’extérieur du gym. Elle s’est inspirée de ce qui se fait de mieux ailleurs dans le monde pour dessiner des vêtements qui sont de qualité, confortables et qui mettent les divers corps en valeur. Les plis stratégiquement positionnés à l’arrière servent justement à ça.

Une entreprise de son temps

La première collection était composée seulement de leggings, mais la nouvelle collection estivale, qui sera disponible dès juin, offrira des shorts, des capris et des hauts courts pouvant aussi faire office de soutien-gorge de sport. Tout ça est disponible entre les tailles xs et xl.

Les vêtements Booteca sont en vente uniquement en ligne ( booteca.com ) et peuvent être expédiés partout dans le monde. La marque mise beaucoup sur les médias sociaux, notamment Instagram et Facebook et les influenceuses, pour échanger avec une communauté de femmes actives. Il y aura peut-être quelques boutiques éphémères ici et là dans les prochains mois.

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Un cabinet juridique non traditionnel

Rigueur, Collégialité, Écoute, Partenariat, Et surtout, aucun raccourci. Ici, toute une équipe de juristes accompagne le client. Votre avocat plaide à la cour et vous avez une question en son absence? Pas de souci, son collègue saura vous répondre. Parce que lui, et les autres, sont au courant de votre dossier. En choisissant La Boîte Juridique, vous adoptez, en quelque sorte, une famille.

C’est en 2005 que La Boîte Juridique voit le jour à Gatineau, un cabinet qui se spécialise dans le droit des affaires, de la faillite, du travail et de la famille. À sa tête, Me Dani Ann Robichaud qui célèbrera en décembre prochain ses 25 ans de pratique.

Le nom du cabinet vous intrigue? Pourquoi pas «Robichaud et Associés»?

«La collégialité, c’est ce qui nous distingue. Pour faire partie de la Boîte, les employés doivent travailler en équipe et accepter qu’il n’y ait aucune concurrence à l’interne, fait valoir Me Robichaud. Quand un avocat est débordé, il doit déléguer une partie de ses tâches à un autre collègue. Personne n’a la chasse gardée d’un dossier. C’est un partage de connaissances entre les employés et les clients.»

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Une Boîte en expansion

Au fil des ans, des associés sont venus, d’autres sont partis. Et puis, en 2005, vient l’incorporation de La Boîte Juridique, un cabinet qui réunit des employés et non des associés. Un modèle d’affaires qui détonne dans le paysage juridique.

«Contrairement à La Boîte Juridique, les cabinets portent le nom des associés, dit-elle. Je mets de l’avant une entité, une équipe, et non l’individu. Et c’est aussi ce que le client achète. Au début, ce concept en a fait sourciller plus d’un. Aujourd’hui, surtout avec l’arrivée des millénariaux sur le marché, cette philosophie gagne du terrain. Je suis fière de n’avoir jamais dérogé de ma mission et d’offrir un environnement de travail unique.»

En pleine expansion depuis cinq ans, ce cabinet non traditionnel a embauché un avocat par année, et l’objectif est d’en ajouter deux autres d’ici deux ans. Sans oublier que la Boîte a emménagé dans de nouveaux locaux en avril dernier, au 161, promenade du Portage.

«La justice nous oblige à pratiquer dans un carcan bien défini et, malgré toute notre bonne volonté et nos compétences, il y a toujours des moments de déception, mentionne Dani Ann Robichaud. En droit, on célèbre à peine nos victoires. Quand je reçois un jugement de 30 pages qui ne m’est pas favorable, je vis mon échec et tente d’en comprendre les raisons pendant une semaine. Cela dit, après toutes ces années de pratique, j’ai encore le feu de la passion et le meilleur est à venir.»

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Le budget Ford louangé par la Chambre de commerce

Le gouvernement du premier ministre Doug Ford s’est récemment fixé comme objectif de sabrer à la hauteur de 25% les exigences administratives actuellement supportées par les entreprises qui brassent des affaires en Ontario. Les mesures du dernier budget de la province s’inscrivent principalement dans cette continuité de non-intervention, prônant une plus grande autonomie pour les entreprises.

En outre, le budget dévoilé en avril dernier par le gouvernement progressiste-conservateur met un frein dans les dépenses publiques en général, une mesure qui n'a pas tardé à être applaudie par la Chambre de commerce de l’Ontario.

«Nous sommes ravis de constater que le budget confirme un ralentissement des dépenses. Nous croyons qu’il faut absolument contrôler la dette. Un déficit aujourd’hui, c’est un fardeau pour nos marges de manœuvre commerciales de demain. Ce budget entretient de meilleures manières d’investir», constate le président de la Chambre de commerce de l'Ontario, Rocco Rossi. 

La Chambre accueille aussi favorablement les nouvelles mesures gouvernementales mises en place pour affronter la pénurie de la main-d’œuvre. «C’est vraiment un enjeu, puisque 75% de nos membres éprouvent de la difficulté à attirer et à retenir les talents dans leurs entreprises. La modernisation du programme spécialisé d’apprentissage et la révision des qualifications des immigrants sont des mesures significatives pour notre croissance commune», claironne M. Rossi.

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Un budget passif?

Si la Chambre de commerce de l’Ontario exulte, Geneviève Tellier, professeure à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, estime que certains acteurs économiques resteront sur leur faim.

«On s’attendait à quelque chose de plus sérieux pour les entreprises. Je n’ai pas observé de plan particulier pour les industries au statut plus précaire dans ce contexte économique plutôt incertain ou même d’annonces de vastes chantiers, par exemple pour encourager le développement de l’intelligence artificielle», critique la politologue.

Les impacts de ces nouvelles mesures se feront principalement sentir à long terme en raison de la diminution de la réglementation. Selon elle, le budget fait effectivement état d’une continuité avec les promesses électorales, mais il ne semble pas avoir le pragmatisme nécessaire afin de mousser la création de richesses au sein de la province. «C’est bien beau les slogans, les nouvelles immatriculations et les déréglementations, mais à première vue on semble plutôt dans l’approche passive que proactive.»

Et pour Ottawa?

D’après Geneviève Tellier, il ne faut pas trop s’étonner de ne pas voir apparaître le nom de la Ville d’Ottawa dans le budget, comme ceux des autres municipalités de la province par ailleurs. «Ce gouvernement n’a pas vraiment de plan de développement économique régional. Outre la mention pour le projet du train léger, rien n’est vraiment spécifique à Ottawa. Dans ce document, seule Toronto avec ses multiples infrastructures et le nord de l’Ontario, pour la possible reprise du projet minier nommé Cercle de feu, y sont.»

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Ce qu’ils pensent de la retraite…

« Prenez le temps de bien réfléchir à vos projets de retraite qui vous rendront heureux et passez à l’action en utilisant les bons moyens pour y arriver. Le bénévolat peut également vous aider à faire la transition et vous permettre de découvrir de nouvelles choses. Personnellement, je suis revenu à la Fromagerie St-Albert comme Directeur général adjoint à temps partiel et je m’amuse énormément! »