Le Droit Affaires

Se débrancher à la ferme

CHRONIQUE / De plus en plus, je considère l’authenticité comme un luxe en voyage. Je ne semble pas être la seule ! La majorité des voyageurs de nos jours sont à la recherche de cette même plus-value.

On cherche une expérience de voyage avec un sens et souvent, on le trouve avec une touche gastronomique et locale. Rendez-vous avec l’agrotourisme, une tendance de plus en plus prisée par les voyageurs et qui permet de s’éloigner des grandes villes et des stations balnéaires pour un retour aux sources à la ferme.

Définir l’agrotourisme

Plusieurs agriculteurs découvrent la possibilité d’engranger des revenus en ouvrant leurs portes aux voyageurs. Ils offrent l’hébergement, les repas et, pour les plus courageux, la chance de travailler quelques jours à la ferme. L’expérience peut tout de même s’avérer enrichissante puisqu’elle permet la découverte du terroir d’une région particulière. C’est un peu comme un tout-inclus, mais plutôt que de boire une piña colada au bord d’une piscine, on savoure un verre de vin, ou de lait cru, en salopettes.

Où aller ?

Au Canada, on trouve déjà bien des fermes avec un volet agrotouristique, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique. Des villes comme Osoyoos, Oliver et Cawston dans la vallée de l’Okanagan sont des destinations populaires. Dans le coin de Oliver, on y trouve plusieurs vignobles offrant du vin bio-dynamique et où l’on apprend sur l’agriculture biologique, la permaculture et la faune indigène de la région par le biais de cours de cuisine.

Si vous souhaitez vivre l’expérience sans aller trop loin, l’Estrie s’est dotée de plusieurs fermes qui accueillent les touristes. En Ontario, la région du Niagara vous ouvre grandes ses portes.

L’agrotourisme ailleurs

L’industrie agrotouristique est déjà bien implantée en Europe. La Toscane, en Italie, est une excellente destination durant le temps des vendanges. On peut se loger parmi les oliviers et les vignobles et redéfinir la cure detox électronique. Ici, oubliez la possibilité de trouver un réseau cellulaire.

Si vous souhaitez rester un peu plus branchés, sachez que ce ne sont pas que les fermes isolées qui se prêtent au jeu. Plusieurs chaînes d’hôtels ont suivi la tendance. En Caroline du Nord, le Ritz-Carlton a introduit une serre sur leur toit, offrant à leur clientèle des aliments hyper locaux. En Indonésie, notamment à Bali, la chaîne d’hôtels Alila a adopté une politique zéro déchet : on jette les aliments au compost et on produit les aliments dans leur propre ferme biologique inspirée par le concept de la permaculture. Des initiatives gourmandes et éco-responsables ? On aime !

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Débarquer dans le Calvados

CHRONIQUE / La Normandie est principalement connue pour de tristes raisons. Le 6 Juin 1944, un débarquement a eu lieu sur ces terres productrices d’un fin spiritueux, le Calvados. Avant de lever notre verre à ceux et celles qui ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale, portons un rapide coup d’oeil sur l’histoire du Calvados et sur ses méthodes de production.

Vers le milieu du 16e siècle, les Normands ont fait la découverte d’un procédé de distillation de leur cidre de pommes. En 1914, la Première Guerre mondiale éclate et les différentes armées ont vite manqué d’armes et d’explosifs. Elles se tournèrent donc vers l’alcool, un type d’explosif simple à avoir. Ne pouvant mettre la main sur des alcools comme le Cognac ou même l’Armagnac dû à leurs appellations contrôlées, l’eau de vie normande, mieux connue sous le nom de Calvados, devenait une proie facile à obtenir ! C’est pour cette raison qu’en 1942, l’appellation fut déposée. Cette toute première appellation a été retravaillée en 1984 afin de bien établir les variantes entre le Calvados Pays d’Auge ainsi que le Calvados d’appellation contrôlée. En 1997, une troisième appellation a vu le jour, le Calvados Donfromtais, avec pour objectif de protéger là-aussi les producteurs de cette région. 

Michel Beucher 

Ce magnifique produit représente très bien le Calvados AOC qui peut être produit dans une zone bien définie en Normandie. Bien que l’on puisse inclure un maximum de 30% de poire à l’intérieur de son moût, l’équipe de Michel Beucher ne met que de la pomme dans ses produits. Il est vrai que dans cette appellation, il n’y a pas d’obligation en matière de distillation. Mais pour obtenir ce produit, on utilise deux fois plutôt qu’une un magnifique alambic à colonne. Au chapitre du vieillissement, l’appellation exige un minimum de deux ans, mais pour cette superbe bouteille, les artisans la font vieillir pendant six ans afin de récolter un Calvados vif, fruité sur la pomme avec de magnifiques tanins de bois. Il est puissant, mais succulent! 

Roger Groult 

Un exemple parfait de ce qu’est le Calvados Pays d’Auge ! Tout comme le Calvados AOC, l’appellation dans laquelle on retrouve la maison Roger Groult permet un maximum de 30% de poire à l’intérieur de son moût et on laisse entièrement la pomme faire son travail. Dans cette appellation, on doit obligatoirement avoir une double distillation dans un alambic charentais. Son vieillissement est fait pour une période de plus de huit ans, ce qui lui donne une belle fraîcheur avec une pomme très présente à travers des notes qui rappelle un vin chaud avec des épices, de la vanille et un côté boisé. 

Louis de Lauriston 

Cette magnifique bouteille est un Calvados Domfrontais dans lequel il faut absolument retrouver un minimum de 30% de poire. Pour cette vieille réserve, on y retrouve plus de 70% de poires à l’intérieur. Sa distillation doit obligatoirement être faite à l’intérieur d’un alambic à colonne afin d’avoir un spiritueux plus fin et plus léger. Bien que l’appellation exige un vieillissement de trois ans, nous avons ici un produit de plus de six ans d’âge. C’est de la poire, c’est de la vanille, c’est de la douceur et c’est magnifique. 

Pour en connaître davantage sur l’univers des spiritueux: rendez-vous sur le www.yanaube.ca

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Quand le papier fait un carton

Sur les murs du salon, ce curieux zoo haut en couleurs vous toise du regard : un bison aux cornes roses, trois girafes tachetées, une orque bleue et un cerf bicolore. C’est la salle des trophées de Low Poly Crafts, une toute jeune entreprise d’Ottawa spécialisée en sculptures de papier à confectionner soi-même.

Adrian-Filip Ocneanu et Britta Evans-Fenton reçoivent chez eux, au dixième étage d’un immeuble flambant neuf dans le secteur Mechanicsville. Le palier franchi, on découvre un cabinet de curiosités foisonnant, à l’image de leur collection de thés où l’on ne sait quoi piocher. Créatifs invétérés et adeptes du DIY (« do it yourself »), ils ont fondé leur entreprise dans leur appartement en 2016. Deux ans plus tard, ils commercialisent plus de 50 modèles partout dans le monde et embauchent quatre employés. Entrepreneur dans l’âme, ce couple à la vie comme en affaires regarde tout avec des yeux d’enfants. Ils s’émerveillent, s’interrogent, se taquinent, complètent leurs réponses et s’entraident pour s’exprimer en français uniquement. Les défis, ils adorent. À peine celui de Low Poly Crafts lancé, ils se concentrent déjà sur ceux de demain : la location d’un autre bureau, une présence accrue sur le marché américain, la création de nouveaux modèles...

C’est une rupture amoureuse, une entreprise de résilience qui a vu naître Low Poly Crafts. « Je vivais le stress d’un doctorat en génie biomédical puis j’ai connu la fin d’une relation, se souvient Adrian-Filip Ocneanu. J’avais besoin de faire quelque chose pour relaxer. J’ai découvert le travail d’un architecte allemand sur Internet et j’ai voulu m’y atteler. »

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Naviguer avec l’électrique

Le virage électrique, il y a maintenant bientôt trois ans que Croisières Outaouais l’a pris, en offrant des croisières écolos durant la période estivale sur les eaux du canal Rideau.

Après avoir mis à l’eau le Queen Elizabeth, un premier bateau 100 % électrique pouvant accueillir une centaine de passagers, le propriétaire Robert Taillefer espère bientôt répéter l’expérience, cette fois avec son navire jumeau, le Colonel By.

« Depuis le début, je crois beaucoup à l’environnement et donc c’est pour cela qu’on fait des efforts comme ça », affirme le propriétaire de Croisières Outaouais, qui a décroché un contrat de 40 ans de Parcs Canada pour offrir des croisières en exclusivité sur le canal.

Le Queen Elizabeth, dont le coût s’élève à environ 1,2 million $, a été construit en grande partie à Gatineau, dans les ateliers de la firme Marc Marine. Les batteries ont pour leur part été importées d’Allemagne.

M. Taillefer ne le cache pas, construire un bateau électrique a pratiquement coûté le double de ce qu’un modèle conventionnel lui en aurait occasionné.

« Pour les batteries, on parle d’environ 400 000 à 450 000 $, tandis que si j’avais mis des petits moteurs diesel, cela m’aurait coûté 50 000 $ », explique-t-il.

« Il n’y a donc pas un avantage financier, au contraire c’est plutôt un désavantage. L’avantage qu’on a, c’est que les touristes sont plus conscients d’avoir des produits verts comme ça, alors on peut vendre les billets un peu plus cher. Les gens sont impliqués et appuient des projets comme ça», conclut M. Taillefer.

DÉPASSER LES BORNES !

S’il faut à peine cinq minutes pour faire le plein d’essence, recharger un véhicule électrique demande en revanche de s’armer de patience ou encore de magasiner et de prendre une pause-café.

Aux Promenades Gatineau, quatre bornes de recharge rapides et quatre autres de 240 volts ont été installées en partenariat avec Hydro-Québec, ce qui fait de ce centre commercial la «superstation» de recharge rapide sur le territoire de la municipalité.