Le président de Club Piscine Super Fitness, Jean Ravenda, et ses deux filles Tania et Gina

Un club famille

N’allez pas demander à Jean Ravenda ce qui abreuve les discussions lors des soupers de famille, à Noël ou encore à Pâques. La réponse s’impose : on parle piscines, évidemment ! Le propriétaire du Club Piscine Super Fitness à Gatineau a réussi à faire plonger toute sa famille dans son projet d’affaires. Ses deux filles Gina et Tania, son fils Sacha de même que sa conjointe Tina, travaillent tous pour l’entreprise familiale. « Parfois, je mets mon chapeau de boss, parfois mon chapeau de père », confie Jean Ravenda. « C’est certain que les discussions sont enlignées vers ça, répond Gina. » «Ça fait 15 ans qu’on est là-dedans, c’est naturel. En plus, on aime ça », ajoute sa sœur Tania. »

Cette histoire de famille commence en 2003 quand Jean Ravenda, responsable des projets d’expansion de Club Piscine au Québec, vient à Gatineau pour trouver un franchisé pour l’ouest de la province. Incapable d’en dénicher un, il saute lui-même dans l’aventure et devient ce franchisé tant recherché en Outaouais. Jean Ravenda, ex-militaire qui a passé sa vie à déménager, migre cette fois en Outaouais.

Club Piscine et son concept unique de magasins à grandes surfaces spécialisés offre alors un très grand potentiel. La ville est en pleine croissance, des milliers de jeunes familles s’installent à Gatineau. La franchise obtient un succès immédiat. Depuis, l’entreprise a agrandi deux fois sa superficie, a ouvert un premier Club Piscine à Ottawa (Nepean) et a construit un immense centre de distribution dans le parc industriel de Gatineau.

« On installe encore 400 piscines par année, explique le franchisé. Et on ne peut en faire plus, on est à 100% de nos capacités. » Les affaires naviguent joyeusement.

Un marché qui fluctue

Mais depuis 15 ans, le marché des piscines s’est transformé. La croissance s’essouffle: les jeunes sont plus endettés, les nouvelles maisons ont de plus petits terrains, il y a moins d’extra dans le budget discrétionnaire. La majorité des ventes se font désormais dans les meubles de jardin et les gazebos. « Tout le monde a besoin de chaises et de tables, jeunes ou boomers et c’est accessible », constate monsieur Ravenda.

Grâce à la capacité d’achat des quelques 40 Club Piscine au Québec, la chaîne importe directement ses meubles de Chine. « On en commande 70 conteneurs par année, sans intermédiaire, ce qui fait que nos prix sont compétitifs. »

Le président de Club Piscine Super Fitness, Jean Ravenda

C’est pourquoi, après avoir ouvert un deuxième magasin à grande surface à Nepean, le premier de la bannière dans cette province, Club Piscine a pris une approche plus prudente avec son troisième commerce, cette fois à Orléans. Il s’agit plutôt d’un magasin saisonnier, ouvert cinq mois par année, et ne vendant que des meubles de jardin.

« On teste le marché », affirme Tania, qui, avec sa sœur Gina, a pris en charge le développement de l’entreprise en Ontario. Les gens parlent français à Orléans, ils connaissent notre compagnie, ça devrait bien aller. »

Une relève bien préparée

Les deux sœurs ont grandi dans le magasin de Gatineau et ont tout expérimenté depuis 15 ans, la caisse, les ventes, les commandes….Et elles sont bien équipées professionnellement pour assumer la relève du père : Tania a une maîtrise en administration tandis que Gina est diplômée en marketing.

« Ça fait des années qu’on prépare la relève. Dans quatre ou cinq ans quand je vais partir, les enfants seront prêts », affirme avec confiance Jean Ravenda, qui est également vice-président de la Chambre de commerce de Gatineau.

« On a de gros souliers à chausser, dit Gina. Mais on est deux avec des forces différentes, ajoute Tania. À deux, on devrait être bonnes pour le remplacer ! »

Les défis à relever présentement sont du côté des ressources humaines. Beaucoup de roulement d’employés, beaucoup de formation, souvent des gens vont quitter pour la fonction publique quand l’occasion se présente, note Jean Ravenda. La tâche est moins lourde, dit-il, depuis que le commerce est ouvert à l’année et le personnel est plus stable avec l’ajout d’équipements sportifs.

L’autre défi est plus difficile à gérer, c’est celui des sautes d’humeur de la météo.

« On fait la danse du soleil ces temps-ci mais on n’a pas beaucoup de succès », s’esclaffe M. Ravenda.