Naviguer avec l’électrique

Le virage électrique, il y a maintenant bientôt trois ans que Croisières Outaouais l’a pris, en offrant des croisières écolos durant la période estivale sur les eaux du canal Rideau.

Après avoir mis à l’eau le Queen Elizabeth, un premier bateau 100 % électrique pouvant accueillir une centaine de passagers, le propriétaire Robert Taillefer espère bientôt répéter l’expérience, cette fois avec son navire jumeau, le Colonel By.

« Depuis le début, je crois beaucoup à l’environnement et donc c’est pour cela qu’on fait des efforts comme ça », affirme le propriétaire de Croisières Outaouais, qui a décroché un contrat de 40 ans de Parcs Canada pour offrir des croisières en exclusivité sur le canal.

Le Queen Elizabeth, dont le coût s’élève à environ 1,2 million $, a été construit en grande partie à Gatineau, dans les ateliers de la firme Marc Marine. Les batteries ont pour leur part été importées d’Allemagne.

M. Taillefer ne le cache pas, construire un bateau électrique a pratiquement coûté le double de ce qu’un modèle conventionnel lui en aurait occasionné.

« Pour les batteries, on parle d’environ 400 000 à 450 000 $, tandis que si j’avais mis des petits moteurs diesel, cela m’aurait coûté 50 000 $ », explique-t-il.

« Il n’y a donc pas un avantage financier, au contraire c’est plutôt un désavantage. L’avantage qu’on a, c’est que les touristes sont plus conscients d’avoir des produits verts comme ça, alors on peut vendre les billets un peu plus cher. Les gens sont impliqués et appuient des projets comme ça», conclut M. Taillefer.

DÉPASSER LES BORNES !

S’il faut à peine cinq minutes pour faire le plein d’essence, recharger un véhicule électrique demande en revanche de s’armer de patience ou encore de magasiner et de prendre une pause-café.

Aux Promenades Gatineau, quatre bornes de recharge rapides et quatre autres de 240 volts ont été installées en partenariat avec Hydro-Québec, ce qui fait de ce centre commercial la «superstation» de recharge rapide sur le territoire de la municipalité.

La directrice du marketing des Promenades Gatineau, Kathleen Michaud, et le directeur des Promenades, Francis Vermette

Depuis l’implantation graduelle de bornes à l’automne 2016, le nombre d’électromobilistes de passage n’a cessé d’augmenter. Ils sont en moyenne 125 utilisateurs par mois à faire un arrêt aux recharges rapides et 180 à celles de 240 volts. « Le but était de mieux desservir cette demande-là qui est grandissante partout au Québec et dans la région, où on trouve environ 500 électromobilistes », explique la directrice du marketing des Promenades, Kathleen Michaud.

Le directeur du centre commercial, Francis Vermette, est pour sa part d’avis que les recharges présentent possiblement de nouvelles occasions d’affaires pour les Promenades. Il précise néanmoins qu’il n’existe pas présentement de données démontrant que les électromobilistes en profitent pour faire des achats lors deleur arrêt.

« Là où ça peut amener de la nouvelle business, c’est que les gens en déplacement ou en voyagement, lorsqu’ils viennent faire une recharge, au lieu d’attendre dans leur véhicule, ils vont rentrer dans notre centre commercial et possiblement consommer, aller manger ou peu importe. Donc à ce niveau-là, ça peut augmenter l’achalandage et les ventes », croit-il.

Sept nouvelles bornes à Gatineau

La Ville de Gatineau a pour sa part récemment octroyé un contrat de près de 149 000 $ sur cinq ans à la firme Westburne Divison de Rexel Canada Électrique, pour l'installation de sept bornes de recharge. Cette acquisition découle de la décision de la municipalité de doter une partie de sa flotte en véhicules électriques. 

Ces nouvelles bornes seront installées sur deux sites, afin d'alimenter le premier lot de véhicules électriques commandés l'automne dernier. Ce chiffre pourrait toutefois bondir, puisque Gatineau envisage l'achat et l'installation d'un parc pouvant aller jusqu'à 27 bornes de recharge d'ici 2022.