Philippe Londei, Paul Da Costa et Ken Villeneuve de Freebees

Freebees, la ruche à récompenses

Vous savez probablement que les insectes pollinisateurs assurent un rôle essentiel dans la nature afin de conserver une riche biodiversité. En parallèle, nous pouvons présumer qu’au cœur de l’activité économique, ce sont les consommateurs qui jouent ce rôle crucial. Le programme de fidélisation proposé par l’équipe de Freebees s’avère un outil prometteur qui encourage les clients à butiner, telles de petites abeilles, les récompenses au sein d’un réseau exclusif.

Cette idée a germé dans les esprits de Ken Villeneuve et de Philippe Londei, alors que tous deux œuvraient à la Fondation franco-ontarienne. Sans connaissances particulières en codage ou en programmation, les deux comparses s’entourent et s’informent afin de structurer leur vision d’un programme de récompense dont la simplicité serait la clé.

« Notre volonté première était de changer la façon de récompenser le consommateur. En plus d’être compréhensible, notre service permet de personnaliser très efficacement la relation marchand-client. C’est certainement ce qui nous distingue des autres programmes sur le marché », fait valoir Philippe Londei, chargé des communications et du marketing de l’entreprise.

Si cette distinction apporte les résultats espérés, la direction de Freebees entend rejoindre 1 million de membres d’ici 2019, grâce à l’ajout d’un millier de commerces participants. Un bêta test au cours duquel un échantillon du public cible essaie le produit et une période de rodage en 2014 a permis au programme d’être peaufiné pour ensuite être implanté dans six régions administratives du Québec.

Réinventer la fidélisation

Comment cela fonctionne-t-il concrètement ? Pour les marchands, un abonnement avec un tarif mensuel permet d’instaurer rapidement un programme de fidélisation maison. Tous les outils nécessaires à un lancement efficace sont inclus, par exemple la mise à niveau des POS (NDLR: un logiciel de points de vente), l’affichage, l’application web, le support marketing, etc. Les gars de chez Freebees ont voulu réinventer ce qui se fait dans le domaine en octroyant davantage de possibilités aux marchands comme aux clients.

« Les cartes de fidélités à poinçonner par exemple, celles que l’on retrouve fréquemment chez les petits et moyens commerces locaux, sont souvent inefficaces. Leur portée est limitée puisque les consommateurs sont ensevelis d’offres variées et de cartes indépendantes les unes des autres », explique Paul Da Costa, propriétaire du Centre de services Freebees de l’Outaouais.

La force du réseau

C’est justement cette interconnexion de la monnaie et des partenaires grâce à la plateforme Freebees qui semble apporter un avantage bien concret au programme. « La monnaie Freebees est réelle et la simplicité avec laquelle on peut l’utiliser conditionne les clients dits élastiques, cette clientèle avec laquelle il est possible d’étirer et d’amplifier les ventes d’un partenaire grâce aux retours fréquents des mêmes individus », explique le franchisé gatinois.

Pour encourager cette élasticité, les marchands proposent des points supplémentaires sur certains produits ou bien promeuvent une récompense quelconque pendant une certaine période de temps. L’offre sera popularisée sur l’application web et via les adresses courriel des utilisateurs Freebees pour ainsi joindre un bassin plus vaste que si le commerçant avait continué à faire cavalier seul.

Ces promotions, concoctées par les partenaires, ciblent la clientèle notamment par la géolocalisation et par un filtrage des intérêts des membres. « Il s’agit d’une aide considérable aux entrepreneurs qui n’ont pas nécessairement toutes les ressources et habiletés pour innover au niveau marketing », fait savoir Philippe Londei.

Les consommateurs profitent de l’accumulation de ces dollars Freebees dans leur portefeuille numérique. D’après Paul Da Costa, le portrait global que peut avoir un utilisateur grâce à la technologie raffermit l’expérience positive. « Lorsqu’une personne devient membre, on l’appelle une abeille. Le taux de rétention de nos abeilles inscrites dans le réseau est de 99,5%. Les gens sont fidélisés avec raison par les récompenses, mais aussi par les références des partenaires marchands qui sont toutes centralisées dans l’application », assure-t-il.

L’Outaouais, une ruche en effervescence

L’équipe installée en Outaouais est ravie de voir fructifier ses efforts sur le territoire. « La progression s’est faite en deux vagues. De l’automne 2015 jusqu’à notre lancement officiel en novembre 2016, il y a eu un certain engouement, mais tout va encore mieux depuis », se réjouit le cofondateur Philippe Londei. Une quarantaine de commerces locaux ont maintenant joint le réseau. On peut penser à quelques noms connus tels que le Deli Chenoys, Pal Pilon Ltée et le Cinéma Aylmer.

« Depuis 2016, nous avons répertorié 100 000 transactions qui ont transité par la plateforme, exclusivement à Gatineau. Si on avance d’autres chiffres, on compte actuellement plus de 8 000 utilisateurs réguliers et environ 30 000 cartes distribuées dans la région », note fièrement Paul Da Costa, qui développe sans relâche le secteur gatinois.

Avec la force du réseau, les principaux intéressés souhaitent voir l’équivalent d’un citoyen sur cinq joindre les rangs des abeilles Freebees d’ici la fin 2018. Leur croissance suit une courbe enviable qui ne semble pas prête de s’essouffler.