Débarquer dans le Calvados

CHRONIQUE / La Normandie est principalement connue pour de tristes raisons. Le 6 Juin 1944, un débarquement a eu lieu sur ces terres productrices d’un fin spiritueux, le Calvados. Avant de lever notre verre à ceux et celles qui ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale, portons un rapide coup d’oeil sur l’histoire du Calvados et sur ses méthodes de production.

Vers le milieu du 16e siècle, les Normands ont fait la découverte d’un procédé de distillation de leur cidre de pommes. En 1914, la Première Guerre mondiale éclate et les différentes armées ont vite manqué d’armes et d’explosifs. Elles se tournèrent donc vers l’alcool, un type d’explosif simple à avoir. Ne pouvant mettre la main sur des alcools comme le Cognac ou même l’Armagnac dû à leurs appellations contrôlées, l’eau de vie normande, mieux connue sous le nom de Calvados, devenait une proie facile à obtenir ! C’est pour cette raison qu’en 1942, l’appellation fut déposée. Cette toute première appellation a été retravaillée en 1984 afin de bien établir les variantes entre le Calvados Pays d’Auge ainsi que le Calvados d’appellation contrôlée. En 1997, une troisième appellation a vu le jour, le Calvados Donfromtais, avec pour objectif de protéger là-aussi les producteurs de cette région. 

Michel Beucher 

Ce magnifique produit représente très bien le Calvados AOC qui peut être produit dans une zone bien définie en Normandie. Bien que l’on puisse inclure un maximum de 30% de poire à l’intérieur de son moût, l’équipe de Michel Beucher ne met que de la pomme dans ses produits. Il est vrai que dans cette appellation, il n’y a pas d’obligation en matière de distillation. Mais pour obtenir ce produit, on utilise deux fois plutôt qu’une un magnifique alambic à colonne. Au chapitre du vieillissement, l’appellation exige un minimum de deux ans, mais pour cette superbe bouteille, les artisans la font vieillir pendant six ans afin de récolter un Calvados vif, fruité sur la pomme avec de magnifiques tanins de bois. Il est puissant, mais succulent! 

Roger Groult 

Un exemple parfait de ce qu’est le Calvados Pays d’Auge ! Tout comme le Calvados AOC, l’appellation dans laquelle on retrouve la maison Roger Groult permet un maximum de 30% de poire à l’intérieur de son moût et on laisse entièrement la pomme faire son travail. Dans cette appellation, on doit obligatoirement avoir une double distillation dans un alambic charentais. Son vieillissement est fait pour une période de plus de huit ans, ce qui lui donne une belle fraîcheur avec une pomme très présente à travers des notes qui rappelle un vin chaud avec des épices, de la vanille et un côté boisé. 

Louis de Lauriston 

Cette magnifique bouteille est un Calvados Domfrontais dans lequel il faut absolument retrouver un minimum de 30% de poire. Pour cette vieille réserve, on y retrouve plus de 70% de poires à l’intérieur. Sa distillation doit obligatoirement être faite à l’intérieur d’un alambic à colonne afin d’avoir un spiritueux plus fin et plus léger. Bien que l’appellation exige un vieillissement de trois ans, nous avons ici un produit de plus de six ans d’âge. C’est de la poire, c’est de la vanille, c’est de la douceur et c’est magnifique. 

Pour en connaître davantage sur l’univers des spiritueux: rendez-vous sur le www.yanaube.ca