Le Droit Affaires

Gilles Desjardins, un homme et sa passion

Brosser le portrait de l’entrepreneur Gilles Desjardins, grand patron de Brigil, est une tâche délicate par les temps qui courent. Depuis deux ans, le projet Place des peuples qu’il veut ériger sur la rue Laurier, en face du Musée canadien de l’histoire à Gatineau, fait régulièrement les manchettes, suscite les passions, polarise les débats et divise l’opinion publique.

Controversé, son projet l’est certes et, dans son sillage, l’homme l’est devenu tout autant. Il y a ceux qui glorifient son audace, son sens des affaires et qui envient sa réussite. D’autres le démonisent, le percevant comme une menace pour un quartier que plusieurs estiment patrimonial, en raison de son projet d’y planter deux tours de 55 et 35 étages. 

Président-fondateur de Brigil, une entreprise active dans le développement et la construction immobilière depuis 1985, Gilles Desjardins est omniprésent dans le paysage de la région de Gatineau-Ottawa. 

Chaleureux et volubile à souhait lors de nos rencontres, il est plutôt mal à l’aise lorsque vient le temps de s’exprimer en public. « Je suis un bon vendeur, mais pas un bon communicateur », admet-il lui-même. 

Le Droit Affaires

Investir en arts visuels, un bon plan fiscal?

À l’achat ou à la location, les œuvres d’art offrent un relais de communication privilégié, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. Sous certaines conditions, elles permettent aussi de bénéficier d’avantages fiscaux. Alors pourquoi ne pas troquer de simples reproductions génériques par des œuvres d’artistes canadiens ?

Sculptures dans les couloirs et peintures de caractère sur les murs, l’art se fraie facilement une place dans le monde de l’entreprise, à condition d’oser s’y aventurer. Même si cela représente un certain budget, l’exposition d’oeuvres dans un lieu d’affaires n’est pas l’apanage des grandes entreprises. Et peut offrir de nombreux avantages à qui s’y intéresse.

« C’est malheureusement un investissement encore trop peu connu du monde des affaires », déplore Catherine Lafranchise, coordinatrice de projets à l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC).

Vecteur de promotion et actif de diversification du patrimoine, l’art constitue un précieux outil de reconnaissance sociale tant pour les particuliers que pour le monde de l’entreprise. Il permet de renforcer l’identité visuelle d’une société tout en valorisant l’audace et la créativité des artistes exposés.

Le Droit Affaires

Un club famille

N’allez pas demander à Jean Ravenda ce qui abreuve les discussions lors des soupers de famille, à Noël ou encore à Pâques. La réponse s’impose : on parle piscines, évidemment ! Le propriétaire du Club Piscine Super Fitness à Gatineau a réussi à faire plonger toute sa famille dans son projet d’affaires. Ses deux filles Gina et Tania, son fils Sacha de même que sa conjointe Tina, travaillent tous pour l’entreprise familiale. « Parfois, je mets mon chapeau de boss, parfois mon chapeau de père », confie Jean Ravenda. « C’est certain que les discussions sont enlignées vers ça, répond Gina. » «Ça fait 15 ans qu’on est là-dedans, c’est naturel. En plus, on aime ça », ajoute sa sœur Tania. »

Cette histoire de famille commence en 2003 quand Jean Ravenda, responsable des projets d’expansion de Club Piscine au Québec, vient à Gatineau pour trouver un franchisé pour l’ouest de la province. Incapable d’en dénicher un, il saute lui-même dans l’aventure et devient ce franchisé tant recherché en Outaouais. Jean Ravenda, ex-militaire qui a passé sa vie à déménager, migre cette fois en Outaouais.

Club Piscine et son concept unique de magasins à grandes surfaces spécialisés offre alors un très grand potentiel. La ville est en pleine croissance, des milliers de jeunes familles s’installent à Gatineau. La franchise obtient un succès immédiat. Depuis, l’entreprise a agrandi deux fois sa superficie, a ouvert un premier Club Piscine à Ottawa (Nepean) et a construit un immense centre de distribution dans le parc industriel de Gatineau.

Le Droit Affaires

Le transport vert dans l’air du temps

Face au défi que posent les changements climatiques, plusieurs gouvernements prennent le virage électrique, incitant du même coup les manufacturiers et concessionnaires automobiles, consommateurs et entrepreneurs à mettre l’épaule à la roue à l’aide de subventions, de quotas ou encore de taxes dissuasives.

Il faut dire qu’au Québec, le transport routier de véhicules à carburant représente 33,6 % des émissions de gaz à effet de serre, ce qui en fait l’une des principales sources de pollution.

Aux grands maux les grands remèdes : depuis le 1er janvier dernier, la loi Véhicules zéro émission (VZE) adoptée par le Québec est officiellement entrée en vigueur. La mesure législative rétroactive prévoit des quotas et fonctionne comme une bourse avec échanges de crédits. Elle oblige ainsi les constructeurs automobiles à s’assurer que les ventes de véhicules électriques atteignent annuellement 3,5 % des ventes de véhicules légers.

Québec souhaite ainsi faire bondir à 100 000 le nombre de véhicules électriques immatriculés dans la province d’ici 2020, contre à peine 19 000 en 2017. La mouture québécoise de cette loi s’inspire de celles en vigueur dans une dizaine d’États américains, dont la Californie.

Le Droit Affaires

Un potentiel électrique pour les entrepreneurs

Si l’entreprise québécoise Autobus Lion, qui produit et vend des autobus électriques de St-Jérôme à la Californie, fait figure de leader dans le domaine de l’électrification des transports, troquer la pompe à essence pour les volts reste à la portée des entrepreneurs.

C’est du moins la mission que s’est donnée l’Institut du véhicule innovant (IVI), un organisme à but non lucratif qui aide les PME québécoises à effectuer une transition en matière d’innovation du transport.

C’est d’ailleurs ainsi qu’a débuté l’aventure d’Autobus Lion, aux dire du coordonnateur de projets de l’Institut, Stéphane Pascalon.

« C’est nous qui avons initié ce projet. On est allé les voir, on leur a dit que ce serait intéressant pour eux. On a fait le prototype et aidé à l’industrialiser. Maintenant, eux, ils ont développé une filière de véhicules électriques et sont devenus leader dans ce domaine-là. Ça leur a permis de prendre une grande place sur le marché », explique-t-il.

L’Institut, qui compte une trentaine d’ingénieurs spécialisés dans la recherche et le développement, a aussi comme partenaires Novabus, LTS Marine, et Nordresa.

Flotte rechargeable

M. Pascalon soutient que les entrepreneurs de l’Outaouais intéressés par l’électrification des transports peuvent bénéficier des travaux de l’Institut, que ce soit dans le domaine des véhicules routiers, avec les motoneiges ou sur l’eau, tels que les traversiers.

L’Institut travaille d’ailleurs sur un projet de flotte rechargeable qui s’adresse aux gestionnaires de flotte en entreprise. Un outil permettant aux entreprises de simuler et d’évaluer la faisabilité de leur trajet électrique a été mis au point.

« Si des entreprises de Gatineau sont intéressées, alors nous on leur prête une dizaine de voitures électriques gratuitement et on leur installe des bornes de recharge temporairement pendant trois semaines », soutient-il.

« On enregistre et on capte l’ensemble des informations utilisées par nos véhicules et on fait une analyse de leur trajet, de leurs besoins et on donne des résultats et l’impact que ça aurait pour eux de changer leurs véhicules à essence avec ceux électriques », poursuit-il.

Selon lui, des économies de 1000 à 2000 $ peuvent être effectuées en moyenne pour chaque 20 000 km parcourus avec un véhicule électrique.

La Cité en mode électrique

Les étudiants du programme de technologie du génie mécanique de l’institution collégiale La Cité jonglent pour leur part avec plusieurs projets axés sur l’électrification des transports. Depuis quatre ans, ils s’affairent à fignoler une petite automobile électrique de deux passagers et dont l’aiguille sur le tableau de bord peut grimper à une vitesse de 80km/h.

Le coordonnateur du programme à La Cité, Sylvio Méthot, a aussi mis au point une petite roue avec un moteur électrique qui s’accroche à l’arrière d’un véhicule. Le projet, dit-il, est considéré légal par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), puisque cette cinquième roue n’est pas considérée comme une remorque et n’a ainsi pas besoin d’être immatriculée.

« C’est comme si vous rouliez sur la route avec un immense vent de dos qui pousserait l’auto », image-t-il.

« On remplace ainsi l’équivalent de 10 $ d’essence pour un dollar d’électricité, lorsqu’on fait la recharge le soir à la maison. Par exemple, quelqu’un qui va travailler à une distance de 50 km, pourra faire une économie d’essence de près de 60 % avec la petite roue électrique qui pousse l’auto », poursuit M. Méthot.

Le coordonnateur affirme que différents partenariats peuvent être développés avec des entrepreneurs qui le souhaitent.

« On est ouvert à tout, puisque d’année en année, on se cherche des projets. On a des étudiants en 3e année qui ont toute la session d’automne et d’hiver pour travailler sur des projets. Donc, si quelqu’un est intéressé, par exemple, à développer quelque chose dans le domaine des transports et de l’électricité, il y a même la possibilité, par le biais de la recherche appliquée à La Cité d’aller chercher des subventions gouvernementales », fait-il remarquer.

ESSAIS GRATUITS À GATINEAU

Vous songez à devenir un électromobiliste, mais ne savez par où commencer ? L’Institut du véhicule innovant organise l’événement Branchez-vous, les 25 et 26 mai, au Centre communautaire Saint-Jean-de-Brébeuf, à Gatineau. Il sera alors possible, sur réservation, d’essayer différents modèles de véhicules électriques.

Le Droit Affaires

Naviguer avec l’électrique

Le virage électrique, il y a maintenant bientôt trois ans que Croisières Outaouais l’a pris, en offrant des croisières écolos durant la période estivale sur les eaux du canal Rideau.

Après avoir mis à l’eau le Queen Elizabeth, un premier bateau 100 % électrique pouvant accueillir une centaine de passagers, le propriétaire Robert Taillefer espère bientôt répéter l’expérience, cette fois avec son navire jumeau, le Colonel By.

« Depuis le début, je crois beaucoup à l’environnement et donc c’est pour cela qu’on fait des efforts comme ça », affirme le propriétaire de Croisières Outaouais, qui a décroché un contrat de 40 ans de Parcs Canada pour offrir des croisières en exclusivité sur le canal.

Le Queen Elizabeth, dont le coût s’élève à environ 1,2 million $, a été construit en grande partie à Gatineau, dans les ateliers de la firme Marc Marine. Les batteries ont pour leur part été importées d’Allemagne.

M. Taillefer ne le cache pas, construire un bateau électrique a pratiquement coûté le double de ce qu’un modèle conventionnel lui en aurait occasionné.

« Pour les batteries, on parle d’environ 400 000 à 450 000 $, tandis que si j’avais mis des petits moteurs diesel, cela m’aurait coûté 50 000 $ », explique-t-il.

« Il n’y a donc pas un avantage financier, au contraire c’est plutôt un désavantage. L’avantage qu’on a, c’est que les touristes sont plus conscients d’avoir des produits verts comme ça, alors on peut vendre les billets un peu plus cher. Les gens sont impliqués et appuient des projets comme ça», conclut M. Taillefer.

DÉPASSER LES BORNES !

S’il faut à peine cinq minutes pour faire le plein d’essence, recharger un véhicule électrique demande en revanche de s’armer de patience ou encore de magasiner et de prendre une pause-café.

Aux Promenades Gatineau, quatre bornes de recharge rapides et quatre autres de 240 volts ont été installées en partenariat avec Hydro-Québec, ce qui fait de ce centre commercial la «superstation» de recharge rapide sur le territoire de la municipalité.

Le Droit Affaires

Quand le papier fait un carton

Sur les murs du salon, ce curieux zoo haut en couleurs vous toise du regard : un bison aux cornes roses, trois girafes tachetées, une orque bleue et un cerf bicolore. C’est la salle des trophées de Low Poly Crafts, une toute jeune entreprise d’Ottawa spécialisée en sculptures de papier à confectionner soi-même.

Adrian-Filip Ocneanu et Britta Evans-Fenton reçoivent chez eux, au dixième étage d’un immeuble flambant neuf dans le secteur Mechanicsville. Le palier franchi, on découvre un cabinet de curiosités foisonnant, à l’image de leur collection de thés où l’on ne sait quoi piocher. Créatifs invétérés et adeptes du DIY (« do it yourself »), ils ont fondé leur entreprise dans leur appartement en 2016. Deux ans plus tard, ils commercialisent plus de 50 modèles partout dans le monde et embauchent quatre employés. Entrepreneur dans l’âme, ce couple à la vie comme en affaires regarde tout avec des yeux d’enfants. Ils s’émerveillent, s’interrogent, se taquinent, complètent leurs réponses et s’entraident pour s’exprimer en français uniquement. Les défis, ils adorent. À peine celui de Low Poly Crafts lancé, ils se concentrent déjà sur ceux de demain : la location d’un autre bureau, une présence accrue sur le marché américain, la création de nouveaux modèles...

C’est une rupture amoureuse, une entreprise de résilience qui a vu naître Low Poly Crafts. « Je vivais le stress d’un doctorat en génie biomédical puis j’ai connu la fin d’une relation, se souvient Adrian-Filip Ocneanu. J’avais besoin de faire quelque chose pour relaxer. J’ai découvert le travail d’un architecte allemand sur Internet et j’ai voulu m’y atteler. »

Le Droit Affaires

Vivre son plein potentiel!

Depuis plus d’un an, deux entrepreneurs visionnaires, l’un philanthrope, Eugène Tassé et l’autre expert en philanthropie, le regretté Mark Bordeleau, ont jumelé leurs efforts pour créer le nouveau programme de renforcement des compétences Vivre son plein potentiel.

Le défi était d’arrimer philosophie et entrepreneuriat afin de proposer une valeur ajoutée dans l’écosystème éducatif et socioéconomique. Mission accomplie ! Trente-deux personnes ont participé activement et ont apprécié grandement ce premier cours.

Du sens à l’état pur en 2018 !

« La philosophie, pense-t-on ordinairement, est abstraite, éloignée des préoccupations ordinaires de la vie, entièrement tournée vers des questions sans issue. Difficile donc, selon cette perspective, d’imaginer un rapport avec l’entrepreneuriat. En effet, l’entrepreneur doit faire preuve d’efficacité dans ses actions, d’une pensée pragmatique, d’une capacité de réagir rapidement face à de nouvelles situations. Pourtant, dans un monde où les rapports économiques accélèrent, où l’humain semble perdre contrôle de ses propres actions et où les repères éthiques disparaissent, ne serait-il pas souhaitable de trouver des espaces qui permettent d’interroger à fond les pratiques entrepreneuriales ? », souligne Antoine Dabrowski, professeur au Collège universitaire dominicain et co-concepteur du programme Vivre son plein potentiel.

Étant donné que toute action économique présuppose une vision de l’être humain ainsi que de son rapport au monde et à la communauté, il importe de réaliser que la philosophie peut contribuer à des éveils et à des prises de conscience relativement aux dimensions humaines, sociales, environnementales et politiques liées à la sphère économique et à la gestion de l’argent. M. Tassé martèle depuis des décennies la nécessité de tels éveils et M. Bordeleau l’a entendu en réalisant le rêve de ce dernier via la Fondation du Collège universitaire dominicain qu’il dirigeait.

Les éveils nécessaires

« Un premier éveil rendu nécessaire dans le monde actuel est celui d’une prise en charge cohérente de toutes les dimensions de sa vie. Un deuxième éveil est celui qui permet de distinguer une idée juste de la richesse de ses distorsions alimentées par une société de consommation. Un troisième éveil consiste à penser la redistribution et la contribution à la communauté dans un monde qui favorise l’individualisme. Les techniques et savoirs financiers ne permettent pas, à eux seuls, de produire de tels éveils. Il faut, pour reprendre les mots d’Eugène Tassé, une philosophie entrepreneuriale », ajoute M. Dabrowski.

Ayant inspiré la réalisation de grands projets à la Fondation, M. Bordeleau a quitté ce monde en jetant les bases d’une initiative qui laissera sa marque. En son honneur et pour répondre à un besoin fondamental de la société, le Collège universitaire dominicain continuera d’offrir ce cours avec l’appui de son parrain Eugène Tassé.

Ethel Côté est présidente de MécènESS & Institut social

Le Droit Affaires

L’art de créer du lien

Lancé à Gatineau en 2016, artblr.com héberge des milliers d’artistes du monde entier. Il représente bien les possibilités qu’offre le web à des entrepreneurs branchés. Contributif, collaboratif, interactif, Artblr.com s’est donné pour mission de devenir le «Kijiji de l’art». Et vise le million d’artistes inscrits d’ici 2021. Rien de moins !

En quelques années, Internet est devenu un vecteur incontournable du commerce. Le marché du commerce de détail en ligne connaît d’ailleurs une croissance exceptionnelle. Selon Statistique Canada, il a bondi de 17,2% entre 2016 et 2017 tandis que le total du commerce au détail a progressé de 3,4 %. Ce grand chambardement n’a pas échappé à trois entrepreneurs de Gatineau, passionnés d’art, qui ont lancé leur site en 2016. Surfant sur l’engouement pour les réseaux sociaux et l’essor des moteurs de recherche en ligne, ils ont imaginé une plateforme qui permettrait aux artistes de se faire connaître et aux internautes, de magasiner leur œuvre d’art en un clic. Aujourd’hui, le site répertorie quelque75 000 œuvres pour un coût moyen oscillant entre 500 et 1000 $ l’artefact.

« Nous cherchions avant tout à développer un projet autour d’une start-up technologique, se souvient Martin Khalifé, cofondateur du site avec Sébastien Demers. Nous étions nous-mêmes jeunes collectionneurs et l’idée initiale est partie d’un dilemme que nous éprouvions: comment trouver des œuvres d’art d’ici sans forcément connaître le nom des artistes? »

Ainsi naît l’idée d’un site qui répertorie l’art par catégories et géolocalisation. Les deux jeunes quadras, amis de longue date, imaginent une plateforme ouverte où les artistes créeraient leur propre profil mais qui, à la différence d’Etsy ou d’Artsy, fonctionne sans filtre. Un site qui donnerait aux artistes les moyens de leur propre croissance selon le principe de vente directe, donc sans intermédiaire. « Nous ne prélevons pas de commission», tient à préciser Sébastien Demers. Vendeur et acheteur gèrent eux-mêmes leur transaction, à la manière de Kijiji.

Le Droit Affaires

Le plus grand centre commercial en ligne au Canada français

Plus de la moitié des Québécois ont fait au moins un achat en ligne en 2017. Plus encore : les trois quarts des 18-34 ans (76%) ont effectué une transaction commerciale en ligne, cette même année, tout comme d’ailleurs 66% des 35-54 ans.

Mais là où le bât blesse, c’est que 48% des transactions effectuées sur Internet par les Québécois l’ont été sur des sites… américains, contre 27% sur des sites québécois. Cela représente une saignée de près de huit milliards de dollars chaque année vers les États-Unis.

Des données qui agacent depuis très longtemps le chroniqueur télé, producteur et entrepreneur bien connu François Charron. Cette saignée de capitaux vers l’étranger n’est pas justifiée, selon lui.

Un constat : « les travailleurs autonomes, les TTE (tites, tites entreprises) et les PME n’ont pas de site Internet, écrit-il sur son site web. Je veux que toutes les petites entreprises (d’ici) aient un site Internet et une boutique en ligne, que vous compreniez comment ça marche le Web et que vous soyez l’artisan de votre succès sur le Net. »

En 2010, il commence à travailler sur son grand projet: le nouveau site Web Votresite.ca, un guichet unique, un hébergeur Web pour petites entreprises où ces dernières peuvent créer leur propre site Web et leur boutique en ligne et avoir accès à un centre d’achat virtuel.

En 2014, Éric Brousseau, directeur principal aux ventes et au marketing au quotidien Le Droit, fait la rencontre de François Charron lors du Salon des entreprises de Gatineau. Le déclic se fait : Groupe Capitales Médias (GCM) possède six quotidiens desservant le Québec et l’Est ontarien et qui rejoignent 1,7 million de lecteurs par semaine et Votresite.ca qui abrite déjà 1800 boutiques en ligne. Le courant passe...

Ce partenariat vient de déboucher sur le site MonPanier.ca, qui se veut le plus grand centre commercial en ligne au Canada français. À son lancement, le 8 mai dernier, déjà près de 160 000 produits attendaient les internautes magasineurs.

Viser local

GCM devient ainsi le premier groupe médiatique de chez nous à se lancer dans le commerce en ligne. Et MonPanier.ca veut devenir le plus grand regroupement de marchands régionaux du Québec et de la région d’Ottawa. Un onglet correspond d’ailleurs à la zone Gatineau-Ottawa administrée à partir de la capitale fédérale par la coordonnatrice au développement numérique du quotidien Le Droit, Marie-Hélène Chouinard. 

Autre particularité favorable aux marchands locaux est que, contrairement à Amazon qui centralise toutes les transactions et redistribue ensuite une fraction des gains aux entreprises, MonPanier.ca redirige directement tous les acheteurs aux boutiques en ligne de chaque commerçant participant. La transaction se fait donc directement entre le marchand et le client, sans intermédiaire.

« On n’a pas la prétention de vouloir embêter Amazon avec ça. On est réaliste. Mais au moins on offre des solutions locales à des entreprises locales pour faire du commerce en ligne », explique Éric Brousseau. 

François Charron, lui-même, présentait sur une vidéo mise en ligne, le nouveau site d’achats virtuel MonPanier.ca comme étant le « site phare », le « navire amiral des marchands d’ici » et enjoignait les commerçants à y participer avec enthousiasme.

« Et là, c’est le temps de donner de l’amour à vos boutiques en ligne. Allez fignoler vos fiches de produits, faites des promotions, rendez-vous beaux, rendez-vous attrayants, attirants aux yeux des clients. »

Voilà donc un vaste centre commercial à explorer… sans se soucier d’y perdre les enfants ou d’être pris dans le trafic avec sa voiture.