Julie Moffatt, directrice d'Export Outaouais, et Ann Delarosbil, directrice régionale de l'École des entrepreneurs
Julie Moffatt, directrice d'Export Outaouais, et Ann Delarosbil, directrice régionale de l'École des entrepreneurs

L’Outaouais part en exportation électronique (partie 4 de 5)

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Collaboration spéciale

Le commerce en ligne pour survivre

Dans un contexte de pandémie, le commerce en ligne peut devenir une question de « survie », signale la directrice régionale du campus de l’Outaouais de l’École des entrepreneurs du Québec, Ann Delarosbil.

D’après les données de l’École, les ventes en ligne ont augmenté de plus de 118% au Québec depuis le début de la pandémie.

Il s’est aussi effectué pour plus de 12,45 milliards $ d’achats en ligne depuis 2019 dans la province.

« Ça accélère le besoin de grandir comme entrepreneur et d’investir en eux, dans leur savoir-faire pour exceller en affaires et pour garantir la pérennité de leurs affaires à long terme. Ça accélère, mais ce virage-là était nécessaire, c’est juste que là il devient une question de survie dans certains cas », poursuit-elle.

Cette nouvelle réalité amplifiée durant la pandémie se reflète d’ailleurs dans les revenus générés par le géant ottavien du commerce électronique Shopify, qui ont dépassé les attentes de Wall Street au troisième trimestre. La société a enregistré des revenus records, en clôturant le mois de septembre avec des revenus de 767,4 millions $ américains, représentant une hausse de 96% par rapport à l’an dernier.

La situation actuelle a ainsi incité l’École des entrepreneurs du Québec de l’Outaouais à mettre sur pied une formation de commerce en ligne, qui comprend aussi un volet exportation chapeauté par Export Outaouais.

Cette formation, nommée Parcours en cybercommerce, est destinée aux entrepreneurs locaux qui souhaitent mettre en place une boutique en ligne, ou à ceux ayant un secteur marketing numérique ou qui sont déjà actifs en commerce électronique et qui souhaitent gagner en efficacité et développer de nouveaux marchés.

La formation visera à outiller une centaine d’entreprises de la région répartie en deux cohortes, dont la première devrait être accueillie en janvier et la suivante en septembre 2021.

« Souvent, l’entrepreneur va faire un virage électronique avec des agences externes ou alors il engage un jeune, mais il ne connaît pas ça suffisamment lui-même. »

« Alors l’objectif du programme est, dans un premier temps, de permettre à des PME d’entamer le commerce électronique, donc d’entamer cet investissement ou ce changement-là auprès de l’entreprise ou s’ils en font déjà, alors d’optimiser ce qu’ils font déjà », dit-elle.

Elle explique que le commerce en ligne se décline en diverses étapes, allant de l’impact logistique à la science de l’emballage, au choix des boîtes, au transport, à l’entreposage, à la gestion de l’opération et de la commande.

« C’est un gros dossier qui a souvent de l’impact sur l’entreprise et qui souvent est appris sur le tas finalement », fait remarquer Mme Delarosbil.

Volet exportation

Le programme contient aussi la Roue de la croissance, développée par l’École et qui permet de faire un diagnostic pour déterminer si l’entreprise a la maturité de pouvoir exporter.

« Parfois, le problème, c’est de vouloir se lancer dans l’exportation avant même que la maison ne soit solide », dit-elle.

« Ça peut sembler être une grosse montagne si on ne sait pas par où commencer, et il y a une barrière linguistique au Québec aussi. Donc là, en offrant le Parcours en cybercommerce avec l’exportation en français, ça donne l’occasion aux gens de s’outiller dans leur langue », poursuit Mme Delarosbil.

Le volet exportation et cybercommerce du programme comprend notamment une composante allant de la planification à l’exportation et la mise en oeuvre, ainsi que l’identification et la justification de nouveaux marchés, les stratégies d’entrée et de distribution, les trucs et astuces de cybercommerce à l’étranger, le plan d’action KPIs ( ou Indicateurs clés de performance ), la fiscalité hors frontières, la conformité douanière, les cultures et relations d’affaires et les solutions financières.

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