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L’importance de bien s’entourer (partie 3 de 3)

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
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Vous êtes une femme et vous désirez vous tailler une place dans un milieu qui, pendant trop longtemps, a été catégorisé comme en étant un « fait pour les hommes » ? Pour ces femmes issues du monde agricole, ce sont les réseaux qu’elles ont bâtis et dont elles font partie qui ont joué un rôle important dans leur épanouissement.

« J’aurais aimé avoir un réseau comme ça, plus jeune », regrette Sandra Clément, une agricultrice de l’Est ontarien qui a réussi à développer, au cours des dernières années, des relations avec d’autres femmes qui, comme elle, ressentent un désir de partager leurs expériences.

Sur le groupe Facebook « Amoureuse d’Ag », mis sur pied par Sandra Clément et ses trois filles, elles y partagent des photos et des vidéos de leur quotidien, ainsi que des informations qui touchent celui des femmes en agriculture.

« Je me suis souvent sentie seule », se souvient la mère de famille, qui se dit chanceuse d’avoir pu compter sur sa propre mère, qui a grandi à la ferme, pour l’épauler.

Depuis la création de ce réseau regroupant plusieurs agricultrices de sa région, Sandra Clément est souvent sollicitée pour prendre part à des discussions et pour répondre à des questions, notamment.


« Je peux aussi dire que ça apporte une confiance aux filles de voir les gens nous encourager dans ce que l’on fait. Les réseaux sociaux ne sont pas toujours la meilleure chose, mais il y a de bons côtés et il faut apprendre à bien s’en servir. »
Sandra Clément

Valoriser le travail des femmes en agriculture, voilà d’ailleurs la raison d’être des Agricultrices du Québec, le seul organisme agricole féminin dans la Belle Province.

« Il faut valoriser ce travail encore plus, note la directrice générale de l’organisme, France De Montigny. Ça part des femmes, et il faut les outils pour les propulser. Ce qu’on nous a toujours dit, c’est que c’est un monde d’hommes, fait pour les hommes et par les hommes, mais la femme, c’est l’huile dans le moteur. »

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, les Agricultrices du Québec ont lancé une vidéo sous forme de ligne du temps pour retracer les luttes qui ont permis aux productrices agricoles « d’obtenir des droits comparables à ceux des hommes quant à la propriété agricole ».

Un travail d’équipe

Les agricultrices consultées par Le Droit AFFAIRES ont plusieurs points en commun, mais une chose les unit particulièrement: elles peuvent toutes compter sur un partenariat équilibré entre elles et leur conjoint.

« On travaille ensemble, en collaboration, comme des partenaires. Ce n’est pas toujours facile, parfois, on ne s’entend pas, mais à la fin de la journée, on s’assoit ensemble à la table avec les enfants. On a une confiance totale l’un pour l’autre », souligne Sandra Clément.

Pour Sylviane Beaulieu, agricultrice à la ferme Francorive Ltée, la complicité entre elle et son conjoint est telle qu’ils ont choisi, ensemble, le nom de la ferme. Une rareté dans le monde agricole, note-t-elle, puisque les fermes transférées de génération en génération voient souvent prévaloir le nom de famille paternel.

« Avant, c’était la ferme Michel Beaulieu. Ça a été une complicité de mon mari et moi, on voulait trouver quelque chose qui nous représente tous les deux. »