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Martin Lalonde
Collaboration spéciale
Martin Lalonde

Les obligations, un mal nécessaire ?

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Historiquement, un portefeuille équilibré était composé de 60% d’actions et de 40% d’obligations. Même si l’on sait que sur le long terme les actions devraient offrir le meilleur rendement net, il est coutume d’ajouter une portion non négligeable d’obligations aux portefeuilles pour deux principales raisons :

1. Les obligations offrent une diversification intéressante. Par diversification, on veut dire ici que le rendement des obligations ne devrait pas être lié avec celui des actions et donc offrir une protection en cas de baisse des marchés.

2. Les obligations sont une source de revenus stable et significative. Et ce revenu est assez élevé pour permettre aux investisseurs d’atteindre leurs objectifs financiers.

Mais avec la baisse importante et continue des taux d’intérêt au cours des 40 dernières années, est-il toujours opportun d’en détenir dans un portefeuille d’investissement ? Pour répondre à cette question, voyons maintenant si les raisons présentées ci-dessus tiennent toujours la route.

En premier lieu, il est encore vrai que la corrélation entre les actions et les obligations est négative, mais ça n’a pas toujours été le cas. En effet, de 1970 à 2000, celle-ci était positive, ce qui veut dire que le rendement des obligations pouvait également être négatif quand les actions allaient elles aussi moins bien. Mais plus important encore que cette relation est la sensibilité du mouvement. Même si le déplacement était dans la même direction, celui des obligations demeure moins accentué.

Ainsi, la volatilité des obligations est historiquement moins élevée que celle des actions, ce qui est de la plus grande importance pour bien ajuster un portefeuille avec l’aversion au risque d’un investisseur.

Avec la baisse constante des taux d’intérêt jusqu’à essentiellement zéro à court terme, on peut rapidement affirmer sans risque de se tromper que les obligations ne sont plus une source de revenus stable et significative. Et les grands perdants sont sans l’ombre d’un doute les personnes à la retraite qui en auraient grandement besoin.

De plus, il n’existe malheureusement pas d’alternatives puisque la courbe des taux s’est ajustée pour l’ensemble des actifs liés aux flux monétaires.

Par exemple, même les compagnies avec un grand risque de défaut de paiement n’offrent plus des taux d’intérêt assez élevés pour compenser le risque associé.

La question qu’on peut alors se poser est : pourquoi ne pas tout simplement détenir du comptant à la place des obligations ?

La réponse rapide est que même si les taux sont très bas, il est encore avantageux de recevoir ce revenu comparativement à ne pas en recevoir du tout.

Présentement, le rendement des obligations de 10 ans de la Banque du Canada est d’un peu plus de 1.5 % par année. Très bas, mais quand même mieux que 0.

La malheureuse conclusion est que pour un niveau de risque donné, les investisseurs doivent maintenant s’attendre à un rendement moindre en raison de ce bas taux d’intérêt sur les marchés obligataires.

Mais les obligations sont toujours l’outil approprié pour ajuster la volatilité d’un portefeuille au profil d’un investisseur.


Notre chroniqueur Martin Lalonde est président de la firme Les Investissements Rivemont, une institution financière gatinoise spécialisée en gestion de portefeuilles.