Les girls clubs: lorsque l’entraide fait la force des femmes d’affaires

Si le monde des affaires a longtemps été le terrain de jeu de la gent masculine, prenant souvent l’allure de boys club, de plus en plus de femmes osent s’y aventurer et parviennent à s’y démarquer. En ce mois dédié aux femmes, Le Droit AFFAIRES s’est intéressé aux différents organismes de la région voués à promouvoir l’entrepreneuriat au féminin. Quels sont ces girls clubs, où les coups de pouce remplacent les coups de griffe, et quels sont les avantages d’en faire partie en 2019?

«De plus en plus, on défonce des portes et les femmes veulent travailler ensemble, s’exclame la présidente régionale du Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ), Christine Cadieux. Ça n’a rien à faire avec les hommes. C’est vraiment pour s’entraider et se donner des outils et s’aider à réaliser nos rêves comme femmes d’affaires, dirigeantes ou entrepreneures», poursuit la porte-parole de ce réseau qui compte 65 membres en Outaouais, y compris quelques-unes à Ottawa, et qui représente 2000 membres réparties dans 13 régions administratives du Québec.

Si le RFAQ existe depuis 35 ans, ce n’est que depuis cinq ans qu’il a véritablement pris son envol dans la région. Selon Mme Cadieux, les avantages d’en faire partie sont multiples. Il donne notamment accès à un répertoire de professionnelles, à une banque de conférencières, à des rabais offerts entre membres et à du référencement, du coaching d’affaires, du mentorat et des cellules d’entraide.

La présidente régionale du Réseau des femmes d’affaires du Québec, Christine Cadieux

«C’est ça qui fait la force de ce réseau-là, parce que ce sont 2000 femmes. C’est un répertoire impressionnant dans tous les domaines d’activités», fait-elle valoir.

Elles mangent du leadership

À tous les derniers vendredis du mois, des dizaines de femmes d’affaires et professionnelles de la région, membres du RFAQ, se rassemblent autour d’une table, dans le cadre de lunch-conférence, pour parler de leadership conscient. Le thème, dans l’air du temps, n’est pas étranger à un management axé sur l’intelligence émotionnelle, l’empathie, la coopération dans la résolution de problème et la flexibilité.

Depuis l’automne dernier, une membre de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) a aussi lancé une initiative semblable, en organisant des déjeuners de réseautage pour femmes seulement. Autour d’un café, des oeufs et des rôties, le ton se veut convivial.

«C’est une occasion de se retrouver entre femmes et de pouvoir échanger, discuter et se référer également au niveau des affaires», explique la directrice générale de la CCG, Anne-Marie Proulx.

Présence féminine accrue

Toute comme Mme Cadieux, Mme Proulx constate que la présence féminine d’affaires est en hausse dans la région et correspond à 38 % des 900 membres de la CCG. Les femmes d’affaires, soutient Mme Proulx, sont très présentes lors des activités organisées par la Chambre. Le programme de mentorat, qui vise à accompagner une centaine d’entrepreneurs par année, est très populaire auprès des femmes, qui constituent la moitié des personnes mentorées.

«Au niveau de la Chambre de commerce de Gatineau, c’est vrai qu’il y a eu dans le passé la perception qu’on vivait dans un boys club. Cela dit, avec les années, la femme s’est vraiment taillé une place au sein de la communauté d’affaires et je vous dirais que cette perception-là s’est beaucoup allégée», affirme-t-elle.

Le Prix Excelor revampé

Stéphanie Gauvreau a mérité le prix Femme d'exception lors du récent gala de la Chambre de commerce de Gatineau.

La CCG a d’ailleurs mis sur pied le comité Entrepreneuriat au féminin dont le mandat est notamment de développer des initiatives pour les femmes en affaires et professionnelles. Récemment, ce comité à suggéré de revamper la catégorie Entrepreneuriat au féminin du Prix Excelor, qui perdait en popularité, et qui s’appelle maintenant Femme d’exception. Sous cette nouvelle mouture, les femmes peuvent continuer à présenter elles-mêmes leur candidature et la communauté d’affaires peut dorénavant suggérer des candidates.

«Ce qu’on a compris, c’est qu’il y a certaines femmes qui ne voulaient pas nécessairement être présentées dans une catégorie juste pour les femmes, étant donné que la Chambre de commerce compte plusieurs catégories. Toutefois, en faisant le tour de l’ensemble des femmes, on est venu à la conclusion que cette catégorie-là avait quand même sa raison d’être pour encore quelques années», explique Mme Proulx.