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Les cryptomonnaies

Martin Lalonde
Martin Lalonde
Collaboration spéciale
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J’ai longuement hésité avant d’écrire cette chronique en raison de la perception négative d’une certaine partie des investisseurs vis-à-vis des cryptomonnaies, notamment le bitcoin. Pour plusieurs qui connaissent moins bien cette classe d’actifs, le bitcoin est un objet de spéculation sans réelle valeur intrinsèque qui est destiné à retourner à zéro dans un avenir plus ou moins rapproché. Pour d’autres, notamment les plus jeunes, c’est une technologie révolutionnaire aussi importante qu’Internet. Mais qu’en est-il vraiment ?

Avec la hausse vertigineuse du prix du bitcoin au cours des derniers mois, et des 10 dernières années en fait, il est difficile de rejeter du revers de la main l’extraordinaire création d’une valeur dont ont bénéficié les détenteurs de monnaies virtuelles durant cette période. Classe d’actifs historiquement hautement volatile, une partie non négligeable de la trésorerie de grandes entreprises publiques est maintenant constitué de bitcoin. Assistons-nous réellement à une révolution ?

Pour y répondre, retournons plus d’une décennie en arrière alors qu’un individu se cachant sous le pseudonyme Satochi Nakamoto solutionne les deux grandes problématiques qui retardaient jusqu’à ce moment-là la création d’une monnaie purement électronique. Comment éviter qu’une unité ne soit dépensée en double et comment éviter de devoir compter sur une tierce partie (comme une banque centrale) pour superviser les transactions ? La clé pour y arriver était la chaîne de blocs.

Attention, la suite est un peu technique. La chaîne de blocs est un grand livre public et digital comportant l’ensemble de toutes les transactions de l’histoire de celle-ci. Elle repose sur la technologie cryptographique qui permet d’authentifier les transactions via une signature personnelle impossible à deviner ou à dupliquer. Toutes les transactions effectuées sont électroniquement annoncées sur le réseau. Ces dernières sont intégrées dans des blocs de transactions qui sont ensuite validées par des ordinateurs qui réalisent des calculs complexes pour y arriver. Lorsqu’un bloc est validé, il est ajouté à la suite de tous les blocs qui précèdent. L’ensemble de ces blocs constitue la chaîne de blocs. Cette dernière est complètement immuable, empêchant toute fraude possible.

Mais nul n’a besoin d’être un mathématicien pour comprendre certains avantages du bitcoin en comparaison de la monnaie plus traditionnelle :

— elle est totalement décentralisée et elle n’est pas émise par une autorité centrale ; 

— les transferts sont pratiquement instantanés et les frais sont minimes ;

— toutes les transactions sont entièrement publiques et facilement repérables ;

— les transactions sont partiellement anonymes via l’utilisation d’une adresse cryptographique plutôt qu’une identité propre.

Au cours des dernières années, l’utilité du bitcoin a évolué. Alors qu’au départ plusieurs pensaient un jour s’en servir pour les transactions courantes, il s’avère que celui-ci est potentiellement beaucoup plus utile comme gardien de valeur, un peu comme l’or. En fait, à l’exception de son histoire millénaire, le bitcoin a tous les avantages du métal mythique, sans ses défauts majeurs que sont sa difficulté de transport et de division en plus petites parts.

Avec les banques centrales qui impriment de nouveaux billets, plusieurs se demandent, avec raison, s’il existe une alternative intéressante à ceux-ci. Le bitcoin fait certainement partie des solutions potentielles.


Notre chroniqueur Martin Lalonde est président de la firme Les investissements Rivemont, une institution financière spécialisée en gestion de portefeuilles établie à Gatineau.