Guy-Louis Poncelet, à l’arrière, accompagné à l’avant des quatre membres de la Coopérative Agricola : de gauche à droite, Caleb Langille, Heather Syposz, Natalie Childs et Hannah Hunter.

Les asperges ont de nouveaux maîtres

CHRONIQUE — SCÈNE CULINAIRE / L’« appel au ciel » de Guy-Louis Poncelet a été répondu. Ce chantre « éco-poétique » comme il se décrit lui-même, à 70 ans bien sonnés, a trouvé les représentants de la nouvelle génération qui cultivera « ses » asperges, mais bien plus encore, à Papineauville.

Depuis 40 ans que M. Poncelet récoltait des asperges dans son champ le long de la route 323, il avait fini par décorer son milieu de diverses sculptures toutes représentant l’asperge. Il fallait bien que cet artiste dans l’âme trouve un débouché pour ses pulsions créatrices ! À l’ombre de ces structures géantes, M. Poncelet cultivait et cultivait, particulièrement au printemps car les asperges sont parmi les premières créatures d’une nature qui s’éveille après des mois d’endormissement.

Mais voilà, le temps passait et il ne trouvait pas de repreneur pour son champ. En 2018, miracle, Caleb Langille, Natalie Childs, Hannah Hunter et Heather Syposz, quatre rêveurs qui s’étaient liés d’amitié à l’université à Halifax, cherchaient à concrétiser leur aspiration. 

« Nous avons été enchantés par la beauté, la diversité et l’histoire de cet écosystème, dont la plupart sont dus à la vision de Guy-Louis, ont-ils résumé. Il a construit un lieu naturel vraiment spécial, et nous sommes reconnaissants de pouvoir poursuivre son travail. »

Après avoir obtenu des diplômes dans des domaines variés comme la philosophie et le développement international à la fin des années 2000, ils ont œuvré ça et là, parfaisant leur savoir-faire et leurs techniques biologiques. Ils se sont retrouvés il y a un an, dans le secteur Buckingham, produisant des légumes et des fleurs à la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien. C’est là, par du bouche à oreille s’est rappelée Natalie Childs, qu’ils ont entendu parler de Guy-Louis Poncelet.

Ils n’y sont donc pas tombés par pur hasard.

Le druide rend les clefs

Natalie Childs et Heather Syposz étaient originaires d’Ottawa, là est le lien. 

« Jamais n’aurais-je pensé me lancer dans la production maraîchère, a expliqué Mme Childs. Mais nous cherchions tous quelque chose de plus concret que le sujet de nos études… »

Guy-Louis Poncelet ne sera jamais bien loin, la première année du moins. Il leur enseignera les subtilités des asperges, tandis que le quatuor élargira son éventail de produits au-delà des carottes, poivrons, tomates, concombres, aubergines, verdures… et des fleurs coupées.

Déjà, le groupe teste le marché au détail du côté du marché de la rue Main, à Ottawa. Ils innovent aussi en allant vendre… en entreprise. Depuis la mi-juillet, à tous les jeudis midis, ils occupent une table de vente dans la société Shopify, à Ottawa, où les employés se procurent leurs produits. Un nouveau débouché que la vente en entreprise !

Ils auront évidemment un kiosque à la ferme, entre mai et octobre.

Pour avoir des produits frais à offrir dès mai, ils planifient déjà ériger deux serres de 30 pieds par 100 pour y cultiver notamment une variété de tomates, concombres et autres.

Guy-Louis Poncelet vient de leur livrer les clefs de son domaine. De son « royaume », comme il dit, qui devient aujourd’hui la coopérative Agricola.

« Je peux partir en paix », dit-il. Le druide de l’asperge a certainement mérité un peu de repos !