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Nadie St-Pierre, propriétaire de Baume pour l'âme
Nadie St-Pierre, propriétaire de Baume pour l'âme

L’écoconception de A à Z (partie 3 de 3)

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Collaboration spéciale
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De la récolte d’ingrédients à même le jardin à l’impression d’emballages au coin de la rue, en passant par la livraison locale à vélo, une jeune entreprise aylmeroise verte et féminine s’inscrit sans compromis dans le principe d’écoconception.

« Tout ce qui pousse autour de nous a sa raison d’être. »
Nadie St-Pierre

Voilà qui résume bien la formule de Baume pour l’âme, une entreprise verte et zéro déchet fondée en 2012 par Nadie St-Pierre et aujourd’hui appuyée par deux autres femmes ne jurant elles aussi que par un mode de vie écologique, Bettina Hamacher et Chantal Faucher.

C’est quand Nadie St-Pierre a réalisé que l’huile qu’elle commandait en ligne provenait de l’Inde qu’elle a commencé à se demander si ce genre de produit était disponible autour de chez elle. « J’ai commencé à m’intéresser aux mauvaises herbes dans ma cour, aux plantes qui poussaient dans mon gazon. »

Chantal Faucher, Nadie St-Pierre et Bettina Hamacher

Aujourd’hui, les trois entrepreneures offrent à la communauté du secteur Aylmer et aux Gatinois une variété de produits composés d’ingrédients naturels et locaux.

Elles colorent les savons à l’argile et les parfument aux huiles essentielles.
Les plantes médicinales qu’elles offrent proviennent de jardins locaux, parfois le leur.

Récemment, Chantal Faucher a créé un baume à base de macérât d’huile d’olive, de piments de Cayenne et de millepertuis du jardin, mélangés à de l’huile de ricin et de la cire d’abeille naturelle, le tout accompagné d’huile essentielle de menthe poivrée et de thym rouge.

Leur processus de production est zéro déchet de A à Z, soit de l’atelier au client. Elles privilégient les contenants consignés, elles impriment leurs étiquettes à quelques pâtés de maisons de leur atelier et elles pratiquent le transport actif comme le vélo pour les livraisons locales. 

Par ailleurs, Baume pour l’âme offre des ateliers pour permettre aux citoyens de devenir plus autonomes dans la fabrication de leurs produits essentiels. 

« Moi, je partage l’information et je transmets ma passion, prône Nadie St-Pierre. J’aime apprendre à mes clients toutes les choses qu’il est possible de faire avec des produits naturels. Par exemple, quand tu marches dans la rue et que tu as mal au pied, c’est intéressant de savoir que tu peux prendre un bout de plantin et le mettre dans ton soulier, et que ça fait du bien. Même chose pour une piqûre. Mais les gens ont plutôt le réflexe d’aller à la pharmacie et d’acheter un produit à 30 $. »

La pandémie et l’intérêt grandissant

Durant la pandémie, les gens se sont mis au jardinage, remarque Chantal Faucher, ce qui a permis à certains de réaliser que « la pharmacie peut facilement exister dans ta cour ».

« Les gens ont aussi fait le lien que ce que l’on mange a un rapport étroit avec notre état de santé », affirme Mme St-Pierre, pour qui le fait de travailler en épicerie naturelle a aussi permis de constater que de plus en plus de gens sont prêts à prendre leur santé en main, à se traiter autrement.

Depuis environ quatre ans, elle a remarqué que beaucoup de trentenaires font le détour vers les produits naturels. « Je pense que la conscientisation augmente et que c’est plus profond qu’une simple mode. »

L’argent, un problème collatéral

Nadie St-Pierre est claire: Baume pour l’âme ne deviendra pas une multinationale. 

« Au niveau communautaire, on voudrait devenir une référence, et éventuellement, peut-être pouvoir vivre de ça et en faire profiter les autres. Ce qu’on dit, c’est que l’argent sera un dommage collatéral », rigole-t-elle. « Notre premier but, ce n’est vraiment pas l’argent. C’est d’être ensemble, de créer des choses, d’être bien. »