Les grandes entreprises québécoises contribuent positivement à l’économie de la province, mais demeurent à la traîne comparativement à ce que l’on observe de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Le Québec encore loin derrière l'Ontario

Les grandes entreprises québécoises contribuent positivement à l’économie de la province, mais demeurent à la traîne comparativement à ce que l’on observe de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Au Québec, on dénote 623 grandes entreprises de 500 employés et plus, tandis qu’en Ontario on en compte plus que le double, soit 1274, selon les résultats d’une récente recherche sur la place des grandes entreprises menée par le Conseil du patronat du Québec ( CPQ ). Les données de la recherche révèlent d’ailleurs que la part ontarienne des grandes entreprises dans le total canadien se chiffre à 41 %.

À la lumière de ces résultats, le CPQ recommande la mise en place de « conditions facilitantes propices à l’attractivité et au développement des grandes entreprises » favorables au développement économique du Québec et à la prospérité de l’ensemble de la société.

En mettant les données québécoises en relation avec celles de l’Ontario, le CPQ considère que « le Québec devrait veiller à mettre en place les conditions nécessaires pour attirer ces grandes entreprises et les garder, tout en respectant les principes d’une saine concurrence ».

Sièges sociaux

La présence d’un siège social sur un territoire provincial apporte des bénéfices économiques importants. Les données du CPQ démontrent que le Québec comptait 552 sièges sociaux en 2017, un nombre deux fois moins élevé qu’en Ontario qui en compte 1090.

Selon le CPQ, « la présence de sièges sociaux participe à la notoriété du territoire économique et à la croissance du tourisme d’affaires, dont les effets sont positifs notamment sur l’immobilier non résidentiel, les secteurs de l’hébergement, de la restauration, ou encore le divertissement et la culture. La présence de sièges sociaux apparaît également déterminante pour les investissements en recherche et développement ainsi que pour l’activité dans les milieux caritatifs. L’attraction et la rétention de sièges sociaux constituent donc un enjeu stratégique de premier plan pour le Québec. »

Le nombre de sièges sociaux a d’ailleurs fortement diminué dans les deux provinces au cours de la décennie, essentiellement en raison d’un mouvement de fusions et d’acquisitions chez les grandes entreprises canadiennes.

L’économie par secteur

En comparant la place des grandes entreprises dans l’économie des provinces, on remarque que « celles qui relèvent principalement du secteur public – administrations publiques, services d’enseignement, soins de santé et assistance sociale et services publics – est beaucoup plus marquée au Québec qu’en Ontario », selon l’étude du CPQ.

Si on exclut les secteurs publics, les grandes entreprises du Québec sont surtout concentrés dans les domaines « de la fabrication, de la gestion de sociétés et d’entreprises, des services administratifs, de soutien, de gestion des déchets et services d’assainissement et des services professionnels, scientifiques et techniques ».

Les grandes entreprises québécoises contribuent aussi à l’emploi dans le secteur privé de la province ( 27 % ). Cependant, la contribution des grandes entreprises à l’emploi est beaucoup plus faible qu’en Ontario ( 36,6 % ).

Par ailleurs, on peut noter une différence nette entre le Québec et l’Ontario pour le secteur de la finance et des assurances, ce qui reflète l’importance des grandes institutions financières qui s’installent à Toronto, et non en sol québécois.