Le cinéma et la télé d'ici, une industrie bien vivante

Si ce n’est pas tous les jours qu’Hollywood fait son cinéma dans les rues d’Ottawa et de Gatineau, il reste que la production cinématographique et télévisuelle est bien vivante dans la région. En moyenne, 100 millions $ par année sont dépensés dans ce secteur dans la capitale nationale, ce qui génère du même coup d’importantes retombées économiques locales.

Pas étonnant alors que le maire d’Ottawa, Jim Watson, se soit rendu avec une délégation le mois dernier au siège social d’Amazon, à Seattle, ainsi qu’à Los Angeles, où il a courtisé des joueurs de cette industrie, les invitant à venir tourner leurs productions dans sa ville.

«C’est un secteur important d’Ottawa et un secteur en croissance», lance le commissaire du Bureau du cinéma d’Ottawa, Bruce Harvey, qui était justement du voyage avec le maire.

«Je pense que la ville est consciente de l’importance de ce secteur au Canada», poursuit l’homme en poste depuis trois ans, dont le mandat est justement de promouvoir l’aspect économique de la production cinématographique et télévisuelle d’ici.

Mickey Mouse à Ottawa

De ces 100 millions $, environ la moitié est dépensée en animation, un secteur qui, étonnamment, compte environ 70 ans d’histoire à Ottawa. «C’est un secret bien gardé», affirme M. Harvey qui mentionne, par exemple, le fait que c’est ici que la compagnie Disney tourne les courts métrages de Mickey Mouse.

Les 50 millions $ restants sont pour leur part répartis quasi également entre les productions de séries dramatiques et les téléréalités.

Selon les données du Bureau du cinéma d'Ottawa, la région accueille d'ailleurs en moyenne 700 jours de tournage, qui se traduisent en plus de 50 millions $ en production, sans compter l'animation. Une somme équivalente est directement dépensée dans l'économie locale, à savoir les nuitées dans les hôtels, les services de traiteur, les équipes techniques, les locations de voiture, les lieux de tournage, les matériaux de construction, les comédiens et les costumes.

Produire et acheter localement

La maison de production francophone Slalom, basée à Ottawa depuis dix ans, a d’ailleurs comme politique de générer des retombées économiques dans la communauté en achetant tout localement lors des tournages.

«Les accessoires, les costumes, les vêtements, tout est acheté ici. C’est pour ma région. C’est très important pour moi», affirme la présidente et fondatrice de la compagnie, Marie-Pierre Gariépy. «Si on engage un directeur artistique qui n’est pas de la région, il sait très bien qu’il vient faire ses achats ici et on lui montre où aller», poursuit-elle.

La compagnie Slalom, qui s’est notamment démarquée avec la télésérie pour adultes Toi & Moi, et la série jeunesse Motel Monstre, toutes deux tournées à Ottawa, compte quatre employés à temps plein. Ce chiffre peut toutefois grimper à plus de 60 pigistes en période de tournage.

«Par exemple, avec la série Toi & Moi, j’ai beaucoup de gens qui viennent d’ici, mais j’en ai aussi beaucoup qui viennent de Montréal. Donc, on a loué des hôtels pendant des mois. Il faut nourrir ces gens-là. On fait aussi la location de camion, etc.», fait valoir Mme Gariépy.

Depuis 1990, La Cité offre aussi un programme en production télévisuelle, qui forme en moyenne une vingtaine d’étudiants par année. «En ce moment, nous ne 'diplômons' pas assez d’étudiants pour répondre aux différentes demandes des employeurs de la région et ailleurs au Canada», explique le directeur de l’Institut des technologies, des arts et de la communication à La Cité, Patrice Supper.