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La soif d’apprendre des agricultrices (partie 2 de 3)

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
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« J’ai grandi dans les rues du village d’Embrun et je vieillis maintenant dans les rangs autour du village d’Embrun », raconte Sandra Clément, qui a fait le choix de faire sa vie à la Ferme agricole Clément, dont a hérité son mari, où poussent le maïs, le soya, le blé et des couvre-sols.

Ensemble, ils élèvent leurs trois filles, pour qui l’intérêt envers l’agriculture semble s’être transmis naturellement. 

Elles savent toutes les trois qu’elles auront toujours le soutien de leurs parents, témoigne Sandra Clément, peu importe le métier qu’elles voudront pratiquer et que « rien ne les empêchera de travailler ailleurs ».

Néanmoins, si elles choisissent le monde de l’agriculture, ce sont leurs passions qui aideront à déterminer les plans futurs de la ferme.


« L’objectif à long terme, c’est de développer une diversification de notre entreprise, en collaboration avec elles, si elles le veulent. Ce sera une question de passion. On les laisse étudier ce qu’elles veulent, pour qu’elles trouvent d’elles-mêmes leurs forces et voient où elles peuvent les appliquer, pour qu’on sache quels projets on pourra considérer. »
Sandra Clément

La définition de la femme, en agriculture, « il n’y en a pas », juge Sandra Clément. 

Même si c’est son conjoint qui est aux commandes de la moissonneuse-batteuse, elle a le baluchon rempli de responsabilités: paperasse, comptabilité, gestion de la technologie et des plateformes, analyses des sols, et plus encore. 

Elle a assisté à des cours pour apprendre à utiliser les différents programmes, à les installer et à montrer aux employés comment les utiliser. 

« Qui connaît le sol et le ciel, en culture sait l’essentiel », dit un proverbe agricole français datant de la fin du 17e siècle. Mais, ce proverbe a bel et bien fait son temps puisqu’aujourd’hui, le monde de l’agriculture est un arbre aux racines infinies: 

« Au cours des 15 dernières années, tout a tellement évolué que le simple fait de se tenir à jour de la technologie prend beaucoup de temps, de ressources, de cours. C’est pourquoi on sent qu’il y a de la place pour nos filles. »

Recevoir et à transmettre

Originaire d’Orléans, Sylviane Beaulieu est elle aussi maman de trois enfants, agricultrice, enseignante et étudiante. 

Elle a rencontré son amoureux à Ottawa, alors qu’ils étaient tous deux étudiants, elle en administration des affaires, lui en génie mécanique. 

Deux décennies plus tard, après avoir fait le choix de suivre son mari vers le Nord de l’Ontario pour reprendre la ferme familiale, Sylviane Beaulieu s’épanouit. 

Elle a mis sur pied un cours de ressources humaines en agriculture, qu’elle enseigne aujourd’hui au Collège Boréal, cet établissement de formation postsecondaire francophone qui dessert le Nord et le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario. 

Récemment, elle s’est inscrite à des cours en horticulture à l’Université de Guelph. « J’en mange. Je fais mes travaux, je lis, ça me passionne, je suis comme une enfant. »

Grâce à ces nouveaux apprentissages, Sylviane Beaulieu a la tête qui bourdonne d’idées qu’elle a l’intention d’implanter à la ferme. 

Cela dit, la maman-agricultrice-enseignante-étudiante juge qu’il existe un manque quant à l’éducation agricole chez les enfants et les adolescents. « Je trouve que les gens ne pensent pas à l’agriculture comme une option de carrière. Pourtant, l’agriculture se rattache à tout. »

Sandra Clément pose le même diagnostic. Elle se souvient d’une anecdote qui appuie cette observation: « En revenant de l’école, ma fille m’a raconté un jour que son amie, dans l’autobus, lui avait fait observer le  beau  champ de maïs, en bordure de la route. Ma fille pensait que c’était une blague. Ce n’était même pas du maïs. »