Le directeur général de Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau.

La philanthropie verte coule à flots

Au moment où les inondations battaient leur plein au printemps dernier et que bénévoles et citoyens s’affairaient à empiler des sacs de sable pour sauver les meubles, à deux pas des berges de la rivière des Outaouais, sur un site enchanteur de la rive ontarienne, était réunie une petite armée de 500 personnes, politiciens et gens d’affaires, en tenues chics et coupes de vin à la main.

La raison de leur présence ? Le gala annuel de Garde-rivière des Outaouais, un organisme sans but lucratif qui, comme son nom l’indique, est voué à la protection de la rivière, tant du côté québécois qu’ontarien.

« Pour nous, ce gala représente un point d’entrée majeur sur le monde corporatif », reconnaît le directeur général de Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau.

« On a des commanditaires qui reçoivent des billets pour l’événement et qui peuvent inviter des clients ou des gens de leur entreprise. Et souvent, ces gens apprennent à connaître ou entendent ainsi parler de notre mission. On le voit d’ailleurs, on a plusieurs commanditaires qui reviennent année après année et qui s’impliquent de plus en plus », poursuit-il.

L’ex-premier ministre du Canada Jean Chrétien, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, la chef du Parti vert, Elizabeth May, étaient parmi la brochette de politiciens présents aux côtés de l’ex-juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverly McLachlin, ainsi que des PDG de Shopify, de la chaîne de café Bridgehead et de la compagnie Ed Brunet et Associés, etc.

L’événement annuel, qui se déroule toujours en plein air sur un site mettant en valeur la rivière des Outaouais, est d’ailleurs devenu au fil des ans un incontournable en matière de philanthropie verte dans la région.

La preuve : en une seule soirée, le gala de mai dernier à permis d’amasser plus de 312 000 $, ce qui représente près du quart des revenus annuels de Garde-rivière des Outaouais.

« Ce gala, c’est vraiment de la philanthropie verte. On a les commanditaires et un encan financier, où plusieurs entreprises contribuent que ce soit avec des forfaits au spa ou au restaurant, etc. », poursuit M. Nadeau.

Un autre signe laissant présager que la philanthropie verte est en croissance est le fait que le budget annuel de Garde-rivière des Outaouais a plus que doublé depuis 2015, année où il se chiffrait à 500 000 $.

M. Nadeau fait valoir que les sources de revenu de Garde-rivière des Outaouais sont variées et proviennent de dons personnels, corporatifs, de fondations, d’institutions financières et de subventions gouvernementales. Des entreprises comme Canada Goose, les produits cosmétiques Lush, Google Canada et autres n’hésitent pas à faire pleuvoir quelques milliers de dollars sur Garde-rivière Outaouais. Ces dons permettent notamment à l’organisme à but non lucratif de surveiller l’état de la pollution dans la rivière, de faire de la recherche, de développer du matériel pédagogique et de faire de la sensibilisation auprès du public.