Jacques Laplante, à droite, en compagnie de sa fille Geneviève Laplante, directrice générale de Laplante Dodge, et d'Alexandre Choquette, directeur des ventes.

La famille est dans l'auto

Chez les Laplante de Casselman, l’automobile est une affaire de famille. Et en juin prochain, cette entreprise de trois générations de Laplante qui compte aujourd’hui trois commerces de voitures dans l’Est ontarien célébrera ses 65 ans en affaires. Et s’il n’en tient qu’au patriarche, Jacques Laplante, ses trois enfants et ses sept petits-enfants fêteront un jour le centenaire de cette compagnie fondée à Casselman dans les années 1950 par Roméo Laplante, et qui compte aujourd’hui 105 employés.

« Mon père (Roméo) a fondé son entreprise en 1954, dit M. Laplante. Il a été actif jusqu’à l’âge de 55 ans et il a continué à venir nous donner un coup de main jusqu’à l’âge de 85 ans. Moi, j’ai pris la relève en 1972 et j’ai acheté le commerce en 1977. J’avais alors 26 ans et j’ai été le plus jeune concessionnaire de Chrysler au Canada pendant plusieurs années. »

Jacques Laplante, 67 ans, se dit aujourd’hui « semi-retraité ». Il visite régulièrement les trois commerces qu’il a mis sur pied. Mais ce sont ses trois enfants qui veillent aujourd’hui aux succès du Groupe automobile Laplante.

Le Droit AFFAIRES l’a rencontré.

JACQUES LAPLANTE : J’ai trois enfants, deux filles et un garçon, et chacun gère son commerce. Mon fils Sébastien est le concessionnaire GM de Hawkesbury. Ma fille aînée, Geneviève, gère la nouvelle « concession » Chrysler à Embrun. Et Stéphanie est à la tête de la maison-mère, le concessionnaire Chevrolet à Casselman.

DENIS GRATTON : C’est sûrement une grand fierté pour vous de voir vos trois enfants marcher dans vos traces ?

JL : Honnêtement, c’est ce qui me motive. C’est une fierté pour moi d’accomplir quelque chose avec mes enfants.

DG : Quel est le secret pour demeurer en affaires si longtemps et conserver une clientèle fidèle ?

JL : Il faut dire que j’ai eu un excellent professeur en mon père. Et le secret - et c’est cliché ce que je vais dire - mais le secret est de gagner la confiance des clients. Mais le mot « gagner » n’est pas tout à fait exact. C’est plutôt de mériter la confiance des clients. Et il faut évidemment savoir bien s’entourer. On ne peut accomplir tout le travail nous-mêmes, il faut s’entourer des bonnes personnes.

DG :  Le marché de l’automobile est ultra compétitif. Comment tirez-vous vote épingle du jeu ?

JL : L’automobile, honnêtement, c’est une jungle. Et je pense que l’une des clés, c’est qu’on a pu établir une base de clients et vraiment s’en occuper. Si je te vends un véhicule et que quelque chose ne va pas, tu peux m’appeler directement. Mon numéro est dans l’annuaire. Et je pense que les clients apprécient ce lien de confiance. Les clients ne sont pas des numéros. Et le succès se trouve au niveau du service à la clientèle. Le département des ventes vend le premier véhicule au client. Le deuxième sera vendu par le département du service à la clientèle.

DG : Que voulez-vous dire par cette dernière affirmation ?

JL : L’Internet a changé beaucoup de choses dans l’industrie. Avant, si tu voulais magasiner un véhicule, t’étais obligé de faire le tour des concessionnaires le dimanche. Aujourd’hui, tu peux magasiner en ligne. L’Internet a été bon pour le consommateur. Tu peux être le meilleur vendeur au monde, mais si tu demandes 1000 $ de plus que les autres pour une auto, t’as beau être un bon gars, tu ne seras jamais assez bon gars pour que le client te donne 1000 $ de plus. Aujourd’hui, tu pourrais magasiner une Chevrolet Cruze et visiter tous les concessionnaire Chevrolet entre Cornwall et Ottawa, et je te garantis qu’il n’y aurait pas 200 $ de différence entre tous ces concessionnaires. Donc tout se joue au niveau du service à la clientèle.

DG : Vous avez sept petits-enfants, M. Laplante. Peut-on conclure que la relève est assurée chez les Laplante que votre entreprise fêtera un jour ses 100 ans ?

JL : Je ne sais pas s’ils voudront se lancer en affaires. Mais si oui, l’opportunité sera certainement là pour eux.

DG : C’est votre souhait ?

JL : Je souhaite pour mes petits-enfants la même chose que j’ai souhaité pour mes trois enfants, je souhaite qu’ils soient heureux. »