Bienvenue au 1 Elgin du CNA

CHRONIQUE - SCÈNE CULINAIRE / Non, le Café du Centre national des arts (CNA) ne déménage pas. Mais au moins, on le redynamise, ce qui est déjà une belle progression sur les 50 premières années.

C’est dommage qu’on ne réaménage pas le restaurant ailleurs dans l’édifice : cela a été exploré mais au bout du compte, les autorités du CNA ont voté contre. Il est toujours aussi obscur de s’y rendre mais on tentera d’améliorer la signalisation pour y accéder. 

« L’entrée sera remaniée, le bar sera déplacé au centre de la salle à manger », a expliqué Nelson Borges, directeur général des services de restauration du CNA. 

« L’idée est de couper l’effet vaste de la salle à manger qui peut avoir l’air bien grande quand il n’y a que quelques clients. »

Le restaurant sera fermé jusqu’au 14 août.

Le fédéral avait mis 700 000 $ dans une première phase de travaux, en 2018, en changeant les cuisines, les tables et les chaises. Cette fois, ils compléteront les rénovations en ajoutant un autre 800 000 $ dans la salle à manger qui, c’est l’un de ses atouts, longe le canal Rideau en offrant une des plus jolies terrasses d’Ottawa.

Le Café changera de nom aussi. Il s’appellera désormais 1 Elgin, ce qui correspond au premier édifice de la rue Elgin, même si l’adresse civique demeure le 53 !

Au départ, le Café n’était qu’un petit café mais rapidement, les dirigeants de l’époque ont vu l’utilité de doter le CNA d’un endroit pour se restaurer comme il faut. Ainsi, lorsque le chef exécutif Kurt Waldele est arrivé en 1978, on parlait déjà du Café. Il ne ménagea rien et marqua les cuisines pendant trois décennies jusqu’à son décès en 2009.

Quelques chefs ont suivi, dont le coloré et verbomoteur Michael Blackie, le tout discret John Morris et depuis 2017, Kenton Leier y est aux commandes. Cela fait deux ans mais d’une certaine manière, c’est encore tout nouveau et il lui reste à imprimer sa marque sur l’offre du restaurant. 

« Il y avait un problème d’identité au Café, comme Blackie qui avait commencé à faire de la cuisine fusion asiatique, se rappelle Nelson Borges. Ainsi, nous mettrons l’accent sur la cuisine canadienne, avec ses beaux produits » qui vont des pétoncles de nos mers, le porc du Québec et le boeuf de l’Alberta. 

Animer la scène culinaire

Mieux encore, le 1 Elgin reprendra son rôle d’animateur de la scène culinaire canadienne qui avait été amorcée sous Michael Blackie. À la place de conférences et d’ateliers sur l’alimentation, le Centre national des arts mettra l’accent sur quatre chefs par an. Chacun viendra y travailler une semaine, animera la discussion et laissera derrière lui (ou elle) une partie du menu.

Les noms des quatre premiers chefs sont déjà connus. Ainsi, on commencera avec le chef Rich Francis, qui mettra la table pour un grand dîner aux couleurs de la cuisine autochtone. Suivront le chef Ryan Hotchkiss, du restaurant Bundök, à Edmonton, la chef d’origine portugaise Helena Loureiro, du restaurant Portus 360, à Montréal, et le chef Jonathan Gushue, de l’auberge Fogo Island Inn, à Terre-Neuve. 

L’idée derrière ces «chefs en résidence» est d’amener les arts culinaires au même niveau que la danse, le théâtre et la musique au Centre national des arts. Il s’agit là d’un objectif ambitieux mais dans l’institution numéro 1 des arts de la scène au pays, quoi de mieux que de l’ambition à revendre ?