À la recherche de l’impact social

CHRONIQUE - PHILANTHROPIE / Êtes-vous préoccupé par les problématiques sociales de notre région? Souhaitez-vous que votre argent fasse une différence?

L’essor remarquable de l’impact social est en grande partie dû au dynamisme du mouvement associatif et particulièrement au contexte concurrentiel dans les milieux de la philanthropie et du financement public. Voulant diversifier leur financement, les organisations rivalisent entre elles pour intéresser les bailleurs de fonds et attirer les dons ou les investissements. Pendant des années, elles ont documenté les résultats de leurs actions, mais elles doivent désormais fournir de plus en plus de preuves tangibles d’impact social pour se démarquer, se différencier, voire même justifier leur existence.

Plusieurs «philantrepreneurs» changent la donne en soutenant des organisations communautaires qui s’attaquent aux problèmes sociétaux d’envergure tels que la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’emploi, l’hébergement, la santé, l’intégration sociale, la revitalisation de quartier, l’environnement, etc. En changeant réellement la vie de milliers de personnes, ces organisations réinventent le système en obtenant l’impact social souhaité. Aussi, plusieurs sources privées ou publiques choisissent de financer ou d’investir dans leurs initiatives. En plus de leurs dons, de leurs contributions, de leurs subventions ou de leurs commandites pour les causes qu’ils soutiennent, les «philantrepreneurs» et les bailleurs de fonds explorent de nouvelles méthodes d’investissement tel que le financement et l’investissement, voire même le capital de risque philanthropique.

Mesurer l’impact pour investir

Mesurer l’impact n’est pas chose facile et c’est un exercice bien différent de l’évaluation ou de la reddition de comptes. Même si l’évaluation sert à analyser les résultats atteints en fonction des objectifs fixés, il peut être difficile d’examiner et de chiffrer ce que l’organisation possède de spécifique, incluant les effets intangibles de ses actions et projets. Toutefois, pour se démarquer ou tout simplement innover, des organisations recherchent des méthodes de mesure d’impact afin de se doter de données probantes pour convaincre les bailleurs et les investisseurs potentiels.

Monétariser le social

Tous ne sont pas d’accord sur la monétarisation du social car elle «désigne l’action d’attribuer une valeur monétaire à des effets qui, traditionnellement, ne font pas l’objet de transactions sur le marché.» Mais la monétarisation du social pourrait comporter certains avantages et assurément certains risques. Le débat public est en cours et plusieurs voix se font entendre quant aux précautions à prendre. Si la tendance se maintient, plusieurs reconnaissent que cet exercice concernant la mesure d’impact, s’il est bien fait, sera utile pour favoriser des financements et de l’investissement additionnels dans le social.

Rappelons que de nombreux «philantrepreneurs» soutiennent financièrement des causes qui sont en lien avec leurs priorités, même si l’impact est plus difficile à démontrer à court terme.

Ethel Côté est présidente de MéceneSS & Institut social.