Le bien-être, l’innovation et les loisirs au cœur du tourisme d’affaires

Exit les congrès enfermés des heures 
durant entre quatre murs, où font écho 
le clapotement des verres d’eau et des glaçons entrechoqués, pendant que défilent des présentations powerpoint projetées 
sur grand écran. Bienvenue à l’ère du «bleisure»!

Bien que pas nouveau, ce terme qui provient de l’anglais et combine les mots affaires et loisirs (business et leisure) représente une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur.

Ce phénomène s’explique notamment par la présence de la génération Y et des milléniaux qui sont moins attirés par les congrès traditionnels et choisissent souvent de prolonger leur séjour pour jouer aux touristes.

« Il y a une démocratisation du voyage et chez les jeunes, ça devient une nécessité et un droit. Les gens de plus en plus font des activités avant et post-congrès. Il fut une époque dans les années 1980 et 1990, où de façon systématique les congrès prévoyaient l’avant et l’après », explique le professeur titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM, Paul Arseneault. Il explique que la logique d’austérité a ensuite pris le dessus durant les périodes de récession.

Selon l’expert, la «quête de sens» est également très présente chez ces nouvelles générations. « On ne va pas juste dans un amphithéâtre, les lumières fermées, où il y a quelqu’un en avant qui parle, ou alors qu’un courriel aurait remplacé avantageusement la réunion », explique M. Arseneault.

Il ajoute que les technologies prennent aussi une place importante, dans le tourisme d’affaires, l’internet haute vitesse n’étant bien entendu qu’un minimum requis. Un design attrayant des lieux est aussi important, alors qu’on privilégiera des aires séparées pour former des groupes de travail.

Bien-être et gastronomie

Cocktail du terroir, réunion d’équipe au spa et autour d’un feu de joie, le bien-être est plus que jamais à l’ordre du jour du tourisme d’affaires, constate pour sa part la présidente du conseil d’administration de Tourisme Outaouais, Geneviève Dumas.

« Le bien-être est très à la mode, les entreprises l’ont compris. Énergiser le cerveau et le corps, c’est aussi bon que
de se réunir pour faire des congrès.
Pour le renforcement d’équipe, ils vont aller faire du rafting, de l’escalade ou autres. Ça fait du bien pour les gens qui se retrouvent pour les affaires, mais
aussi pour le plaisir », fait-elle valoir.

C’est d’ailleurs ce créneau que Tourisme Outaouais affiche en partie dans sa toute nouvelle brochure destinée aux planificateurs d’événements et de congrès dans la région. On peut y lire des titres tels que « La fois où j’ai vu mon boss en wet suit! », pour promouvoir diverses activités de groupe, ou encore « La fois où j’ai failli lécher mon assiette! », pour vanter les bonnes tables de la région.

Domaine compétitif

Le président de l’Association des professionnels de congrès du Québec (APCQ), Steeve Gagné, fait quant à lui valoir que le tourisme d’affaires est un domaine extrêmement compétitif.

« Chaque fois que tu signes avec un client ou un congrès, tu sais que tu viens de le perdre, car l’année d’après, il va vouloir aller ailleurs. Les membres veulent une nouveauté», explique-t-il, ajoutant que ces événements sont souvent planifiés des années à l’avance. »

QUEL TYPE DE VOYAGEUR D'AFFAIRES ÊTES-VOUS?

Pragmatique, jet-setter, néophyte high-tech, planificateur prudent, gestionnaire décisionnel ou encore organisateur de voyage ? La firme Concur a établi six profils de voyageurs d’affaires, à l’aide d’un outil en ligne de gestion de voyages et de frais de déplacement et d’informations comprises dans une base de données de plus de 40 millions d’utilisateur.

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Le pragmatique

Les déplacements sont pour lui un mal nécessaire. Il s’occupe lui-même de ses réservations et déteste les imprévus.

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Le jet-setter

Il voyage en première classe, séjourne dans de chics hôtels à proximité des clients et ne lésine pas sur les extras. Il laisse son assistant s’occuper des réservations et des imprévus. Les ennuis techniques sont à éviter.

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Le néophyte high-tech

Il en profite pour prolonger son voyage d’affaires et découvrir la culture locale. Il fait ses réservations et gère ses déplacements lui-même à partir de son cellulaire. Il est à la recherche d’innovation et de prix abordables.

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Le planificateur prudent

Il est anxieux lorsqu’il se trouve dans un nouvel environnement, préférerait éviter ces voyages et évite de trop dépenser.

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Le gestionnaire décisionnel

Il ne voyage généralement pas, mais approuve les déplacements des employés et s’assure que les budgets sont respectés et que la productivité est maintenue.

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L’organisateur de voyage

Planifie et s’occupe des réservations de son patron et de l’équipe et ne voyage pas ou peu.

*Source : veilletourisme.ca. 

Informations publiées sur le site de la Chaire de tourisme Transat de l’École des sciences de la gestion de l’UQÀM (Réseau de veille en tourisme).