Le président de Clôture régionale, Gabriel Caron

Aller à contre-courant

L’édification de clôtures sert habituellement à isoler des territoires. Pour Gabriel Caron, ce fut plutôt une véritable porte d’entrée en affaires. En érigeant des enceintes et en travaillant d’arrache-pied pendant des années, le fondateur de Clôture Régionale peut désormais se féliciter de voir son entreprise être une référence en la matière en Outaouais, en plus de la voir figurer au sein du classement PROFIT 500 du Canadian Business.

Comment parvenir à s’installer dans ce club sélect à peine dix ans après sa fondation ? En passant par un processus rigoureux qui filtre et sélectionne une multitude de requêtes, notamment par l’analyse des états financiers démontrant l’ampleur de la croissance au cours des cinq dernières années.  

« J’ai tendance à aller contre le grain », lâche-t-il promptement. Il précise que de travailler dans un créneau où s’affaire encore une vieille génération lui a permis de se démarquer en apportant une approche plus éclatée. « J’ai parfois l’habitude de demander à certaines personnes qui sont dans le milieu depuis longtemps ce qu’ils pensent de mes idées. Lors d’une récente discussion, certains ont rapidement démoli une idée que j’avais. Je me suis aussitôt dit : c’est parfait ! »

Faire ses preuves

Questionné à savoir si son jeune âge lui avait occasionnellement nui pendant son parcours, le président de Clôture Régionale répond que la vingtaine a été sans l’ombre d’un doute moins évidente sur le plan de la crédibilité. Maintenant bien établi et porté par la trentaine, Gabriel Caron en profite pour infuser un goût du jour dans son secteur d’activité.

« Nous sommes complètement dans une nouvelle ère avec le numérique. Nos données internes démontrent que notre offre de soumissions en ligne et la bonne gestion de notre trafic web génèrent 90% de nos nouveaux clients », explique-t-il avec enthousiasme. L’entreprise compte une trentaine d’employés qui permettent la réalisation d’une quinzaine de cours résidentielles par semaine, en parallèle avec les opérations commerciales qui les propulsent depuis les débuts.

Côté technique, il y a une très grande polyvalence d’assemblage chez Clôture Régionale. C’est toutefois au chapitre des conceptions atypiques que la passion du fondateur devient effervescente. « Les concepts adaptés, c’est là qu’on excelle », lance-t-il sans hésitation. Gabriel Caron dit parler le même langage que le client lorsqu’une idée personnalisée, voire « vraiment flyée », lui est soumise.

Dans cette veine de projets excitants, on discerne l’implication de l’entreprise au Programme Sens Rink. Cette initiative de la Fondation des Sénateurs d’Ottawa, en collaboration avec la Ville d’Ottawa et la Ville de Gatineau, a permis l’édification de plusieurs patinoires des deux côtés de la rive. Ces réalisations serviront à contrer le manque d’activité physique auprès de la jeunesse canadienne. Notre interlocuteur tire une grande fierté d’avoir été impliqué pour la totalité des aménagements sur le sol québécois.

Le président de Clôture régionale, Gabriel Caron

Garder le cap

Celui qui se décrit comme « un gars assez simple » garde toujours bien en tête ses objectifs et mise entièrement sur une gestion efficiente de l’entreprise. « Je marche beaucoup aux chiffres. La lecture financière m’a grandement aidé et tous nos contrats sont moyennés pour ainsi bâtir des prévisions assez justes. J’ai l’avantage d’être à l’aise avec ce volet », fait savoir cet autodidacte.

Cette facette du travail sera primordiale pour élever le volume des ventes au niveau qu’il souhaite. « Nous avons l’ambition de tripler notre chiffre d’affaires et ce but conditionne notre stratégie », soutient Gabriel Caron, en admettant que le marché en Outaouais se sature tranquillement. Sa vision batifole avec l’implantation d’une succursale en périphérie de celle où Clôture Régionale opère actuellement. La région des Laurentides, plus précisément Mont-Tremblant, a été évoquée comme option, tout comme l’ouverture d’un bureau sur la rive ottavienne.

Garder le cap, c’est également valide pour la vie familiale. « Je suis enchanté de travailler avec mes deux frères depuis plusieurs années. Ceux-ci sont contremaîtres sur les chantiers. Ma femme supporte également nos activités administratives », détaille-t-il, en indiquant que cela lui permet d’être plus souvent à ses côtés. Leur famille s’agrandira sous peu avec la venue d’un deuxième enfant. Comme l’entrepreneur le décrit, il est vital d’avoir un équilibre avec ce qui compte réellement pour soi dans la vie. « Il faut se rappeler pourquoi on travaille et c’est cette mentalité, additionnée de passion, qui me fait vraiment avancer », admet l’homme de famille. Il ne serait pas surprenant de voir les Caron clôturer encore pendant quelques générations.