Isabelle Lacroix, copropriétaire du Quai Saint-Raymond

Savoir déléguer pour mieux se réaliser, une leçon signée Isabelle Lacroix

« Ma gang ! », s’exclame sur un ton convivial Isabelle Lacroix. C’est en ces termes que cette femme d’affaires accomplie parle des dizaines d’employés qui sont sous son aile dans les cinq commerces qu’elle co-détient à Gatineau.

« Il y a des employés qui, pour moi, sont pratiquement de la famille, car on s’est développés ensemble », lance humblement Mme Lacroix, qui confie avoir ni plus ni moins appris sur le tas à devenir une leader.

Oubliez d’ailleurs les formules toutes faites sur le thème du leadership. Celles-ci sont absentes de l’entretien téléphonique avec la femme de 46 ans, qui a connu son premier baptême en affaires il y a 10 ans, lorsqu’avec son conjoint Joe Rego, elle a fait l’acquisition du restaurant Quai Saint-Raymond, dans le secteur Hull.

« Je ne suis pas meilleure que personne, mais je n’ai pas eu le choix au début d’aller contre mes craintes et de me dire : “ Il faut que je leade ce monde-là, alors let’s go, on y va, j’ai un payroll de 2,5 millions $ par année, alors je n’ai pas le choix, il faut que ça marche ” », raconte l’entrepreneure de 46 ans.

Depuis, le couple dans la vie comme en affaires n’a cessé d’enfiler les projets, en faisant l’acquisition du restaurant Le Cellier, puis en obtenant une licence d’exploitation pour un café Starbuck au centre-ville de Hull.

Plus récemment s’est ajouté Olivia, un comptoir à salades sur la rue Eddy, dont la vocation première est de gagner de l’espace pour produire la nourriture servie au restaurant Le Cellier. L’idée a cependant fait des petits, si bien qu’un deuxième Olivia a vu le jour sur le boulevard de la Gappe et l’ouverture d’un troisième est prévue au printemps prochain, sur le boulevard Saint-Joseph, dans le secteur Mont-Bleu.

Faire bouger les pions

Si tous les projets que lance ou reprend à son compte l’entrepreneure de la restauration semblent se transformer en réussite, il reste que son parcours n’a pas été sans embûches. Qui dit succès dit aussi gestion de la croissance, ce qui a posé un beau défi à Mme Lacroix, notamment dans un contexte de rareté de la main-d’oeuvre.

« On a eu de la difficulté à gérer la croissance. Tout est allé vite tout le temps, donc on n’avait pas de système de gestion de la croissance et d’embauches rapides. À un moment donné, on a eu du surmenage de nos pions majeurs », fait valoir la patronne qui essaie depuis d’être plus prévoyante et d’embaucher plus tôt que tard.

Il faut dire que ses « pions majeurs », comme elle les surnomment, font partie intégrante du succès de ses entreprises. Mme Lacroix reconnaît que le fait de bien s’entourer et de savoir déléguer sont des éléments-clés d’un bon leadership.

« On essaie d’inculquer à nos employés nos valeurs d’entreprise et ensuite on leur fait confiance. On leur donne la place justement pour qu’ils se développent. Ça finit que ce sont des intrapreneurs et ils gèrent cela comme si c’était à eux, donc c’est merveilleux », s’exclame-t-elle.

« Quand on arrive à faire ça avec du personnel, pour moi, c’est comme le succès, c’est ma réjouissance, car si je ne pouvais pas déléguer, alors je ne pourrais faire tout ça », renchérit-elle.

Mme Lacroix a aussi comme principe de laisser les employés qui le souhaitent prendre du galon au sein de ses diverses entreprises.

« Ce qu’il ne faut pas faire, c’est étouffer les gens qui sont là pour grandir », insiste-t-elle.

À l’inverse, Mme Lacroix a aussi appris qu’il ne fallait pas pousser des employés vers des postes de gestion ou leur confier de plus grandes responsabilités alors qu’ils ne sont pas prêts.

« J’ai appris cela au tout début. On avait des employés qui avaient beaucoup de potentiel et on a voulu les pousser rapidement dans des postes de gestion. Ils ont accepté, car ils étaient flattés, mais ils se sont retrouvés un peu dépassés par les événements », se souvient-elle.

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UN BON LEADER DOIT...

« Se mettre en arrière, mettre l’équipe en avant et montrer le chemin. Il faut regarder la forêt d’en haut et ne pas être dedans. Et il faut guider. »

— Isabelle Lacroix