Le copropriétaire du Nordik Spa-Nature, Martin Paquette.

Martin Paquette: un leader «jardinier»

Pour le copropriétaire du Nordik Spa-Nature, Martin Paquette, être un bon leader entrepreneurial, c’est d’abord et avant tout savoir cultiver son potager à l’image d’un bon jardinier.

« Quand je regarde mon entreprise, j’aime la voir comme un potager. Et dans un potager, il y a différentes plantes qui vont produire différents fruits. Pour moi, chacune de mes plantes correspond à un de mes employés auquel je dois m’adapter », raconte-t-il.

Il précise sa métaphore en faisant remarquer que dans un jardin, certaines plantes ont besoin de plus de soleil, alors que d’autres ont besoin d’ombre.

« Donc ça revient à dire que certains employés ont besoin de briller un peu plus que d’autres. Certains ont besoin de plus de vitamines et d’engrais. Il y a des gens qui ont besoin d’être un peu plus formés que d’autres », poursuit-il.

Qui dit potager, dit aussi mauvaises herbes. Parfois, insiste-t-il, il revient au leader de faire des choix difficiles et de retirer la mauvaise herbe avant qu’elle ne contamine tout le potager.

Lire la météo

Tout comme le jardinier, le leader doit aussi pouvoir « lire la météo » qu’il compare à l’économie.

« Alors il faut savoir quand c’est le temps de protéger les récoltes et les mettre à l’abri, mais aussi il faut savoir quand c’est le temps de semer, c’est-à-dire d’investir et de penser à la relève pour assurer la pérennité du potager », image-t-il.

Visiblement, le sujet du leadership suscite l’intérêt de M. Paquette qui se fait un point d’honneur de visionner régulièrement des conférences « TED Talk » sur Internet en plus de faire partie d’un groupe de développement d’affaires, The Executive Committee ( TEC ), composé de 14 hauts dirigeants qui se réunissent une fois par mois pour discuter de leurs enjeux en affaires.

« On se parle de nos défis et on se met au défi les uns les autres. On fait aussi venir des conférenciers une fois par mois sur différents thèmes », explique-t-il, précisant que la question du leadership revient souvent parmi les thèmes abordés.

Pas de recette

« Tout le monde dit un peu la même affaire, il n’y a pas de recette, constate-t-il. Moi je suis allé chercher le meilleur dans ce que j’ai lu et vu pour finalement forger qui je suis et pour que mon leadership reflète ma personnalité et mes valeurs aussi.

« Ma mission de vie personnelle est donc très alignée à ma mission d’entreprise », précise-t-il.

Il reste, admet-il, qu’il « n’était pas du tout » un homme d’affaires, lorsqu’il y a bientôt 20 ans, il a quitté une carrière d’éducateur spécialisé pour fonder une compagnie de gestion de projets devant lui permettre de « survivre », le temps de réaliser son rêve d’ouvrir le Nordik.

L’art de déléguer

Ses succès en affaires, M. Paquette ne les attribue pas uniquement au jardinier en lui, mais aussi aux gens dont il a su s’entourer.

« Un bon leader fait en sorte de s’entourer des meilleures personnes et des personnes qui vont faire en sorte qu’on va rayonner et tous s’élever », indique-t-il.

À l’inverse, M.Paquette croit aussi que les erreurs de parcours sont souvent attribuables au fait de s’entourer des mauvaises personnes. Il donne en exemple le projet du Nordik de construire une salle de conférence à la fine pointe de la technologie ayant coûté 1 M $.

Bien que l’idée avait été développée par des consultants experts dans le domaine, elle est vite tombée à plat, puisque les potentiels clients n’étaient pas prêts à défrayer 500 $ par jour pour la louer, alors que les hôtels de la région offraient le même service souvent gratuitement à l’achat de nourriture.

« Au niveau des décisions d’affaires, aujourd’hui, j’essaie de plus en plus d’écouter mon instinct et de prendre des décisions de cœur », avise-t-il.

L’homme d’affaires croit aussi qu’un bon leader doit savoir manier « l’art de déléguer », en prenant le temps d’expliquer aux employés les attentes et les objectifs d’une tâche.

« Si tu ne prends pas le temps d’expliquer pourquoi, la tâche ne prend pas tout le sens qu’elle devrait prendre et il faut aussi s’assurer que la personne a bien compris. Trop de personnes sont intimidées par les leaders et elles vont dire « oui, oui, oui », alors qu’elles n’ont pas compris. Donc c’est là qu’il est important de mettre en place une culture de portes ouvertes », croit M. Paquette.

Il insiste aussi sur le fait qu’un bon leader doit être conscient de la « vague » qu’il peut créer autour de lui, à l’image d’un bateau sur l’eau. Il constate que parfois une simple conversation de corridor entendue par les employés peut vite prendre des proportions énormes et créer un climat d’incertitude parmi eux.

« Il faut faire attention, car il y a beaucoup de résonance et après ça, effectivement, la machine à rumeurs, quand elle part, devient dangereuse. » 

UN BON LEADER DOIT...

« S’assurer que le monde joue ensemble. Le leader, c’est rarement la personne qui exécute. C’est beaucoup comme un chef d’orchestre. »