Les locaux du Centre de travail Laro, sur la rue Deveault, dans le secteur Hull.

Laro: une entreprise qui change des vies

L’année 2019 a marqué le 40e anniversaire de la fondation du Centre de travail Laro, un organisme à but non lucratif offrant des emplois aux personnes en situation de handicap physique, intellectuel et mental. Aux prises avec des difficultés de recrutement, l’organisme basé au cœur de l’Outaouais n’est pas au bout de ses peines afin de poursuivre sa mission d’intégration de sa clientèle.

Michel Paquette travaille au Centre Laro depuis 1989. L’homme de 65 ans, qui a perdu la vision depuis nombre d’années, s’occupe notamment de travaux de reliure, d’empaquetage et d’envois postaux. M. Paquette affirme qu’il ne sait pas où en serait sa vie sans le centre de travail.

« Ça a changé ma vie. Avant, je ne pouvais pas travailler nulle part, car je ne voyais pas clairement. C’est un revenu qui me permet d’avoir une paie comme tout le monde », explique-t-il en entrevue au Droit AFFAIRES.

Une centaine d’employés avec des limitations, comme Michel, se sont tournés vers le Centre de travail Laro afin de se trouver un emploi adapté à leurs réalités. Le centre, situé dans le parc industriel du secteur Hull, emploie des travailleurs qui demeurent productifs, en leur offrant un encadrement, mais non compétitifs sur le marché du travail régulier. 

La directrice générale du centre, Marie-Paule Thérien, assure que le succès de l’organisme repose sur ses employés. « On ne serait pas là si ce n’était pas de nos bons employés. Ils ne sont peut-être pas capables de travailler sur le marché du travail régulier, mais avec un encadrement, ils sont capables de produire des biens et services. On est là pour rester », affirme-t-elle.

Une mission difficile

« Le manque de main-d’œuvre, qui existe pour tout le monde, on le sent. C’est notre plus grand défi. Nous sommes allés visiter des écoles secondaires, dans des classes spéciales, pour attirer les gens », explique-t-elle.

Afin d’être reconnu comme un organisme spécialisé, le Centre de travail LARO doit embaucher au moins 60% de personnes aux prises avec des limitations, selon Mme Thérien. « Si on ne trouve personne avec des limitations, on pourrait embaucher des personnes sans limitation », lance-t-elle, avant d’ajouter qu’une telle chose irait cependant à l’encontre de la mission du centre.

La directrice générale du Centre de travail Laro, Marie-Paule Thérien, au centre, en conversation avec deux collègues de travail.

Bien que le Centre Laro s’adresse principalement aux personnes en situation de handicap, il est parfois difficile de trouver des contrats qui soient bien adaptés aux besoins de ces travailleurs, alors qu’ils représentent plus de 90% des employés du centre.

Selon Michel Paquette, l’organisme permet non seulement à ceux qui y travaillent d’être productifs, mais aussi de créer des liens dans la communauté. « On devient une famille, ici. Quand ça fait longtemps [qu’on y travaille], on connaît tout le monde, c’est bon pour le moral », explique-t-il.

M. Paquette réitère sa volonté de voir le Centre de travail Laro continuer ses activités dans la région. Celui qui a pu s’acheter une maison grâce à cette source de revenus compte encore y rester pour quelques années, auprès de sa petite famille.