La directrice générale de la Chambre de commerce de Gatineau, Anne-Marie Proulx.

Faire place à l'aspect humain, selon Anne-Marie Proulx

Si Anne-Marie Proulx a répondu sans hésiter à l’invitation lancée par le magazine Le Droit AFFAIRES, pas question pour elle de « s’autoproclamer » être une bonne leader.

« Ça, c’est un terme qui doit être proclamé par l’entourage de la personne. Je fais mon boulot, je me nourris des gens et je tente de travailler en collaboration avec ceux qui m’entourent », lance la directrice générale de la Chambre de commerce de Gatineau.

Ses pairs se sont ainsi chargés de reconnaître son leadership, lorsqu’ils lui ont décerné le prix de Cadre de l’année, en novembre dernier, lors du gala de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

« Je prends cette reconnaissance humblement, rétorque-t-elle. Pour moi, c’est clair que sans l’équipe que j’ai et le soutien de mon conseil d’administration, nous ne serions pas arrivés à toutes nos réalisations », s’empresse d’ajouter cette femme davantage habituée à remettre des prix que d’en recevoir.

Il reste que Mme Proulx laisse sa marque au sein de l’organisation dont elle a repris les rênes en 2016. Son équipe est passée de deux personnes aux opérations à quatre et compte maintenant aussi plus d’une dizaine de travailleurs autonomes, sans compter les nombreux bénévoles.

« On a développé une offre de services remarquable dans les quatre dernières années pour répondre davantage à la diversité d’entrepreneurs et de professionnels qui existent sur le territoire, car une grande entreprise et un travailleur autonome n’ont pas les mêmes besoins », explique-t-elle.

Être capable de déléguer

Son arrivée au sein d’une petite équipe à la Chambre de commerce fut d’abord « un choc » pour la directrice générale, qui venait de quitter une sécurité d’emploi au sein de la Société de transport de l’Outaouais (STO), un employeur majeur de la région avec plus de ressources internes et environ 1000 travailleurs. Mme Proulx y a cumulé 17 années d’expérience aux communications avant de faire le grand saut.

« J’étais vraiment à la croisée des chemins de la quarantaine. Et oui, ça a sonné ! J’ai fait des changements dans toutes les sphères de ma vie, tant au niveau personnel que professionnel. Pour certains, ça sonne plus fort que pour d’autres », s’exclame-t-elle en riant.

Malgré cet important virage, la femme d’affaires demeure une véritable « ambassadrice » de la STO, qui, dit-elle, lui a permis de se développer sur le plan professionnel et de bénéficier de l’aide de gestionnaires « mentors ».

Dans une petite équipe encore plus, l’une des caractéristiques que doit détenir un bon leader, selon elle, est la capacité de déléguer et d’offrir un environnement permettant aux employés d’apprendre de leurs erreurs et de se responsabiliser de leurs bons coups, tout comme de leurs moins bons coups.

« Ça fait partie d’une perspective d’apprentissage de laisser quelqu’un « se planter ». C’est garanti que la personne ne fera pas deux fois la même erreur », assure-t-elle.

« Dans le cadre de mes fonctions, j’assiste souvent à des rencontres à l’extérieur avec des partenaires, alors je me dois d’avoir l’esprit tranquille et de faire en sorte que les opérations quotidiennes et mon équipe soient solides et fassent rouler la boîte en mon absence », ajoute-t-elle.

La valeur d’un employé

Mme Proulx ne s’en cache pas, elle est à la base une personne « hyper-axée » sur les résultats. Elle confie s’être rendue à l’évidence que pour être une bonne leader, il importe de faire plus de place à l’aspect humain.

« On n’a pas le choix, parce qu’à la base, c’est l’être humain », dit-elle.

Elle a ainsi recours à du coaching et encourage ses employés à faire de même. Puis, elle s’assure de reconnaître ses employés en fonction de leurs différences.

« Chaque personne dans l’équipe a sa place et s’il y en a une qui quitte, alors c’est toute ma roue qui débarque. Donc, pour moi, c’est clair que chaque employé a une valeur et c’est important de souligner leurs bons coups et de la façon dont ils le désirent.

J’ai des employés qui ne veulent pas que je les mentionne dans un événement, mais qui préfèrent que je les remercie après, alors qu’il y en a d’autres qui se sentent bien d’être valorisés devant une foule », indique Mme Proulx.

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UN BON LEADER DOIT...

« Être capable d’écouter les idées des autres, de les considérer pour se faire une tête et de ne pas hésiter à prendre des décisions. C’est respecter ses valeurs en apportant son point de vue et en respectant celui des autres, même lorsqu’on n’est pas au même diapason. »

— Anne-Marie Proulx