Le Rendez-vous des saveurs, qui s'est tenu l'an dernier sur le site de ZIBI, est l'un des rares événements gastronomiques dans la région de la capitale nationale.

À quand un réel Festival gastronomique pour Ottawa-Gatineau?

CHRONIQUE - SCÈNE CULINAIRE / La gastronomie d’Ottawa et Gatineau a fait des pas de géant depuis 20 ans. Surtout celle d’Ottawa qui est partie de pas grand chose pour devenir une scène culinaire intéressante en 2019. Mais il y manque toujours quelque chose comme un véritable festival culinaire pour que nous puissions célébrer nos victoires et commémorer nos bons coups de façon ludique.

Depuis 20 ans, Montréal a son Festival en lumière. À la fin de février, à chaque année depuis 2000, la métropole québécoise vibre au rythme de la découverte de deux patrimoines culinaires : un de l’étranger, et celui d’une région du Québec. Cela permet d’asseoir les réussites gastronomiques de Montréal aux côtés de celles d’une autre région du monde. Ainsi, au fil des ans, Lyon, Barcelone, l’Italie, etc., ont invité un chef d’immense talent à assumer la présidence d’honneur, et deux douzaines de leurs chefs à faire montre de leurs découvertes.

Qu’a Ottawa ? Rien. Gatineau ? Moins que rien.

Depuis 10 ans, Toronto et Montréal ont leur semaine culinaire, leur «Restaurant Week». Durant sept jours — parfois plus ! —, tous les restaurants qui désirent participer offrent des menus festifs à prix doux pour stimuler l’exploration et combler les affaires ralentissantes de l’hiver. Vancouver, New York, Chicago et Los Angeles en ont de pareilles, qui épicent une saison un peu plus lente en encourageant les gens à sortir et à découvrir leur scène culinaire.

Qu’a Ottawa ? Rien. Gatineau ? Moins que rien.

Oh, si. Il y a Bal de neige. Et son Festival de ragoût du marché By qui, quoiqu’intéressant, n’attire que quelques centaines de curieux le vendredi midi qui précède l’ouverture de Bal de neige, le festival d’hiver de la région de la capitale.

Hormis cette fête des ragoûts, il n’y a rien à Ottawa qui n’existe pas déjà ailleurs, sous une version ou une autre.

Le Ribfest, en juin, est une fête itinérante des côtes levées (et du poulet rôti). C’est quatre ou cinq jours, mais ça se limite à une série de cinq ou six grandes roulottes qui animent les centre-villes de plusieurs communautés de l’Ontario.

Depuis 2012, le Festibière réjouit les amateurs de houblon pendant deux soirées d’hiver au Musée de l’histoire à Gatineau, chaque février… et les organisateurs ont vite compris que la bière, ça amuse autant au printemps. Ils ont donc organisé un autre Festibière en mai-juin, qui dure trois jours.

Depuis quelques années, ce genre d’événements pullule. Outre le Ribfest et Festibière, il y a quantité d’autres Eat Drink Spring (en mai), Beer Fest (en juillet), l’Orléans Craft Beer Festival (en juin), le Beer Bourbon + BBQ Festival (en septembre), Whisky Ottawa (en octobre), etc. Sans compter le Rendez-vous des saveurs (en mai), qui tente de survivre tant bien que mal. C’est mieux que l’Ottawa Wine + Food Show, qui a annulé sa 33e année en novembre 2018.

Somme toute, plusieurs tentatives mais rien de structuré. D’ordinaire, ce sont les offices du tourisme qui mènent la charge, quand le secteur privé ne l’a pas déjà fait. Les «Restaurant Week», c’est habituellement leur créneau. À Ottawa pas plus qu’à Gatineau, c’est le calme plat.

Pourtant, l’intérêt est là. Quand c’est bien organisé. Les diverses éditions du Festibière attirent des centaines d’amateurs, la popularité du Ribfest ne démord pas. Pour les autres, ça dépend. Chose certaine, il y a un manque. Quand est-ce qu’Ottawa et Gatineau se lèveront-ils ?