Au Québec, le nombre de microbrasseries est passé de 105, en 2012, à 190 cette année.

Une popularité loin de s'émousser

Il n’y a pas que dans la région de la capitale nationale et ses environs où l’industrie brassicole connaît une effervescence. Cette tendance à la hausse s’observe aussi à l’échelle provinciale, où le nombre de microbrasseries a pratiquement doublé depuis cinq ans.

« Il y a maintenant des clubs d’amateurs de bières sur les médias sociaux. Il y a vraiment une communauté de bière qui prend de l’ampleur au Québec », soutient le copropriétaire des Brasseurs du temps (BDT), Alain Geoffroy.

Au Québec, le nombre d’établissements de ce type est passé de 105, en 2012, à 190 cette année.

La directrice générale de l’Association des microbrasseries du Québec, Marie-Ève Myrand, souligne qu’il s’agit d’une jeune industrie, alors que 53 % des microbrasseries n’ont pas encore soufflé leurs cinq bougies.

« Le boom qu’on a vécu ces dernières années n’est pas banal. Ça veut dire qu’on a des entreprises qui sont jeunes et encore en start-up. Est-ce qu’on pense atteindre un niveau de maturité ou de plafond? Bien futé celui qui pourrait nous le dire », poursuit Mme Myrand.

Malgré l’engouement des gens de la région pour les microbrasseries, l’Outaouais en compte toujours moins que certaines autres régions du Québec qui affichent pourtant une plus faible démographie. Selon les données de l’association, on retrouve quatre microbrasseries en Outaouais, alors qu’il y en a 32 en Montérégie et 14 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Des défis pour l’industrie

Les bières artisanales ont beau avoir la cote auprès des consommateurs, il reste que cette industrie montante rencontre plusieurs défis, dont celui de se tailler une place sur les tablettes des épiceries et des dépanneurs et de concurrencer les macrobrasseries et les bières d’importation.

« C’est sûr que c’est un marché qui est difficile. Les grands brasseurs ne nous font pas de cadeaux », soutient Mme Myrand.

D’ailleurs, certaines macrobrasseries n’appréciant pas de voir une partie de leurs parts de marché être grugée par les microbrasseries, ont adopté comme stratégie de carrément les acheter. Récemment, l’achat par Molson Coors Canada de la microbrasserie Trou du Diable, de Shawinigan, a provoqué une onde de choc dans l’univers brassicole.

Selon M. Geoffroy, la curiosité des consommateurs, avides de découvrir de nouvelles saveurs, pose aussi un beau défi pour les microbrasseurs.

« Il y a plus d’espace que jadis, heureusement, sur les tablettes des dépanneurs et dans les grandes surfaces. Mais d’un autre côté, on se retrouve avec 200 à 300 marques de bières microquébécoises. Si dans le passé, on buvait de la Molson Ex de père en fils et qu’on se passait le flambeau, aujourd’hui, les consommateurs de microbrasseries sont infidèles à une marque », fait-il valoir.

UN FESTIBIÈRE POUR CHASSER LE BLUES DE L'HIVER

Quand bière rime avec hiver ! La 7e édition du Festibière de l’hiver de Gatineau aura lieu au début du mois de février, donnant ainsi l’occasion aux amateurs de houblon de déguster des centaines de bières issues de microbrasseries pour la plupart québécoises.

Cette année, une poignée de microbrasseries ontariennes et du Vermont prendront également part à ce grand rassemblement, qui compte aussi un pendant estival.

« On sait qu’il y a une effervescence pour les produits de microbrasseries, indique le directeur général du Festibière, Michael O’Farrell. On trouvait que c’était une période un peu morte et que les gens aiment ça sortir en hiver », poursuit-il pour expliquer la popularité du festival hivernal.

La 7e édition du Festibière de l’hiver de Gatineau aura lieu au début du mois de février.

7e édition du Festibière d'hiver de Gatineau en chiffres :

Quand ? 2-3 février (17 h à 1 h)

Où ? Musée canadien de l'histoire

Nombre de visiteurs attendus : + de 10 000

Sortes de bières : + de 100

Nombre de microbrasseries : + de 35

Quantité de bières bues : + de 15 000 litres

* Source : Festibière de Gatineau


POUR LA PETITE HISTOIRE !

La venue dans le secteur Hull, en 2009, de la microbrasserie des Brasseurs du Temps (BDT), a permis à la région de renouer avec son passé brassicole.

En effet, c’est en 1821 que le fondateur de Hull, Philemon Wright, a établi la première brasserie de la région, tout près du ruisseau de la Brasserie, qui tire son nom de cette époque.

La rue Montcalm s’appelait pour sa part la « Brewery street » ( rue de la Brasserie).

« En créant une brasserie, on a ainsi redonné au bâtiment sa vocation originale, c’est-à-dire celle que Philemon Wright lui avait donnée », explique le président des BDT, Alain Geoffroy.

DES TOURNÉES DE BIÈRE !

La Brasserie Étienne Brûlé

Envie de vous désaltérer sans avoir à vous préoccuper de votre taux d’alcoolémie?

La compagnie Brew Donkey a flairé la bonne affaire en offrant aux amateurs de bière des tournées, transport compris, dans les microbrasseries ontariennes de la région.

Du nombre, on retrouve notamment sur le circuit les Beau's, Étienne Brûlé, Tuque de Broue et Cassel situées dans l’Est ontarien.

* Source : brewdonkey.ca