Leadeuse d’entreprise affirmée et respectée, Julia Fournier préside aujourd’hui une organisation qui a comme prochain objectif d’atteindre les 200 millions de dollars de chiffre d’affaires annuels.

De la capitale fédérale aux affaires mondiales

Une gestion efficiente des talents est un élément qui influence positivement les chiffres d’affaires d’une organisation. Spécialisée en solutions complètes de gestion de la main-d’œuvre contractuelle, HCMWorks se positionne comme le choix pour cette optimisation. La firme établie à Ottawa, Montréal et New York se fait un devoir de rationaliser ce processus pour de grandes corporations, un peu partout en Amérique du Nord. Le lancement d’opérations en Europe, et éventuellement à l’échelle planétaire, est maintenant une question de mois, assure la fondatrice Julia Fournier, qui nous dévoile son parcours phénoménal.

Retournons au début des années 1990, moment où l’entrepreneure native d’Ottawa prend la direction de la prestigieuse Université Harvard. Diplôme en business en poche, l’idée d’une carrière dans l’univers de la vente au détail s’estompe graduellement lors des mois qui suivent son entrée sur le marché du travail. Un repositionnement draconien la dirige vers le domaine de la vente de logiciels et de services technologiques dédiés aux solutions de gestion du personnel.

Briser le plafond de verre

La vente de technologies procura un apprentissage concret, mais également une profonde envie d’émancipation à la future entrepreneure engagée dans un milieu majoritairement masculin. « J’étais la meilleure vendeuse, mais je n’avais tout simplement pas de reconnaissance », résume sans détour Julia Fournier. Son environnement de travail teinté de stéréotypes malsains l’amène à une réflexion qui transformera son parcours. « Vouloir voler de mes propres ailes était une option plus qu’intéressante se rappelle-t-elle,  je me préoccupais cependant beaucoup de ce qui aurait pu arriver à mes enfants en cas d’échec. »

Être mère monoparentale de deux jeunes garçons ajoutait cependant une couche de difficultés. « Je me remémore toutefois que ma situation familiale n’était pas plus facile à titre d’employé. Être une maman qui élevait seule ses enfants renforçait ma précarité professionnelle. Le niveau de compréhension venant de mes collègues et patrons était faible », déplore Julia Fournier.

C’est finalement en 2005 que HCMWorks prend forme. À cette époque, Mme Fournier était en situation minoritaire avec 49 % des parts de l’entreprise, jusqu’à ce qu’elle achète son partenaire en 2012. « Avoir pris la possession complète a été un coup très bénéfique pour moi. Ce type de transaction porte inévitablement à apprendre le plus possible en peu de temps », laisse-t-elle tomber,  visiblement encore très fière de ce choix stratégique.

« J’ai par contre pu réaliser assez vite que ma position à la tête de l’organisation n’était pas totalement comprise par tous. Je me rappelle clairement que lors d’une rencontre, on avait tendance, autour de la table, à échanger formellement avec un employé masculin qui m’épaulait. À titre de présidente, ces questions m’étaient normalement destinées », confie-t-elle.

Au-delà des attentes

Leadeuse d’entreprise affirmée et respectée, Julia Fournier préside aujourd’hui une organisation qui a comme prochain objectif d’atteindre les 200 millions de dollars de chiffre d’affaires annuels. Les clients de HCMWorks investissent des dizaines de millions en contrats d’optimisation de leur gestion de personnels contractuels. La mission de l’entreprise est de voir ses clients récurrents comme des partenaires, mentionne la principale intéressée.

Elle note que 50% de ses partenariats sont de Montréal, 10% des États-Unis et le reste principalement du Canada. « Notre secret est la neutralité. Nous mettons en relation des technologies et des agences, sans nous-mêmes fournir de capital proprement humain, comme le font plusieurs autres firmes. Cela nous assure des rapports objectifs et la formule transparaît dans la satisfaction de notre clientèle », fait valoir la fondatrice. Elle spécifie que dans des villes comme Ottawa et Montréal, toutes les organisations finissent par se connaître. Le meilleur coup de pouce pour la croissance est d’aller au-delà des attentes.

La force du capital humain

Comment répondre aux demandes initiales de ses clients et les surpasser ? « Par la mise en application de la philosophie interne : faire mieux et plus vite. » Comment peut-on y parvenir? « En travaillant sur son équipe, en la perfectionnant en corrélation avec ses valeurs », répond Julia Fournier qui avoue que malgré sa propre expertise dans l’environnement des ressources humaines, la composition de son propre effectif  a constitué un défi majeur.

Julia Fournier

« La diplomation est certes à considérer, mais les critères d’embauche chez nous sont plus larges que cela. L’individu doit épouser la culture de la firme. De plus, nous trouvons fondamentale la diversification au sein de HCMWorks. C’est de cette façon inclusive que l’on prospère », croit celle qui dirige une équipe de 55 employés.